Le gouvernement flamand réuni dimanche en comité restreint n'est pas parvenu à conclure un accord sur des mesures à prendre à l'égard d'Israël. Après moins de trois heures de réunion, les ministres se sont quittés. Il est convenu de reprendre les discussions ce lundi.
Le gouvernement flamand reste divisé sur les mesures à prendre contre Israël : nouvelles discussions ce lundi
La commission des Relations extérieures du Parlement flamand se réunit mardi. Une proposition de résolution de Vooruit et du CD&V est inscrite à l'ordre du jour de la séance où un vote devrait avoir lieu. Or, la N-VA, parti du ministre-président, ne soutient pas le texte. Si un compromis n'est pas trouvé d'ici là, une crise menace d'éclater dans le gouvernement Diependaele.
Selon le cabinet du ministre-président Mathias Diependaele (N-VA), des "progrès ont été réalisés" dimanche mais des divergences subsistent sur différents points inscrits dans la résolution, indiquait-on à bonnes sources, comme la fermeture du bureau de l'agence flamande à l'exportation (Flanders Investment & Trade -FIT) à Tel Aviv, des règles plus strictes sur l'exportation et le transit de matériel à double usage civil et militaire et la reconnaissance de la Palestine.
Interrogé plus tôt dans la journée sur cette résolution, le ministre-président l'avait qualifiée d'"irresponsable". Dans l'état actuel des forces au Parlement flamand, elle devrait être rejetée. Si tel était le cas, la Flandre enverrait à Israël un signal opposé à celui qu'elle souhaite adresser. "Ce serait particulièrement regrettable. Nous devons l'éviter", avait-il expliqué à la VRT.
A la recherche d'un compromis pour éviter une crise
A deux, la N-VA et le Vlaams Belang disposent de la moitié des sièges au Parlement flamand. L'extrême-droite s'est dite prête à rejeter la résolution mais demande en échange le soutien à sa proposition de donner priorité aux personnes de nationalité belge dans l'attribution de logements sociaux. "Nous n'avons absolument pas besoin du Vlaams Belang", a répliqué le vice-ministre-président Ben Weyts (N-VA).
La situation est également tendue à l'échelon fédéral. Le gouvernement De Wever doit se réunir lundi en comité restreint, en principe à 12h, pour discuter de la position belge en vue de l'assemblée générale des Nations Unies et de sanctions à prendre à l'égard d'Israël. Deux camps s'opposent: le MR et la N-VA d'un côté, les Engagés, Vooruit et le CD&V de l'autre.
Le MR plaide l'envoi à Gaza d'une force d'interposition sous mandat de l'ONU
Le MR a plaidé pour la constitution d'une force d'interposition internationale sous mandat des Nations Unies à Gaza. C'est ce qu' a expliqué dimanche son président Georges-Louis Bouchez sur le plateau de RTL-TVi.
Le gouvernement fédéral se retrouvera lundi midi en comité restreint pour discuter d'une note du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, sur la situation à Gaza. Il y est question de sanctions à l'égard d'Israël et d'une reconnaissance de la Palestine. Deux sujets sur lesquels le MR se montre particulièrement réticent, à l'instar de la N-VA.
Les libéraux francophones donnent la priorité à l'humanitaire et à un cessez-le-feu pour arrêter la "tragédie" qui se joue à Gaza.
"Nous proposerons demain au kern que la Belgique soutienne la constitution d'une force d'interposition afin de garantir des couloirs humanitaires pour la distribution de l'aide alimentaire, la protection des populations et la traque des terroristes", a souligné M. Bouchez.
"Si aujourd'hui on est vraiment sincère par rapport à l'humanitaire et à la paix, il faut aller sur place, et l'ONU est capable de le faire", a-t-il ajouté.
Le dossier divise profondément la coalition fédérale. Mais il ne peut pas faire plonger le gouvernement dans la crise, estime M. Bouchez. "Ce serait irresponsable", a-t-il averti.
