La ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA), a désigné une commission pour évaluer les dysfonctionnements survenus lors de l’examen d’entrée en médecine. Le taux de réussite, nettement plus élevé cette année, pousse certains candidats à soupçonner que d’autres ont eu recours à l'intelligence artificielle. Ils ont dès lors introduit un recours. La commission d’examen se penche aujourd’hui sur ces plaintes. “Pendant l’examen, il a été possible d’ouvrir d’autres onglets”, reconnaît le président de la commission, le professeur Jan Eggermont. “Nous verrons si cela peut être corrigé l’an prochain.”
Examen d’entrée en médecine : la ministre Demir ouvre une enquête après des soupçons de fraude avec ChatGPT
Cette année, 2.608 candidats ont réussi l’examen d’entrée en médecine, en Communauté flamande, soit 47 % des 5.544 participants. Mais seuls 1.741 étudiants pourront entamer la formation. Résultat : de nombreux candidats reçus sont malgré tout écartés.
Certains étudiants ont dès lors introduit un recours auprès de la commission d’examen, estimant qu’ils ne peuvent pas débuter leur formation parce que d’autres auraient triché à l’aide de l’intelligence artificielle.
À titre de comparaison, lors des deux années précédentes, aucun ou seulement quelques candidats reçus n’avaient été exclus. Le taux de réussite n’était alors que de 18,9 % en 2024 et de 36,7 % en 2023.
Fraude à l'aide de ChatGPT ?
La question se pose donc : y a-t-il eu une fraude massive à l’intelligence artificielle?
"Aucun élément concret ne le prouve pour l’instant", a affirmé le président de la commission d’examen, le professeur Jan Eggermont, au micro de De Ochtend sur Radio 1 (VRT). "Il a toutefois été possible, pendant l’examen, d’ouvrir d’autres onglets et donc d’avoir accès éventuellement à d’autres sites", reconnaît-il.
La raison ? L’examen d’entrée est organisé dans une septantaine de lieux différents, dont plusieurs écoles secondaires, avec des infrastructures informatiques variées. Les ordinateurs portables ne sont donc pas gérés depuis un seul réseau informatique ou un centre unique."
"Ce n’est évidemment pas optimal. La commission d’examen ne prend donc pas cette question à la légère. Nous organisons une surveillance active pendant les épreuves. Les surveillants reçoivent également des instructions précises sur ce à quoi ils doivent prêter attention", a ajouté Jan Eggermont.
Trois étudiants pris sur le fait ont été exclus
Sur cette base, trois candidats ont été pris sur le fait et immédiatement exclus. "Les surveillants ont remis un rapport après l’examen. Après évaluation d’éléments de preuve supplémentaires nous avons décidé d’exclure les trois participants", précise-t-il.
Pour l’année prochaine, l’objectif est de renforcer la "sécurité de l’examen", selon Eggermont. "Nous continuerons aussi à miser sur une surveillance active. Nous envisageons également d’imposer des sanctions plus sévères en cas de fraude : non seulement l’exclusion de l’examen en cours, mais aussi l’impossibilité de se représenter à l’avenir".
Il n’existe actuellement aucune preuve qu'une fraude éventuelle soit la cause de leur non-admission dans le classement favorable.
Professeur Jan Eggermont, président de la commission d’examen.
Les candidats pouvaient introduire un recours jusqu’au 31 juillet. La commission d’examen se penche aujourd’hui sur ces plaintes. La ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA), a par ailleurs mis en place une commission chargée d’évaluer si, où et comment l’examen d’entrée a pu poser problème.
Selon Jan Eggermont, le taux de réussite exceptionnellement élevé s’explique toutefois par une décision volontaire : "Chaque année, nous procédons à une évaluation. En 2024, nous avions conclu que l’examen était beaucoup trop difficile. Nous l’avons donc ajusté aux capacités des étudiants."
"Un record de participation a également joué : 5.544 candidats ont pris part à l’examen cette année, contre 4.814 en 2024 et 4.545 en 2023."
"Je comprends la déception des étudiants qui ne peuvent pas commencer la formation, mais il n’existe actuellement aucune preuve qu'une fraude éventuelle soit la cause de leur non-admission dans le classement favorable", explique encore Jan Eggermont.
"La commission d’examen ne peut exclure personne sur la base de simples soupçons ou affirmations : elle ne peut agir qu’en se fondant sur des indications et des preuves concrètes. Ce n’est jamais une décision prise à la légère", conclut-il.

