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32.000 dossiers traités en 30 ans: Alain Remue revient sur son expérience à la tête de la Cellule des personnes disparues

La Cellule Personnes disparues de la police fédérale célébrait jeudi ses 30 ans d’existence, et depuis le tout premier jour, Alain Remue en est le responsable. Au fil des décennies, lui et son équipe ont dû traiter des dizaines de milliers de dossiers. Jour et nuit, ils ont été mobilisés, fouillant forêts, champs et rivières à la recherche de personnes disparues. Nous avons retenu six enseignements qu’il a tirés de toutes ces années d’enquête et nous en faisons le récit.

Ne jamais faire de promesse que l’on n’est pas sûr de pouvoir tenir

Dès la première grande affaire de disparition depuis la création de la Cellule Personnes disparues, le 4 septembre 1995, Alain Remue a appris cette leçon cruciale : il ne faut jamais faire de promesse que l’on n’est pas en mesure de tenir.

C’est Liam Vanden Branden (et sa famille) qui lui a appris cette leçon et de la manière la plus brutale qui soit. Ce petit garçon blond de 2 ans a disparu le 3 mai 1996 au Zennegat, à Malines, et n’a jamais été retrouvé. À ce jour, son dossier reste ouvert.  

Liam Vanden Branden

"À cette époque, je n’avais pas encore l’expérience des disparitions, ni celle des recherches en milieu aquatique. J’avais appris qu’un corps finit en principe par remonter à la surface. Mais j’étais loin de me douter que cela ne fonctionne pas toujours… Je me souviens d’une conversation avec la famille, où se trouvait aussi la tante de Liam. J’avais dit alors : “On finira par le retrouver, il finira bien par remonter.” Mais cela n’est jamais arrivé."

Ce jour-là j’ai appris qu’il ne fallait pas raconter d’histoires aux familles, qu’il fallait dire les choses telles qu’elles sont et ne jamais promettre ce dont on n’est pas sûr.

Alain Remue, chef de la Cellule Personnes disparues

"Des années plus tard, je suis revenu voir la famille de Liam. Ce soir-là, sa tante a explosé : “Tu m’as dit un jour qu’il finirait par remonter. Eh bien, où est-il maintenant ?” À ce moment-là, il n’y a rien à répondre. Parce qu’elle avait raison. Ce jour-là, j’ai appris qu’il ne fallait pas raconter d’histoires aux familles, qu’il fallait dire les choses telles qu’elles sont et ne jamais promettre ce dont on n’est pas sûr".

"À la tante de Liam, je ne peux que dire : merci de m’avoir appris cela, car je n’ai plus jamais commis cette erreur. J’ai rencontré des centaines, des milliers de familles depuis, et je ne l’ai plus jamais répété."

Alain Remue n’a jamais eu peur de parler aux proches des disparus. Pas même de la mort. "La probabilité que Liam soit décédé est très réelle. On se pose forcément des questions, des questions lourdes. S’il était tombé dans l’eau, comment se fait-il qu’on ne l’ait jamais retrouvé ? Il a évoqué toutes sortes d’hypothèses avec les parents y compris les plus horribles, comme la présence de rats. 

Alain Remue et son équipe en pleine recherche d’Annick Van Uytsel en 2007

"Récemment, j’ai reçu un très beau compliment de la part de Lucas Vanclooster, le père de Frederik (disparu dans la nuit du Nouvel An 2020 et retrouvé sans vie après cinq jours de recherches). Il m’a qualifié de "réaliste empathique". J’ai trouvé que c’était un très beau compliment venant du père d’un garçon disparu que nous avons malheureusement retrouvé décédé."

"Ne jamais dire jamais"

C’est l’une des grandes leçons qu’Alain Remue a tirées de sa carrière : il ne faut jamais exclure aucune hypothèse. Une disparition peut connaître un dénouement totalement inattendu – pour le meilleur comme pour le pire.

L’exemple le plus frappant reste sans doute l’affaire Dutroux. La Cellule des personnes disparues venait tout juste de voir le jour, le 4 septembre 1995, dans la foulée des disparitions de Julie et Mélissa en juin, puis d’An et Eefje en août. À l’époque, personne ne savait où elles se trouvaient.

En juin 1996, Remue revient de la FBI Academy. Dans sa tête résonnent les cours et les exemples de tueurs en série comme Ted Bundy. "Je trouvais ça fascinant, mais je me disais que ça appartenait à l’Amérique. Pas à la Belgique", confie-t-il.

La réalité allait pourtant le rattraper. Les disparitions s’enchaînaient : Julie et Mélissa, An et Eefje, puis Sabine Dardenne, disparue à Kain le 28 mai 1996, la fille d’un collègue de Tournai. Jusqu’à cette affaire, les enquêteurs n’avaient aucune piste. "Je commençais malgré tout à sentir que quelque chose ne collait pas", se souvient Alain Remue.

