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Les crevettes grises n’avaient été aussi bon marché depuis des mois

L’arrivée massive de crevettes grises fait baisser les prix à l’étal aux poissons d’Ostende : 25 euros pour 2 kilos

Les crevettes grises de la Mer du Nord affichent leur prix le plus bas depuis des mois. Cela s’explique par une augmentation significative de l’approvisionnement. Les pêcheurs ramènent désormais entre 200 et 300 kilos de crevettes par nuit, soit dix fois plus qu’il y a quelques semaines. Cette abondance fait naturellement baisser les prix.

Eric Steffens
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Au mois de mai, le prix des crevettes grises de la mer du Nord atteignait encore 60 euros le kilo à la criée d’Ostende. Pêcheurs, restaurateurs et consommateurs n’avaient pas d’autre choix que de s’y plier. À l’époque, seul un des quatre armateurs, le O.2 Michel Junior, poursuivait encore la pêche aux crevettes. "Nous n’aimions pas demander ce prix-là non plus, mais nous n’avions pas le choix", confie Jill Duyck, femme de pêcheur. "Les captures étaient tout simplement très faibles à ce moment-là."

Une offre limitée et des prix à la hausse

Au printemps, les apports étaient encore très faibles : environ 30 à 40 kilos par pêche. Cette rareté a rapidement fait grimper les prix. "Avec 30 kilos par nuit, ce n’est pas rentable", explique Christel Dewaele du O.191 Romy.

"Cette nuit, nous avons pêché 300 kilos. C’est acceptable. Avec ça, nous couvrons nos frais. Et cela permet de faire baisser les prix. Aujourd’hui, à la criée, on paie 25 euros pour 2 kilos. Fraîchement pêchées, dans la nuit même."

L’incertitude toute l’année

"Même quand elles étaient chères, les gens continuaient à acheter des crevettes", poursuit Christel. "Mais en plus petites quantités, comme une demi-livre par exemple. Aujourd’hui, ils repartent avec 2, 3 ou même 5 kilos. Les clients sont contents, et nous aussi, car c’est notre métier."

La faible disponibilité des crevettes a représenté un sérieux problème.  "Heureusement, nous avons pu compter sur la sole. Sans cela, nous serions restés à quai. D’autres collègues, qui ne sont pas équipés pour la sole, n’ont pas pu sortir. Pour eux, c’était catastrophique."

"On ne peut plus être sûr d’avoir des crevettes toute l’année"

"Ce que cette période nous a appris, c’est qu’il faut s’adapter. On ne contrôle pas la nature. Même les biologistes ne peuvent expliquer pourquoi certaines périodes sont riches en crevettes et d’autres non."

"À l’avenir, on se préparera en fonction des espèces présentes. S’il y a de la sole, on pêchera la sole. S’il y a du calmar, on pêchera le calmar. Les gens ont l’habitude de manger des crevettes toute l’année, mais ce n’est plus une garantie."

Les pêcheurs ostendais ramènent désormais entre 200 et 300 kilos de poisson par nuit.

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