En Flandre, le sol et la nature sont à nouveau gravement déshydratés. Le manque de pluie perdure actuellement depuis trois à quatre mois, selon les endroits. La récente vague de chaleur a aggravé la situation après un printemps déjà sec. Dans certaines régions, les arbres perdent toutes leurs feuilles en raison du stress hydrique, ce qui donne l'impression que l'automne arrive plus tôt, indique l'organisation environnementale Natuurpunt.
Il pleut trop peu en Flandre depuis trois mois : des arbres perdent leurs feuilles à cause du stress de la sécheresse
A la station de mesure d’Uccle, les précipitations ont été plutôt normales en juillet, même si en Flandre les pluies sont souvent tombées sous forme d'averses et les chiffres restent mitigés. Quoi qu'il en soit, le point commun des derniers mois est clair : les précipitations ont été (bien) insuffisantes.
Déficit de pluie ?
Le déficit pluviométrique est calculé depuis le 1er avril, début de l'été hydrologique (également appelé début de la saison de croissance). Les calculs s'étendent jusqu'au 30 septembre.
Le déficit de pluie est calculé en fonction de l'humidité évaporée et des précipitations tombées. Si l'évaporation est supérieure aux précipitations, on parle de déficit pluviométrique. Ce déficit est recalculé quotidiennement.
Le stress hydrique des plantes et des arbres ne se produisant que sur une longue période, le déficit pluviométrique est calculé de manière cumulative à partir du 1er avril.
Sur l'ensemble des stations météorologiques de l'Agence flamande de l'environnement (VMM), seulement 66 % des précipitations normalement attendues sont tombées en moyenne aux mois de mai, juin et juillet. De plus, nous subissons encore les conséquences de la sécheresse printanière, avec des mois de mars et avril extrêmement secs. Cela a immédiatement entraîné un faux départ pour l'été hydrologique en avril, début de la saison de croissance.
Le déficit pluviométrique est calculé à partir du 1er avril, ce qui prend en compte non seulement les précipitations, mais aussi l'évaporation. Malgré les pluies de juillet, les chiffres étaient déjà faibles, et en août une vague de chaleur a suivi, avec un temps généralement extrêmement sec.
Trois à quatre mois de retard
Un léger déficit de pluie est normal en été (de l'ordre de 50 millimètres, soit 50 litres d'eau par mètre carré). Or, la Flandre enregistre actuellement un déficit pluviométrique moyen de 250 litres d'eau par mètre carré, soit cinq fois plus, confirme l'hydrologue Patrick Willems (KU Leuven). Au total, cela représente l'équivalent de trois mois de précipitations.
À Overpelt (Limbourg), ce déficit est même passé à quatre mois. Il faudrait donc trois ou quatre mois de pluie deux fois plus abondante que de saison pour que la situation revienne à la normale. Mais selon Patrick Willems, il suffirait aussi que la pluie recommence à tomber pour limiter suffisamment les risques de chute trop importante du niveau de l’eau.
Ces risques concernent notamment le canal Albert et le canal Gand-Terneuzen. L'approvisionnement en eau provenant respectivement de la Meuse et des bassins de l'Escaut et de la Lys diminue, mais si des pluies surviennent (peut-être la semaine prochaine), elles devraient être suffisantes pour éviter des problèmes majeurs.
Ces canaux sont importants pour la navigation et les industries qui les utilisent. L'eau provient du canal Albert, qui fournit 40 % de notre eau potable. Des restrictions avaient déjà été mises en place sur le canal Gand-Terneuzen pour le transport de marchandises des plus grands navires, car leur tirant d'eau risquait sinon d'être trop important.
L'automne en avance?
Certains arbres donnent l'impression d'anticiper l’automne. La sécheresse des derniers mois provoque en effet un stress qui les pousse à stopper l'évaporation via leurs feuilles pour se protéger. Certains sont même morts par manque d'eau, bien que d'autres facteurs puissent également jouer un rôle dans ce dessèchement, précise Natuurpunt. Les hêtres, tilleuls, chênes pédonculés et bouleaux verruqueux figurent parmi les espèces les plus touchées par ces périodes de sécheresse de plus en plus longues.
"Les arbres sont capables de surmonter des épisodes temporaires de stress et de se rétablir une fois la période passée", nuance l'organisation. En revanche, la succession de ces périodes, sans temps de récupération suffisant, peut s'avérer néfaste. "Des arbres ayant résisté à plusieurs sécheresses pourraient ne pas survivre à la prochaine", avertit Natuurpunt. Les forêts, elles, résistent mieux grâce à un microclimat plus frais et plus humide, qui favorise la survie des arbres.
L'organisation de protection de la nature juge néanmoins "prématurée" l'idée de planter davantage d'espèces méditerranéennes en Belgique. Selon elle, les essences locales capables de résister au stress hydrique pourraient gagner en importance. D'après l'Institut flamand de recherche sur la nature et les forêts (INBO), le hêtre reste le "roi incontesté de la forêt", les jeunes espèces d'hêtres semblant moins affectées par la sécheresse.
