Le professeur Jan Eggermont démissionne avec "effet immédiat de son poste de président de la commission d'examen pour l'admission aux études de médecine, de médecine dentaire et de médecine vétérinaire. L'intéressé l'a annoncé jeudi dans une déclaration écrite adressée à Belga.
Démission de Jan Eggermont à la tête de la commission d’examen de médecine flamande
Une vive polémique a éclaté ces derniers jours en Flandre au sujet d'une possible fraude à l'examen d'admission en médecine liée à l'utilisation d'une intelligence artificielle (IA). Plusieurs procédures judiciaires ont déjà été engagées et la ministre flamande de l'Éducation, Zuhal Demir (N-VA), a demandé l'ouverture d'une enquête sur ces faits présumés.
Le professeur Jan Eggermont (KU Leuven), a décidé de ne pas attendre les résultats de cette enquête et de démissionner "avec effet immédiat" de son poste de président de la commission d'examen "à la suite de la récente agitation" autour de l'examen d'admission.
Une décision prise "à contrecœur, mais après mûre réflexion", a précisé le professeur. "Je regrette profondément que le dernier examen d'admission en médecine ait fait l'objet d'une telle controverse. Il s'agit d'un examen exigeant auquel des milliers de jeunes se préparent chaque année avec beaucoup d'engagement et de dévouement", a-t-il ajouté.
"Rétablir la confiance autour de ces examens importants"
"En me retirant, j'espère offrir la possibilité de relancer les examens d'admission et de rétablir la confiance de la société autour de ces examens importants", a déclaré M. Eggermont, qui a dirigé la commission au cours des dix dernières années. Le professeur n'a pas souhaité commenter plus avant sa décision.
"Nous respectons et comprenons la décision du président", a réagi Zuhal Demir, auprès de Belga. "L'enquête se poursuit. Nous espérons avoir les résultats bientôt".
19 étudiants saisissent à présent la justice
Dix-neuf étudiants ont désormais saisi la justice pour dénoncer une possible fraude lors de l'examen d'entrée de médecine en Flandre, a confirmé jeudi leur avocat, Christophe Vangeel. Une procédure en référé devrait être introduite mercredi prochain devant le tribunal civil.
"Je conseillerai aux personnes qui envisagent d'engager une procédure judiciaire coûteuse d'attendre un peu", a pour sa part déclaré jeudi matin la ministre flamande de l'Enseignement, Zuhal Demir (N-VA). La ministre a également annoncé qu'elle allait faire examiner tous les ordinateurs portables utilisés lors de l'examen pour vérifier une éventuelle fraude liée à l'intelligence artificielle.
Me Vangeel souhaite toutefois poursuivre la plainte. "Nous ne savons pas qui mène l'enquête, en quoi elle consiste et dans quel délai elle sera terminée", a-t-il précisé à l'agence Belga. "Il est délicat de se fier à une enquête menée par une instance qui est également responsable de l'organisation de l'examen. Nous insistons vraiment pour qu'une enquête indépendante soit menée." Plusieurs étudiants soupçonnent certains participants d'avoir triché à l'aide de ChatGPT afin de répondre aux questions de l'examen d'entrée de médecine, organisé début juillet. Le taux de réussite a été exceptionnellement élevé cette année, atteignant 47%.
Une grande incertitude plane donc sur la validité de l'examen et sur les inscriptions des futurs étudiants en médecine. "Nous sommes heureux que la ministre reconnaisse finalement qu'il y a un problème", a réagi Me Vangeel.
Quelques étudiants ont également introduit un recours auprès de la commission d'examen, mais selon leur avocat, celle-ci n'envisage pas d'enquêter sur une éventuelle fraude à grande échelle impliquant l'IA. Les étudiants veulent désormais contraindre la commission à le faire via la procédure en référé.
Quelque 5.544 étudiants ont passé l'examen d'entrée de médecine en Flandre. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le concours d'entrée en médecine et dentisterie a lieu ce jeudi à Brussels Expo.