Puis vint le mois d'août 1996. Le 9, Laetitia Delhez disparaît à Bertrix. L’affaire est traitée comme toutes les autres, mais cette fois, un détail découvert lors d’une enquête de voisinage va tout changer. Un indice, une ébauche de numéro de plaque d'immatriculation: puis un autre : "les morceaux du puzzle ont alors commencé à s’assembler", résume Alain Remue. C'est alors que l’affaire Dutroux a éclaté.

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    Julie et Mélissa, disparues le 24 juin 1995 et dont les corps ont été retrouvés le 17 août 1996

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    An et Eefje, disparues en août 1995 et dont les corps ont été retrouvés en septembre 1996

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    Sabine Dardenne, enlevée le 29 mai 1996 et libérée le 15 août 1996

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    Laetitia Delhez, enlevée le 9 août 1996 et libérée avec Sabine

En regardant ses trente années passées à la Cellule des personnes disparues, Alain Remue dresse un sombre inventaire des affaires marquantes qu’il a suivies. "Tout a commencé avec l’affaire Dutroux", se souvient-il. Puis vinrent le tueur en série András Pandy, qui a assassiné 6 membres de sa famille, Michel Fourniret, surnommé "l'ogre des Ardennes", coupable notamment du meurtre d’Elisabeth Brichet en Belgique, et Abdallah Ait-Oud, qui a assassiné Stacy et Nathalie à Liège.

La liste continue avec le tueur en série Ronald Janssen, qui a notamment assassiné Annick Van Uytsel, l’affaire tragique d’Aurore lors des Fêtes de Gand, dont le meurtrier était russe, et le dossier de Julie Van Espen, victime de Steve Bakelmans. Chaque nom, chaque affaire, rappelle l’ampleur et la gravité des crimes que l’équipe d'Alain Remue a dû affronter au fil des années.

Alain Remue lors des recherches menées en 2006 pour Stacy et Nathalie

"De temps en temps, un cas de ce type se présente à nous. Heureusement, ce sont des affaires rares, mais lorsqu’elles surviennent, elles sont graves. Et il y en a déjà eu plusieurs liées à des tueurs en série".

Pour autant, ces cas restent des exceptions. "À peine 1 % des cas de disparition présentent un caractère criminel. Nous nous occupons bien plus d’autres situations. Beaucoup de disparitions préoccupantes sont liées à des personnes à risque, comme des personnes atteintes de démence. Malheureusement, il y a aussi de nombreuses disparitions qui commencent par une lettre d’adieu. Il y a enfin des accidents par exemple des gens qui tombent à l’eau."  

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"Les disparitions criminelles attribuables à un auteur inconnu sont heureusement exceptionnelles"

"Parfois, il suffit simplement d’agir et de faire preuve de bon sens"

"Parfois, le bon sens vaut mieux que tous les sonars et scanners du monde", affirme Alain Remue. En trente ans de carrière, il a vu la technologie évoluer à une vitesse fulgurante. Et pourtant, le "bon sens" – comme il aime l’appeler – reste essentiel dans la recherche d’une personne disparue.

Il se souvient de la disparition d’un petit enfant. "Nous le cherchions depuis quelques heures, et soudain, une pensée a traversé mon esprit : “On ne va pas revivre un cas comme celui de Liam, quand même ?” À ce moment-là, il a fallu raisonner logiquement. Du haut de mes 1,86 mètre, on voit les choses différemment que du point de vue d’un enfant."

Les enquêteurs se sont alors mis à genoux, pour observer les alentours à hauteur de la petite victime. "Et finalement sous un rhododendron, nous avons aperçu quelque chose de blanc : un vieux frigo dont la famille voulait se débarrasser depuis longtemps. Nous l’avons ouvert… et à l’intérieur, le petit garçon était bien vivant !"  raconte Remue en riant.

"Il ne faut pas toujours chercher en utilisant la haute technologie. Il suffit parfois de faire les choses simplement et avec bon sens."

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"Parfois, le bon sens vaut mieux que tous les sonars et scanners du monde"

Les personnes atteintes de démence ne vivent ni dans le présent ni dans le futur, elles vivent dans le passé.

Alain Remue, chef de la Cellule Personnes disparues

La même logique s’applique aux personnes atteintes de démence. "Nous avons appris que ces personnes ne vivent ni dans le présent ni dans le futur, elles vivent dans le passé. La mémoire à court terme disparaît très vite, mais la mémoire à long terme peut parfois subsister. Nous avons donc besoin d’informations sur ces moments-là : où vivait ce grand-père autrefois ? Où repose la grand-mère, décédée il y a dix ans ? Ce sont des liens émotionnels d’un passé lointain qui permettent souvent de retrouver ces personnes", explique Alain Remue.

