Aller au contenu principal

La Belgique s'oppose au projet européen de qualifier certains vins comme étant "à faible teneur en alcool"

Les vins contenant jusqu'à 6% d'alcool, soit l'équivalent de nombreuses bières, pourraient bientôt être étiquetés comme étant à "faible teneur en alcool" en raison d'une modification de réglementation à l'échelle européenne. C’est ce que pointe ce mercredi le service public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement. "La Belgique s'y oppose fermement", précise-t-il, "parce que ce label donne aux consommateurs un faux sentiment de sécurité".

Anne François Belga
Publié:

Dans le cadre de l’actuelle révision de la réglementation vitivinicole européenne, les États membres de l'Union, à l'exception de la Belgique, ont approuvé une proposition visant à autoriser la mention "faible teneur en alcool" ('low-alcohol' en anglais) pour les vins dont la teneur en alcool a été réduite à 6% maximum.

"Cette qualification induit les consommateurs en erreur, crée un faux sentiment de sécurité et compromet les objectifs de santé publique", souligne le service public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, qui estime que cela contribue par ailleurs à banaliser la consommation d'alcool. À cette appellation, le SPF Santé publique préfère celle de "teneur réduite en alcool". "C'est la seule mention honnête, factuelle et cohérente", écrit-il.

Actuellement, l'utilisation du terme "faible teneur" est strictement liée à un bénéfice présumé pour la santé: "faible teneur en sel" par exemple. "Appliquer cette même mention à un vin contenant jusqu'à 6% d'alcool, sans seuil garantissant un bénéfice pour la santé, rompt totalement avec cette approche", dénonce le service fédéral Santé publique.

"Cela constitue un précédent dangereux dans la législation alimentaire de l'UE", argue par ailleurs ce dernier, qui trouve cela "d'autant plus préoccupant, compte tenu des preuves scientifiques croissantes du lien entre l'alcool et cancer". "Aucun niveau de consommation d'alcool n'est sans danger pour notre santé", insiste-t-il.

"Dites plutôt ‘à teneur réduite en alcool’"

Le service fédéral estime que, pour pouvoir faire des choix éclairés, les consommateurs méritent donc "une information claire et factuelle, non une stratégie de marketing déguisée en réglementation" et il est de la responsabilité des pouvoirs publics "de garantir cette information".

"La balle est maintenant dans le camp du Parlement européen. La Belgique espère qu'il sera également en faveur de la santé publique et qu'il utilisera les négociations avec le Conseil pour convaincre les autres États membres et la Commission européenne que la seule alternative honnête et acceptable est 'teneur réduite en alcool'", conclut-il.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5