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Candidat à la présidence, Frédéric De Gucht veut sortir l’Open VLD de la tendance négative

Frédéric De Gucht a déposé sa candidature à la présidence de l'Open VLD, jusqu'à présent, il n'y aurait pas d'autre candidat. À la fin de la semaine passée, la présidente actuelle, Eva De Bleeker, a annoncé qu'elle quittait son mandat et qu'une nouvelle élection interne serait organisée à l'automne.

Eric Steffens
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Les libéraux flamands ont subi le 9 juin 2024 une défaite électorale cinglante et ont entamé une opération de rénovation en profondeur. Face à l'ampleur de la tâche, l'ex-secrétaire d'État au Budget a estimé qu'elle ne pouvait la mener seule. Les candidatures à la présidence peuvent être déposées depuis lundi et ce jusqu'au 8 septembre. Le parti devrait désigner son nouveau dirigeant le 17 octobre à moins qu'un second tour ne doive être organisé pour départager les candidats.

Le seul candidat déclaré pour l’instant, s’appelle Frédéric De Gucht : Bruxellois, entrepreneur, fils de Karel et frère de Jean-Jacques, et en réalité actif en politique depuis à peine deux ans. "Je ne voulais plus rester l’entraîneur assis dans les tribunes", a-t-il déclaré pour expliquer sa candidature. Et le voilà donc parti en campagne avec ses idées. Même si celles-ci restent pour l’instant encore assez vagues.

"Ne plus rester l’entraîneur assis dans les tribunes"

"Pourquoi ai-je décidé de me lancer en politique ? Parce que je pense que les choses peuvent être faites autrement. Que nous devons pratiquer la politique et regarder la société d’une autre manière", a expliqué Frédéric De Gucht dans "De Ochtend" (Radio 1), samedi à peine douze heures après avoir annoncé sa candidature à la présidence de l’Open VLD.

"Je devenais un peu cynique. Cela m’agaçait de dire au café avec mes amis : pourquoi ne fait-on pas ceci, pourquoi n’essaie-t-on pas cela ? Je ne voulais plus rester l’entraîneur assis dans les tribunes, mais bien m’asseoir sur le banc de l’équipe."

Il y a deux ans, il est devenu président de la section bruxelloise du parti. L’an dernier, il a terminé quatrième à l’élection nationale pour la présidence. Et maintenant, une nouvelle chance se présente, plus vite que prévu.

"Rencontre un maximum de gens"

"J’espère avoir convaincu quelques membres au cours de l’année écoulée. Dans les jours et semaines à venir, je vais essayer de rencontrer un maximum de gens, car au fond, c’est ce que je préfère : discuter en tête-à-tête."

Pour lui, la politique doit se rapprocher des citoyens. "C’est un peu une rengaine, on en parle depuis 25 ans. Moi, je vais vraiment essayer de le faire."

Une nouvelle vision ?

De belles formules, certes, mais quelle est la véritable vision de De Gucht ? Quelle image a-t-il de l’Open VLD du futur ? Pour l’instant, il reste assez évasif. "Nous sommes économiquement à droite, des libéraux classiques avec un programme bleu clair, et à nouveau une communication directe."

"Nous avons siégé dans des gouvernements pendant 25 ans, et en Belgique, les gouvernement sont toujours le fruit d’un compromis. Après ces 25 ans, et en étant devenus l’un des plus petits partis de cette coalition, nous n’avions plus suffisamment de visage ni d’idées pour faire la différence. Je pense que nous devons à nouveau avoir un discours plus tranchant."

Mais comment y parvenir ?

"Nous devons redevenir très actifs dans les parlements. Nous devons venir avec de nouvelles idées et propositions. Nous devons montrer clairement aux gouvernements quand nous ne sommes pas d’accord, mais aussi les soutenir quand nous le sommes."

"Je n’ai jamais vraiment compris le mot opposition. Soit une idée est bonne, et alors il faut voter pour. Soit elle ne l’est pas, et il faut voter contre. Soit elle est mitigée, et il faut l’amender. Je pense que nous devons redonner beaucoup plus de place au parlement. Aujourd’hui, il est trop souvent le prolongement du gouvernement, et cela affaiblit la démocratie."

Quant aux nouvelles idées de l’Open VLD, le parti y travaille encore. "Nous organisons dans deux semaines le "Festival des Idées". J’invite tout le monde à y participer. Il faut parfois oser changer d’avis lorsqu’on est convaincu par des arguments."  

"Fier de mon nom de famille"

Frédéric De Gucht ne mènera pas encore campagne lors de ce "Festival des idées". Pour l’instant, il est aussi le seul candidat et semble bénéficier du soutien de nombreux poids lourds du parti. On continue néanmoins à lui poser des questions sur le fait d’être le fils de l’ancien ministre et commissaire européen Karel De Gucht et sur le "clan-De Gucht". "Je suis fier de mon nom de famille. Mais je suis quelqu’un de différent de mon père et de mon frère, et le rôle de ma mère — qui s’appelle Schreurs — est aussi souvent sous-estimé."

"J’ai désormais 44 ans et j’habite Bruxelles depuis plus longtemps que je n’ai jamais habité à Berlare (Flandre orientale). J’ai déjà dit un jour : mon père ne me prépare plus mes tartines. Je crois d’ailleurs qu’il ne l’a jamais fait."

Sa filiation pourrait-elle être un handicap pour se faire élire président ? "Un restaurant qui affiche depuis 1875, cinquième génération sur sa carte est probablement un bon restaurant. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que, même si on peut avoir de l'ambition en politique, il faut toujours à nouveau se présenter aux gens. Il faut les convaincre."

C’est ce qu’il essaiera de faire dans la perspective du 17 octobre, dit-il. "On verra si, d’ici là, je parviens à convaincre 51 % des membres de l'Open VLD."  

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