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Vooruit estime que la situation à Gaza pourrait provoquer une crise gouvernementale

 "Je ne peux pas promettre que nous voterons toujours avec le gouvernement si nous ne pouvons pas défendre notre propre position à propos de Gaza", a déclaré le président de Vooruit Conner Rousseau, ce jeudi matin dans l’émission De Ochtend sur Radio 1. Il affirme que cela fait des mois que ça tiraille dans le gouvernement à ce sujet. "Notre patience est à bout, il est temps d’adopter une position qui dépasse les clivages partisans" a ajouté Conner Rousseau.  Le président du MR Georges-Louis Bouchez a pour sa part insisté sur la nécessaire union de la majorité en place.

Eric Steffens Belga
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Conner Rousseau a expliqué ne pas pouvoir promettre de rester sur la même ligne que le gouvernement, si le "blocage" avec le MR persiste. Le président de Vooruit fait allusion à une possible majorité alternative sur la question. "Je suis une personne très loyale, mais nous devons surtout être loyaux envers nos principes et envers l'humanité. À un certain moment, il pourrait y avoir une crise gouvernementale, si on n'en sort pas", a indiqué le président de parti. Il note un lent repositionnement de la part de la N-VA, mais pas du MR, qui semble de plus en plus isolé dans son refus d'envisager des sanctions envers Israël.

"Il n'y a plus d'arguments pour ne pas avancer, non pas de un, mais de plusieurs pas", a assuré Conner Rousseau: "de sanctions à l'accord d'association, jusqu'à une reconnaissance de l'État palestinien". Il faut que "le plus de pays possible accroissent la pression sur Israël".

Le 14 août, la commission des Relations extérieures de la Chambre se réunira, en pleine période de vacances parlementaires. Elle sera convoquée d'urgence, pour entendre les ministres compétents, au moins en tout le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot. Vooruit et le CD&V estiment qu'il est surtout urgent que le gouvernement se réunisse pour envisager des actions, malgré les vacances.

Bouchez reste inflexible : "Une majorité alternative sur Gaza signifierait la fin du gouvernement"

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, ne se laisse pas impressionner par la menace du président de Vooruit, Conner Rousseau, qui estime que la situation à Gaza pourrait justifier une crise gouvernementale. Il maintient sa position ferme contre des sanctions contre Israël ou une éventuelle reconnaissance de la Palestine. Selon Bouchez, si Vooruit forme une majorité alternative, ce serait la fin du gouvernement.

Le président du MR reconnaît néanmoins que la situation humanitaire dans la bande de Gaza est inacceptable. "Cela doit être résolu", affirme-t-il. "Il faut surtout un cessez-le-feu permanent, mais s’il n’est pas négocié avec les États-Unis, cela n’a aucun sens."

Selon Bouchez, "si la Belgique prenait des sanctions à l'encontre d'Israël cela entraînerait la perte de contrats pour nos entreprises, qui finiraient par être attribués à des entreprises américaines. Pour les habitants de Gaza, cela ne changerait donc rien".

Les Vingt-Sept divisés à propos d'éventuelles sanctions à l'égard d'Israël

Les Vingt-Sept se sont montrés particulièrement divisés sur l'attitude à adopter vis-à-vis d'Israël depuis le début de sa guerre à Gaza contre le Hamas, en réplique à l'attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 sur le sol israélien par ce mouvement islamiste palestinien.

Plusieurs États membres, dont l'Allemagne, insistent sur le droit d'Israël à se défendre, dans le respect du droit international, tandis que d'autres, comme l'Espagne, dénoncent un "génocide" à l'encontre des Palestiniens de Gaza. Un rapport de la Commission européenne, présenté fin juin aux 27 États membres, avait estimé qu'Israël violait un article de l'accord d'association qui l'unit à l'UE, en matière de respect des droits de l'homme.

L'exécutif européen planchait depuis sur sa riposte, débattant de plusieurs options possibles: interdire certaines des exportations, réviser sa politique de visas, etc. Sa proposition présentée lundi fait partie des options plus timorées. Elle consiste à suspendre partiellement la participation d'Israël au grand programme de recherche Horizon Europe. Sont spécifiquement visées les start-ups spécialisées dans la cybersécurité, les drones ou l'intelligence artificielle.

L'UE est le premier partenaire commercial d'Israël.

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