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Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot

La Belgique soutient la suspension partielle d'Israël du programme de recherche Horizon Europe

La Belgique votera en faveur de la suspension d'Israël d'une partie du programme européen Horizon Europe, qui comporte essentiellement des financements pour la recherche et l'innovation. Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot l’a annoncé ce mardi. Cette mesure représentera la première sanction européenne à l’encontre du gouvernement israélien.

Anne François Belga
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Cette proposition "marque un tournant dans les relations entre l'Union européenne et Israël", assure le chef de la diplomatie belge. La Commission avait fait cette proposition la semaine dernière: il s'agit d'empêcher à l'avenir à des entités établies en Israël de bénéficier de financements de l'"Accélérateur" du Conseil européen de l'innovation (EIC). L'accélérateur est uniquement destiné à soutenir des start-ups et petites et moyennes entreprises innovantes et "disruptives".

Comme l'avait indiqué la Commission européenne la semaine dernière, on touche ici aux "jeunes pousses et petites entreprises à l'origine d'innovations de rupture et de technologies émergentes pouvant avoir des applications à double usage dans des domaines tels que la cybersécurité, les drones et l'intelligence artificielle". Israël est "pays associé" au programme Horizon Europe depuis 2021, et ses chercheurs et entrepreneurs en herbe peuvent, comme leurs collègues européens, introduire des dossiers pour recevoir des subventions. La suspension proposée ne serait que temporaire et ne toucherait pas les dossiers déjà acceptés ni les projets en cours.

Violation de l’article 2

Pour l'Union européenne, c'est une première proposition de réaction au fait qu'Israël, selon un récent rapport de la Commission, viole le fameux "article 2" de son accord d'association avec l'Union. Cet article place le respect des droits humains au centre de la relation.

Ces derniers mois, les Etats membres de l’Union se divisent sur l'ampleur de la réponse à apporter aux actions d'Israël dans la bande de Gaza. De nombreuses organisations humanitaires appellent à la suspension pure et simple de l'accord d'association, qui comporte un important volet commercial. La proposition de la Commission européenne de commencer par une suspension partielle d'Horizon Europe est une réponse assez limitée au niveau de l'impact financier, mais comme le souligne le ministre Maxime Prévot, "cette mesure pourrait sanctionner pour la première fois le gouvernement israélien".

C'est aussi une première "réponse concrète aux violations, par le gouvernement israélien, non seulement de l'article 2 de l'accord d'association UE-Israël, mais aussi des engagements pris à l'égard de l'UE sur le plan humanitaire". La Belgique, parmi d'autres Etats membres, était demandeuse d'une "réaction ferme", rappelle le chef de la diplomatie belge. Il estime que le soutien belge à cette première mesure est un "signal politique fort", et attend de la Commission qu'elle avance rapidement "d'autres propositions concrètes".

"Nous devons augmenter la pression sur le gouvernement israélien afin qu'un accès total et sans entrave soit donné pour l'aide humanitaire à Gaza", insiste Maxime Prévot. La mesure doit encore récolter une majorité qualifiée au Conseil de l'UE. Elle pourrait déjà passer au niveau des ambassadeurs la semaine prochaine, si la présidence danoise du Conseil estime que la majorité requise est réunie, précise le cabinet de Maxime Prévot.

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