L’organisation qui vient en aide aux sans-abris, Samusocial, a lancé une alerte face à la "saturation croissante" des dispositifs d'hébergement d'urgence en Région bruxelloise, tant pour ceux qu’elle gère que ceux dépendant d'autres opérateurs. L'organisation affirme avoir été contrainte, par manque de place, de refuser l'accueil à 25 familles - soit près de 100 personnes - sur la seule journée de lundi. C’est "un record dramatique".
Les hébergements d'urgence sont saturés à Bruxelles : le Samusocial doit refuser près de 100 personnes en un jour
"Nos équipes sont confrontées à des arbitrages impossibles, contraintes de décider quelles familles seront mises à l'abri et lesquelles devront rester à la rue. Ce record dramatique illustre le poids du sans-abrisme à Bruxelles aujourd'hui", déplore Sébastien Roy, directeur-général du Samusocial.
"Cette situation particulièrement alarmante risque encore de s'aggraver avec l'entrée en vigueur, début août, de la loi fédérale relative au retrait de l'aide matérielle pour certains demandeurs de protection internationale. Les personnes concernées sont désormais exclues de l'accueil Fedasil."
Des enfants à la rue
"Refuser l'accueil dans le réseau des demandeurs d'asile ne fait pas disparaître ces familles. Elles restent sur le territoire bruxellois, dans une extrême vulnérabilité, et viennent grossir les files d'attente de nos centres d'urgence sociale à destination des personnes sans abri, déjà saturés. Chaque refus signifie plus de personnes à la rue, dont des enfants, exposées à de graves dangers physiques et psychologiques", ajoute encore Sébastien Roy.
Le manque de réponses "humaines et structurelles" à la question migratoire impacte l'ensemble de la collectivité bruxelloise et fragilise la cohésion sociale, dénonce encore le Samusocial.
Selon l’organisation, l'absence de mesures adaptées et durables fait exploser la précarité et pousse de plus en plus de personnes à adopter des stratégies risquées pour faire face à l'insécurité et la souffrance du quotidien, comme notamment l'occupation de squats (photo), l'errance dans les stations de métro ou d'autres recoins de la ville, ou encore le recours à des conduites à risque.

