Vooruit et le CD&V, les deuxième et troisième partis du gouvernement flamand emmené par la N-VA, ont déposé au parlement régional une résolution enjoignant à l'exécutif Diependaele de prendre des mesures à l'égard d'Israël, "à la suite de l'escalade continue à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés".
Vooruit et le CD&V déposent une résolution sur Gaza sans la N-VA au Parlement flamand
La N-VA n'est pas associée à cette initiative parlementaire. Cette démarche peut être vue comme une mise sous pression des nationalistes flamands et du ministre-président Matthias Diependaele afin d'adopter une attitude plus ferme vis-à-vis d'Israël.
Dans cette résolution, Vooruit et le CD&V demandent au gouvernement flamand de presser l'UE à suspendre son accord d'association avec Israël, et de pousser le gouvernement fédéral à reconnaître la Palestine lors de l'assemblée générale des Nations unies, le mois prochain à New York.
Le texte réclame aussi une interdiction de commerce et d'investissement avec et dans les colonies israéliennes "illégales", ainsi que la fermeture du bureau de Tel Aviv de Flanders Investment & Trade (FIT), l'organisme flamand du commerce extérieur. La résolution plaide par ailleurs pour un embargo européen sur tout export ou transit d'armes ou de matériel à double usage vers Israël.
Une résolution demandant de reconnaître la Palestine
Comme au fédéral et au parlement wallon, le parlement flamand avait rassemblé durant les vacances sa commission en charge des relations extérieures, pour discuter de la situation à Gaza. Après cette réunion, le CD&V et Vooruit avaient espéré que le gouvernement sorte lui aussi de ses vacances, pour adopter une attitude plus ferme à l'égard d'Israël.
Normalement, l'exécutif doit se retrouver une première fois le vendredi 5 septembre. Mais une nouvelle réunion de commission est prévue quelques jours plus tôt, le 2. Si le gouvernement veut alors présenter une nouvelle ligne, comme le souhaitent Vooruit et le CD&V, il devra s'activer plus tôt. En l'absence de position plus ferme du gouvernement le 2 septembre, Vooruit s'est déjà dit prêt à soutenir d'autres propositions.
Le parti socialiste flamand en avance désormais une lui-même, avec le CD&V, sous la forme d'une résolution. "C'était le dernier jour pour introduire le texte, pour être à temps. Après la réunion de la semaine dernière, nous avions dit qu'il fallait des mesures et que le gouvernement devait se réunir", indique lundi le chef de groupe CD&V Peter Van Rompuy. "Nous avons mis dans une résolution nos points de vue partagés".
La N-VA a été mise au courant, précise-t-il. Mais chez les nationalistes flamands, on estime qu'une résolution n'est pas l'instrument adéquat. "Nous avons toute confiance dans le fait que les gouvernements, fédéral et flamand, vont faire ce qu'il faut", indique Philippe Muyters de la N-VA.
Reste qu'il est très inhabituel que des partis issus de la majorité flamande prennent une initiative parlementaire sans l'accord de leur partenaire au sein de la coalition au pouvoir. L'initiative actuelle pourrait être mise en relation avec la décision, en début de législature, de ne plus se tenir au traditionnel "zwijgakkoord", selon lequel les partenaires se concertent et ne déposent de texte qu'après consensus.
Le ministre-président Matthias Diependaele ne souhaitait pas réagir lundi à la proposition de résolution, mais il indique que le gouvernement s'attelle à trouver des compromis.
