L'exposition "Lace re-BORN-em" vient d’ouvrir ses portes ce samedi 16 août à l'abbaye de Bornem (photo), en province anversoise. Le titre anglais de l’événement fait allusion à la fois à la ville de Bornem et à une renaissance de la dentelle à notre époque : elle doit se réinventer pour continuer à intéresser le public. Les amateurs de l'art du textile et des fils entrelacés pourront découvrir des créations contemporaines venues de Belgique, des Pays-Bas, de France et de Suisse, dont plusieurs ont été réalisées spécialement pour l'occasion. "La dentelle classique est une époque révolue. Nous voulons montrer comment de l'art contemporain peut être créé avec de la dentelle, tout en ayant recours ou non à des techniques ancestrales", explique Greet Rome-Verbeylen, présidente de l’association Living Lace.
L'abbaye de Bornem consacre une exposition à l'art de la dentelle contemporaine
Quelque 80 œuvres sont présentées dans le cadre prestigieux de l’abbaye de Bornem, provenant de six académies flamandes, d'associations de dentelle belges et étrangères, ainsi que d'une quarantaine d'artistes indépendants. Des pièces issues de la collection de cette ancienne abbaye cistercienne sont également exposées.
L'objectif de l’association Living Lace est d’illustrer l'évolution de la dentelle, de l'artisanat à l'art. "Vers 1900, on comptait encore 200.000 dentellières chez nous, alors que c'était encore une profession. Les dentellières travaillaient très dur pour un salaire de misère. Aujourd'hui, ce sont tous des amateurs passionnés qui créent encore de la dentelle", constate Greet Rome-Verbeylen (photo).
L’exposition veut aussi de montrer comment la dentelle peut inspirer l'art contemporain, avec ou sans recours à des techniques traditionnelles vieilles de plusieurs siècles. Plusieurs créations présentées ont ainsi été réalisées spécialement pour l’événement.
La dentelle doit se réinventer
Vendre de la dentelle n'est plus aussi facile qu’autrefois, même dans les villes historiques de Bruges et Bruxelles et malgré la réputation internationale de la tradition dentellière belge. Récemment encore, on apprenait la fermeture de la dernière boutique de dentelle d'Anvers, l’Antwerps Kantwinkeltje.
"Les gens ne veulent plus de dentelles classiques, comme les mouchoirs. C'est une époque révolue. Mais c'est un patrimoine qu'il faut préserver. C'est pourquoi nous devons nous adapter à la mode contemporaine. Sinon, personne ne s'intéressera à la dentelle", souligne Greet Rome-Verbeylen.
L'association Living Lace, qui propose cette nouvelle exposition dans l’abbaye historique de Bornem, était déjà à l'origine d'un congrès sur l'art de la dentelle à Bruges, notamment. Elle bénéficie du soutien de l’ancienne magistrate et collectionneuse d'art Karine Huts, épouse de l’entrepreneur Fernand Huts avec lequel elle a notamment créé la Fondation Phoebus.
L'exposition "Lace re-BORN-em " sera ouverte jusqu’au dimanche 19 octobre 2025, du jeudi au dimanche, de 13h30 à 17h.

