La ville de Gand (Flandre orientale) s'oppose elle aussi au projet néerlandais de construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires à Borssele (photo), près de la frontière avec la Belgique. Gand souhaite que l'espace reste libre pour le développement de son port, et est préoccupée pour la sécurité de ce dernier. D'autres communes frontalières et le gouvernement flamand ont déjà exprimé leurs inquiétudes. Les Pays-Bas n'ont pas encore pris de décision définitive.
Gand s'oppose à la construction de réacteurs nucléaires néerlandais à la frontière, qui "mettent en péril croissance et sécurité du port"
Le gouvernement néerlandais avait déjà projeté de maintenir en activité plus longtemps - jusqu’en 2033 - la centrale nucléaire de Borssele, en Zélande. Un projet que la ville de Gand voyait d’un mauvais œil, pour diverses raisons. Il n’est donc pas surprenant que les autorités gantoises s’opposent maintenant aux plans néerlandais d’ajouter sur ce même site zélandais deux nouveaux réacteurs nucléaires. Elles ont demandé davantage de précisions à ce sujet.
"Le principal argument est que le site se trouve dans la zone portuaire. North Sea Port est un port de fusion florissant dans la région frontalière. Il est important qu'il y ait de la place pour une croissance supplémentaire. Deux nouveaux réacteurs nucléaires occuperaient beaucoup d'espace et freineraient ces projets. Les terrains sont rares, nous devons donc gérer la situation avec prudence", explique l'échevin écologiste Filip Watteeuw.
"Un groupe de réacteurs nucléaires met la sécurité en danger"
Gand partage aussi les inquiétudes du gouvernement flamand à propos du rejet d'eau de refroidissement et la sécurité externe des réacteurs. Le ministre-président Mathias Diependaele avait déjà déclaré en juin qu'un complexe unique de plusieurs réacteurs nucléaires présentait des risques plus importants en matière de sécurité. "On pense ainsi par exemple encore trop peu à la sécurité militaire, mais c’est important", estime Watteeuw.
"Les plans actuels du gouvernement néerlandais manquent également de détails concrets sur l'approche pratique. Que faire des déchets nucléaires ? Comment les transporter ? Comment démanteler les installations lorsqu'elles ne sont plus nécessaires ?" Des questions similaires ont été soulevées par d'autres communes frontalières, dont certaines sont encore plus proches de Borssele, comme Assenede et Kaprijke.
Attendre la décision néerlandaise
L’échevin gantois Watteeuw souligne que les arguments sont distincts du choix idéologique de l'énergie nucléaire comme source d'énergie. "Cependant, nous demandons également une réflexion plus approfondie sur l'impact en termes de durabilité. Par exemple, la chaleur résiduelle d'une centrale nucléaire pourrait trouver des applications ailleurs, ce qui n'est pas non plus suffisamment pris en compte dans les plans actuels."
Gand souhaite désormais attendre la décision des Pays-Bas. On ignore quand le gouvernement néerlandais prendra une décision définitive. "Si nous ne recevons pas suffisamment de réponses, nous envisagerons d'autres mesures", conclut Filip Watteeuw.
