La ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) a adressé une note au conseil des ministres dans laquelle elle expose un plan destiné à augmenter la capacité carcérale de 2.037 nouvelles places d'ici à 2030. "Un plan ambitieux, mais l'urgence est particulièrement grande", a réagi la ministre ce vendredi matin dans l'émission "De ochtend" (VRT).
La ministre de la Justice Verlinden souhaite créer 2.037 places supplémentaires dans les prisons d’ici 2030
Dans le cadre de ce "plan d'action structurel global de lutte contre la surpopulation carcérale", la ministre CD&V souhaite consacrer un budget de minimum 55 millions d'euros, dont la majeure partie permettra la création rapide et structurelle de nouvelles places carcérales. L'objectif est de mettre en place 1.105 places de plus d'ici à 2027 et 932 places supplémentaires durant les trois années suivantes. L'ambition est même d'en ajouter 1.044 après 2030.
Cela passera par la construction de nouveaux établissements pénitentiaires, comme à Vresse-sur-Semois, la prolongation de l'utilisation d'anciennes prisons, tels Saint-Gilles et Anvers, et l'agrandissement d'infrastructures existantes, par exemple à Termonde ou Saint-Gilles. Il est également envisagé d'augmenter la capacité de certains bâtiments, notamment ceux de Haren ou Beveren.
La Justice examine par ailleurs le recours à des unités préfabriquées sur des sites existants ou sur des terrains appartenant à la Régie des bâtiments pour les détenus à faible risque. L'ouverture de places supplémentaires dans des maisons de détention ou de transition est aussi dans les cartons.
Si le plan d'action est réalisé dans sa globalité, la ministre Verlinden estime que le coût sera de près de 1,1 milliard d'euros pour les années 2026 à 2029.
Un budget insuffisant
Aussi ambitieux que soit le plan de la ministre Verlinden, les quelque 2 000 nouvelles places prévues ne suffiront pas à résoudre le problème de la surpopulation carcérale.
"Il en faut effectivement davantage, mais cela nécessite un débat fondamental sur notre droit pénal et le code de l’exécution des peines."
Créer plus de places en prison comporte aussi un risque : celui d’envoyer davantage de condamnés derrière les barreaux. En ouvrant le débat sur le droit pénal, Verlinden souhaite également explorer des alternatives axées sur la réintégration.
Mais un autre problème se pose : le budget. Dans l’accord de Pâques conclu en avril par le gouvernement Arizona, la Justice s’était vue attribuer 55 millions d’euros, à partager avec l’Asile & la Migration, l’Intérieur et la Santé publique, pour lutter contre la surpopulation carcérale. Or, le coût estimé du nouveau plan dépasse le milliard d’euros.
"Pour concrétiser cette ambition, j’aurai besoin du soutien du gouvernement afin d’obtenir des moyens supplémentaires. Je suis consciente des défis budgétaires que connaît notre pays, mais la sécurité de la population est aussi un enjeu majeur", a déclaré la ministre.

