Le musée gallo-romain de Tongres (Tongeren-Borgloon) , dans le Limbourg, a l’honneur de présenter, pour la première fois, la reconstitution du visage de "Mos’Anne". Il s’agit d’une femme ayant vécu il y a quelque 10.500 ans dans la vallée de la Meuse. Cette reconstitution a été réalisée à partir d’analyses ADN effectuées sur des restes squelettiques découverts en 1988 dans une grotte, près de Dinant, en province de Namur. Le visage de Mos’anne peut être admiré depuis le 26 août et jusqu’au 19 octobre dans l’exposition permanente du musée.
Mos’Anne, une habitante de la vallée de la Meuse vieille de 10.500 ans, dévoile son visage au musée gallo-romain de Tongres
Le nom de Mos’Anne renvoie à l’appellation française de la vallée de la Meuse, là où elle a été découverte, dans la grotte Margaux près de Dinant. En 1988, des archéologues ont découvert une dizaine de squelettes de femmes datant du Mésolithique – aussi appelé Moyen Âge de la pierre ou période des derniers chasseurs-cueilleurs en Belgique (environ 11.500 à 7.500 ans avant notre ère).
Il y a quelques années, l’université de Gand a lancé un programme de recherche pour mieux comprendre le mode de vie de ces populations préhistoriques. Les scientifiques ont notamment établi que la pêche jouait un rôle central dans leur alimentation et que ces groupes se déplaçaient de camp en camp au gré des saisons. Les chercheurs sont parvenus à extraire de l’ADN d’un crâne féminin, permettant ainsi de reconstituer le visage de cette femme qui vécut il y a plus de dix millénaires.
Les scientifiques ont déduit des caractéristiques du crâne et de l’usure des dents que la femme était décédée vers l’âge de 45 ans.
Une reconstitution grâce à l'impression 3D de son crâne
Pour la reconstitution de la femme, ils ont utilisé une impression 3D de son crâne. Ils se sont ensuite basés sur des caractéristiques spécifiques pour reconstituer son visage couche par couche : d’abord les muscles, les artères et les tendons, puis la peau, les yeux et les cheveux.
"C’est une femme adulte d’âge moyen, aux cheveux brun foncé relevés, aux yeux bleu clair et à la peau hâlée", décrit la professeure Isabelle De Groote, qui a dirigé les recherches. "Elle sera visible dans différents lieux en Belgique au cours des prochains mois, mais Tongres a l’honneur de l’accueillir en premier."
Les recherche sont loin d’être terminées
"Le fait que nous exposions aujourd’hui la reconstitution ne signifie pas que nos recherches sont terminées", souligne la professeure. "Nous voulons encore en apprendre beaucoup plus. Par exemple, déterminer si toutes les femmes retrouvées dans la grotte de Margaux avaient un lien de parenté ou non. Il existe également de nombreux autres sites où des vestiges du Mésolithique ont été découverts. La Belgique possède un patrimoine bien plus riche de cette période que ses pays voisins."
L’Université de Gand a fait appel au grand public pour donner un nom à la femme. La VRT, entre autres, a participé à l’initiative. Le public avait le choix entre trois propositions. Près de 5 000 personnes ont répondu à l’appel. C’est le nom Mos’Anne qui a été retenu, en référence au nom latin de la Meuse.
"Raconter l'histoire de notre passé"
L’échevine du Tourisme, An Christiaens (Tongeren-Borgloon.nu), insiste quant à elle sur l’importance de donner une place à la recherche scientifique la plus récente dans le musée : "La mission essentielle de notre musée est de raconter l’histoire de notre passé. Grâce aux recherches scientifiques, nous en apprenons chaque jour davantage et il est essentiel de transmettre ces découvertes les plus récentes à nos visiteurs."
Mos’Anne pourra être admirée jusqu’au 19 octobre dans l’exposition permanente du Musée gallo-romain de Tongres. Les résultats des recherches scientifiques y sont, eux aussi, largement mis en lumière.