"Mieux vaut une mauvaise nouvelle que pas de nouvelle du tout"

C’est une phrase qu’il a répétée d’innombrables fois : il vaut mieux annoncer une mauvaise nouvelle que de laisser les familles dans l’attente. Une leçon qu’il a malheureusement apprise très tôt dans sa carrière. Liam Vanden Branden, l’un de ses tout premiers dossiers, n’a toujours pas été retrouvé, même après toutes ces années.

Ces blessures qui ne cicatrisent jamais

"S’il y a bien une chose que l’on ne souhaite à personne, c’est d’être le parent d’un enfant disparu", confie Alain Remue avec un soupir. Au fil des années, sa cellule a résolu de très nombreuses affaires. Mais pas toutes. Et lorsqu’on lui demande quel dossier il aimerait résoudre avant sa retraite, la réponse est impossible.

"Le dossier de ma carrière restera toujours celui de Liam. Il restera à jamais le plus jeune, le plus petit enfant disparu de notre pays, jamais retrouvé. Cela ne changera pas… sauf peut-être si un jour, par miracle, il est retrouvé. Mon parcours à la Cellule des personnes disparues a commencé avec lui."

"Mais ni Nathalie Geijsbregts ni Ken Heyrman n’ont jamais été retrouvés. Comment peut-on être aussi injuste ? On rend un enfant mort à ses parents, et l’autre… jamais."

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"Le dossier de ma carrière restera toujours celui de Liam"

"En réalité, chaque affaire continue de me travailler", confie Alain Remue.  "Christophe Maertens a disparu en 2000 au volant de sa voiture. Il s’agit probablement d’un acte de désespoir, mais il y a une famille derrière tout ça. Une famille qui attend, qui, encore aujourd’hui, n’a toujours aucune réponse. Ne pas savoir ce qui est arrivé à son enfant, à son père, à son frère ou à sa sœur… c’est terriblement cruel."

"Notre unique mission est d’essayer d’apporter des réponses. Même si c’est la pire nouvelle que l’on puisse donner, c’est toujours mieux que le silence et l’absence de nouvelles."

"On ne peut pas chercher une personne disparue à moitié"

Le cœur du métier d’Alain Remue ? Une implication totale. Il le répète à plusieurs reprises, et c’est également le message qu’il souhaite transmettre à son successeur. "On ne peut pas chercher un disparu à moitié. Quand on commence, c’est pour de vrai : jusqu’à ce que l’on retrouve la personne… ou pas. Malheureusement, cela arrive aussi."

Il se souvient avec un sourire des moments les plus frustrants : "Parfois, quelqu’un arrive dans une forêt et me demande : ‘Ça va encore durer longtemps ?’ Je me dis alors : ‘Quelle question… et comment peut-on me la poser ?’ Parce que si l’on commence à regarder l’heure et à compter le temps, on ne retrouve personne."

Depuis sa création, la Cellule Personnes disparues a traité environ 32 000 dossiers. Des affaires très diverses : enfants disparus, étudiants qui ne rentrent pas après une soirée, personnes âgées atteintes de démence qui s’égarent, mais aussi la recherche du militaire radicalisé Jürgen Conings ou l’affaire des inondations catastrophiques en Wallonie qui ont fait 39 morts et des milliers de sinistrés. Pour Alain Remue, chaque dossier laisse sa marque. "Chaque affaire est différente. Parfois, ce sont de petits détails qui vous confrontent à quelque chose, parfois c’est un lieu, parfois un sentiment d’impuissance."

Alain Remue lors des inondations meurtrières en Wallonie

La Cellule Personnes disparues en chiffres :

En 30 ans, la Cellule Personnes disparues a traité exactement 32 683 dossiers.

Parmi ceux-ci, 31 926 ont été résolus. La majorité des personnes recherchées — 28 006 — ont pu être retrouvées vivantes. 3 920 personnes étaient décédées, comprenant : suicides (2 591), accidents (688), actes criminels (263), décès naturels (226) et décès suspects (152).

757 dossiers restent ouverts à ce jour et n’ont pas encore été résolus.

Il se souvient notamment d’une affaire particulièrement émouvante : "Une femme atteinte de démence, la grand-mère de l’un de nos membres, avait disparu. Nous avons tout tenté pour la retrouver, sans succès. Des mois plus tard, elle a été découverte dans une ferme, à moitié ensevelie sous une meule de foin, recouverte par une bâche en plastique, ce qui avait empêché les chiens de la détecter."

Soudain, il y avait ce corps, et l’on réalise : cela aurait pu être ma fille.

