Neuf mois après la disparition de Rik Van Looy, la Belgique perd une autre légende du cyclisme. Walter Godefroot, vainqueur du Tour des Flandres, de Paris-Roubaix et de Liège-Bastogne-Liège, s’est éteint à 82 ans. L’ancien coureur, devenu l’un des managers les plus influents des années 1990 et 2000 avec la formation Telekom, laisse derrière lui une empreinte majeure dans l’histoire du cyclisme.
Décès de Walter Godefroot (82 ans), rival d’Eddy Merckx et manager de Jan Ullrich
Lorsqu’en 1964 Walter Godefroot décroche la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo, il est déjà clair que la Belgique du cyclisme a de l’or entre ses mains. Peu après, au Championnat du monde dans la même discipline, un autre prodige surgit : Eddy Merckx.
Ces jeunes poulains ne tardent pas à se transformer en purs-sangs. Lors de leur premier championnat de Belgique, ils s’affrontent directement : Godefroot devient champion, un Merckx dépité prend la 2e place. Ce jour-là, Godefroot donne un aperçu des qualités qui marqueront toute sa carrière : pugnacité, vitesse et sens tactique.
Malgré la fringale insatiable du "Cannibale", Godefroot se forge lui aussi un palmarès remarquable. En 1967, il enlève son premier monument, Liège-Bastogne-Liège, au sprint… devant Merckx. La même année, il gagne sa première étape du Tour de France – il y en aura dix au total, dont la toute première arrivée sur les Champs-Élysées en 1975. En 1970, il décroche aussi le maillot vert, au terme d’un duel serré avec Merckx.
Mais en pur Flandrien, Godefroot brille surtout sur les pavés et les monts de Flandre. Vainqueur du Tour des Flandres en 1968, il récidive dix ans plus tard, à 35 ans. Il ajoute à son palmarès Paris-Roubaix en 1969, encore une fois devant Merckx.
Il entre aussi dans l’histoire en révélant le Koppenberg au monde du cyclisme. "J’avais découvert cette côte à l’entraînement dans les Ardennes flamandes", racontera-t-il. "Un ami dessinait le parcours du Tour des Flandres. Je lui ai dit : je connais encore une petite côte. Mais je ne te la montrerai que quand j’arrêterai de courir, sinon tu nous y enverrais ! "
Des années fastes et controversées chez Telekom
Peu après sa carrière, Godefroot ouvre avec son épouse un magasin de vélos à Deurle, près de Gand. Mais l’appel du peloton reste trop fort. Il débute comme directeur sportif chez Capri Sonne, aux côtés d’un certain Patrick Lefevere.
C’est toutefois chez Telekom qu’il marquera durablement l’histoire : il transforme la modeste équipe Stuttgart en la meilleure formation du monde. Avec Bjarne Riis puis Jan Ullrich, il remporte le Tour de France. Mais ces victoires s’inscrivent dans une période sombre : tous les leaders de Telekom reconnaîtront plus tard leur implication dans les années EPO. Godefroot, lui, gardera toujours le silence et n’a jamais reconnu une quelconque implication dans le dopage.
Après une fin de carrière tout aussi agitée chez Astana, il se retire définitivement du cyclisme. Atteint de la maladie de Parkinson, il vivra ses dernières années loin des projecteurs.
Né à Gand en 1943, Godefroot a remporté le Tour des Flandres à deux reprises, en 1968 et 1978, ainsi que Paris-Roubaix (1969) et Liège-Bastogne-Liège (1967). Il a également décroché deux victoires d'étapes au Tour d'Espagne ainsi que la course en ligne des championnats de Belgique en 1965 et 1972.

