Une offensive diplomatique de la Belgique n'a pas permis d'obtenir le déblocage de millions de préservatifs, de contraceptifs et de médicaments anti-VIH de l'organisation gouvernementale américaine USAID qui sont bloqués dans un entrepôt à Geel (province d'Anvers). C'est ce que rapportent De Standaard et Gazet van Antwerpen ce vendredi. L’information a été confirmée par les Affaires étrangères. Les contraceptifs risquent d’être détruits.
La Maison Blanche refuse de libérer des millions de préservatifs et médicaments bloqués dans un entrepôt de Geel
Depuis le début de l'année, un stock important de contraceptifs et de médicaments de l'USAID se trouve dans un entrepôt à Geel. Il s'agit plus précisément de plus de 26 millions de préservatifs et de millions de contraceptifs. Plus de 50.000 médicaments contre le VIH font également partie du stock, pour une valeur totale équivalente à 8,4 millions d'euros.
Ces derniers mois, l'USAID était censée distribuer ces médicaments et contraceptifs dans les pays partenaires où les soins de santé sont insuffisants. Mais en janvier, le président américain Donald Trump a coupé le financement de l'USAID et un mois plus tard l'agence a été démantelée.
Depuis lors, le stock de Geel est resté coincé dans l’entrepôt. Les efforts du service public fédéral Affaires étrangères et du ministre Maxime Prévot auprès de l'administration Trump pour le libérer n'ont pour l'instant pas abouti.
"C’est du gaspillage”, estime Heleen Heysse du Centre flamand d’expertise pour la santé sexuelle (Sensoa). "Sans contraception, de nombreuses femmes des pays du Sud risquent une grossesse prématurée ou non désirée, ce qui peut également entraîner des grossesses dangereuses".
Selon l'agence de presse Reuters, Washington souhaite la destruction du stock. La Belgique a tenté de l'en empêcher, mais sans succès. Le gouvernement américain considérerait certains contraceptifs comme des moyens d'avortement et souhaiterait empêcher leur distribution. La suite des événements reste totalement floue.
Le ministère des Affaires étrangères souligne qu'aucun préservatif ni médicament contre le VIH ne sera détruit. "Toutefois, la Belgique reste déterminée à trouver une solution pour le stock restant, en explorant toutes les options diplomatiques et juridiques disponibles".