Alain Remue, chef de la Cellule Personnes disparues

La disparition de Julie Van Espen en 2019, restera à jamais gravée dans sa mémoire :. "Cela m’a touché de très près car Julie avait 23 ans, soit le même âge que ma fille Eva. Ce sont toutes deux de grandes jeunes femmes blondes et élégantes, avec toute leur vie devant elles. Et pour Julie, c’était fini. J’étais présent lorsque son corps a été sorti de l’eau, je l’ai littéralement tenu dans mes mains quand les plongeurs nous l’ont remis. Soudain, il y avait ce corps, et l’on réalise : cela aurait pu être ma fille.

"Chaque affaire laisse des traces", ajoute-t-il. "Nous avons perdu deux collègues de l’équipe aérienne après une mission photo pour nous. Leur Cessna a subi les turbulence d’un gros avion cargo, s’est écrasé et a explosé. En trente ans, il y a eu de nombreux événements."

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"30 ans, et tant d’événements se sont succédé"

L’eau, omniprésente dans les disparitions

L’eau a toujours été un élément central de ses enquêtes, dès le premier dossier et dans presque toutes les affaires suivantes. "Je n’ai aucune idée du nombre de fois où je me suis retrouvé au bord de l’eau. Que ce soit un accident, un suicide ou un corps jeté, l’eau intervient presque systématiquement dans chaque dossier."

La rivière qui lui laisse les pires souvenirs c’est la Meuse. "J’y suis allé de nombreuses fois, beaucoup de dossiers s’y sont déroulés, mais c’est surtout là qu’Olivier est mort."

Olivier, c’est Olivier Rouxhet, un plongeur expérimenté décédé le 25 janvier 2011 lors de la recherche d’Amélia et Alison, deux sœurs tombées dans la Meuse. Ce doit être l’un des jours les plus sombres de la carrière d’Alain Remue.  

Alain Remue pendant la recherche d’Alison et Amélia

"Nous étions au complexe de l’Île Monsin", se souvient-il. "Nous pensions que les filles pouvaient être coincées contre la digue. Une grande digue, avec six compartiments. Techniquement, il était possible de plonger en toute sécurité grâce à un système permettant d’isoler chaque compartiment pour éviter le courant. Nous disposions également d’un système de sécurité avec des poulies."

Cinq compartiments avaient déjà été fouillés. Le sixième – le dernier – devait être exploré par Olivier lui-même. "Il connaissait bien la digue, y avait déjà travaillé, et était très expérimenté", raconte Remue. "Olivier est entré dans l’eau. Nous avons entendu par radio “un quart”, puis “à mi-chemin”… Mais le mot “trois quarts” ne nous est jamais parvenu. Nous avons pensé à un problème audio. Nous avons tenté de le remonter mais sans succès : il était bloqué. Et soudain, ce fut l’alerte maximale : un plongeur en danger."

"Il a fallu décider d’ouvrir l’écluse, et en une fraction de seconde, on réalise : si l’enfant se trouve là-dedans, il sera perdu. Nous n’avons pas pu le sauver, mais nous pouvions encore tenter de sauver notre plongeur. Douze minutes se sont écoulées avant de le pouvoir le récupérer. Finalement, nous avons coupé la corde avec un poignard, et là, nous avons vu Olivier, le masque de côté. J’ai su à ce moment-là qu’il était mort."

Peu de temps après la cause de sa mort est devenue évidente : une fissure dans la paroi de la digue a créé une sous-pression et un effet d’aspiration. Olivier a été projeté avec une force immense contre la paroi. Le plongeur ne s'était pas noyé mais il avait été écrasé contre une paroi et asphyxié par la pression de l'eau.

Un choc difficile à surmonter

La consternation de ce jour-là reste immense, même des années plus tard. Comme si cela ne suffisait pas, une longue procédure judiciaire s’est ensuivie : l'auditorat du travail de Liège, une mise en cause : "homicide involontaire, par défaut de prévoyance."

Non seulement nous avions perdu un excellent plongeur, mais aussi un ami. Nous avions partagé repas, boissons, bons moments et épreuves avec lui… et voilà qu’on nous présentait en plus la facture."  

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"J’étais sur le point de changer de travail"

Finalement, aucun procès n’a eu lieu, mais le choc fut violent pour Alain Remue. "J’ai eu peur pour notre équipe. J’aurais tout fait pour éviter qu’il faille encore plonger. Cela ne pouvait pas continuer. J’ai pris quelques mois de congé de maladie, pensant que c’était terminé pour moi. J’ai même commencé à envisager un autre métier."

Puis un son familier a changé le cours des choses : celui d’un hélicoptère survolant son domicile, un bruit qu’il connaissait bien. Laurent, un des membres de son équipe était à bord et lui a envoyé un SMS : “Patron, revenez vite, vous nous manquez.” Ces mots l’ont profondément touché.

Le lendemain, Alain Remue s’est rendu chez le médecin du travail pour annoncer la fin de son congé maladie. Il est retourné à la Cellule des personnes disparues… et ne l’a plus jamais quittée...  jusqu’à sa retraite à 65 ans.  

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