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Un agent d’entretien acquitté après des mois de détention pour le viol présumé d’une dame atteinte de démence

Un agent d’entretien de 46 ans a été acquitté du viol d’une résidente de la maison de repos où il travaillait. Le tribunal d’Anvers a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves objectives. L’homme a néanmoins passé plusieurs mois en détention avant son procès.

Eric Steffens
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L’affaire débute en ce début d’année dans une maison de repos à Wijnegem (Anvers). Le 3 janvier, un employé de 46 ans, d’origine africaine, est arrêté à son domicile, soupçonné du viol d’une résidente de 72 ans, atteinte de la maladie de Parkinson et présentant les premiers signes de la maladie d’Alzheimer.

Il est immédiatement placé en détention, où il passera quatre mois en prison, suivis de trois mois d’assignation à résidence sous bracelet électronique. "Il a été arrêté sous les yeux de ses enfants, envoyé directement en prison, il a perdu son emploi. Ce fut un drame pour lui", témoigne son avocat, Me Dominique Mbog, qui le défendait.

Finalement, la chambre du conseil a décidé de renvoyer l’homme devant le tribunal, où le ministère public a immédiatement demandé son acquittement : en réalité il n’existait aucune preuve concrète que l’homme avait agressé la résidente.

Aucune blessure, aucune trace d’ADN et des symptômes de démence chez la victime

Le tribunal a jugé qu’il n’existait pas suffisamment d’éléments objectifs pour retenir les faits de viol ou d’attentat à la pudeur. Aucune lésion n’a été constatée chez la femme, aucun ADN masculin n’a été retrouvé, les déclarations étaient contradictoires, et la victime souffrait de troubles cognitifs liés à la démence.

Cette dernière – aujourd’hui décédée – était atteinte d’un début de maladie d’Alzheimer et de Parkinson. Elle suivait un traitement, dont les effets secondaires peuvent inclure des hallucinations. Un neurologue qui l’a examinée a d’ailleurs conclu à un vieillissement cérébral plus avancé que la moyenne.

L’accusé, de son côté, a toujours nié fermement les faits. Il a été évalué par un expert judiciaire, mais rien n’a permis d’étayer les accusations. "Il subsistait au moins un doute, et le doute doit toujours profiter à l’accusé", a estimé le juge. L’homme a donc été acquitté.

Réaction de l’avocat : "C’est un soulagement, il risquait de le payer sa vie entière"

Son avocat, Dominique Mbog, a réagi avec soulagement à l’annonce du verdict. "Sur le plan mental, social et financier, cela a été un désastre pour lui. Il est marié, père de deux enfants. C’était très dur à vivre. Il risquait toute sa vie. Pour sa femme aussi, cela a été lourd à porter. Ses enfants ont fini par croire qu’il n’était plus un modèle. Mais sa foi l’a vraiment aidé."

L’acquittement prononcé suscite donc beaucoup d’émotion, selon l’avocat : "C’est émotionnellement très difficile." Malgré les sept mois passés en détention, il ne nourrit aucune rancune envers le parquet : "Il a été soulagé qu’ils aient eux-mêmes requis l’acquittement. Ils ont fait leur travail, sans préjugés."

Quant à une éventuelle demande d’indemnisation pour sa détention préventive injustifiée, Me Mbog reste prudent : "Ce n’est pas sa priorité aujourd’hui. Ce qui compte, c’est qu’il a été acquitté."  

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"Ce fut un véritable drame pour lui", témoigne son avocat, Me Dominique Mbog

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