La position de la Belgique concernant une reconnaissance de l’État palestinien sera "déterminée par le gouvernement début septembre", indique le cabinet du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés). Cependant une partie de l'opposition presse le gouvernement de suivre l’exemple de la France.
La position belge sur une éventuelle reconnaissance de la Palestine sera fixée début septembre
Le ministre Maxime Prévot ne réagira pas ce vendredi à l’annonce du président français Emmanuel Macron, qui a déclaré hier que la France reconnaîtrait l’État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.
C’est à l’approche de cette Assemblée générale de l’ONU – et du possible sommet sur la Palestine en marge de celle-ci – que la position du gouvernement belge sera définie. Un échange entre la France et la Belgique sur ce sujet devrait très probablement avoir lieu d’ici là.
Une partie de l'opposition presse le gouvernement de reconnaître à son tour la Palestine
Une partie de l'opposition presse le gouvernement fédéral d'emboîter le pas à la France et de reconnaître également la Palestine en tant qu'Etat.
Le président du PS, Paul Magnette, a réagi rapidement à l'annonce française. "Si Macron peut le faire, il n'y a aucune raison que la Belgique ne le fasse pas aussi. Face au génocide en cours, reconnaître la Palestine est la seule manière de mettre le gouvernement Netanyahou sous pression et d'avancer vers la paix", a-t-il lancé sur X dès jeudi soir.
L'Open VLD est sur la même longueur d'ondes. "La France et Emmanuel Macron reconnaîtront en septembre la Palestine en tant qu'Etat. La Belgique doit se joindre à eux: plus de 60.000 victimes, une population affamée, aucune perspective de paix. La reconnaissance doit faire partie d'un processus vers une autonomie légitime et démocratique. Le temps est venu d'une coalition européenne pour la paix", a expliqué le député Kjell Van der Elst sur X.
"C'est un tournant", a constaté le co-président d'Ecolo Samuel Cogolati. "Mais ça ne suffit pas. Ce n'est pas une reconnaissance qui nourrit les bébés à Gaza ni qui arrête le nettoyage ethnique en Cisjordanie. Il faut des sanctions. Il faut protéger. Il faut agir. Et la Belgique ? Combien de morts faudra-t-il encore pour que notre gouvernement prenne ses responsabilités ? Même Emmanuel Macron bouge. La N-VA avait fait tomber un gouvernement pour un texte onusien symbolique. Les Engagés vont-ils, eux, rester dans un gouvernement qui se mure dans silence complice face à un génocide en cours ? Fini le blabla, il faut des actions !".
"Nous soutenons la reconnaissance de la Palestine. Pour nous la priorité c'est de mettre fin au génocide et cela peut se faire en mettant la pression sur Israël avec des sanctions économiques et un embargo", a souligné la cheffe PTB de groupe à la Chambre, Sofie Merckx.
Former une majorité alternative avec les Engagés, le CD&V et Vooruit ?
Dans un communiqué, les communistes ont lancé un appel un appel aux Engagés, au CD&V et à Vooruit à se joindre à une majorité alternative pour imposer des sanctions à Israël.
"Si tous les partis qui affirment soutenir des sanctions votaient effectivement en faveur de celles-ci, il y aurait une majorité claire au parlement", selon Mme Merckx. "Mais cela ne s'est pas produit au cours des deux dernières années : tous les partis de la coalition, y compris Vooruit, le CD&V et Les Engagés, ont rejeté chaque proposition. Aujourd'hui encore, ils continuent à lier les mesures contre le génocide à Gaza à d'autres dossiers gouvernementaux. Si messieurs Mahdi et Rousseau sont sincères dans leur volonté de mettre fin à l'hypocrisie, alors asseyons-nous ensemble, élaborons une proposition, votons et brisons enfin l'immobilisme".
Une telle initiative pourrait s'appuyer à la Chambre sur une majorité confortable de 87 sièges. Mais elle impliquerait une rupture dans la coalition Arizona, divisée sur cette question. La N-VA et plus encore le MR s'opposent aussi bien à la reconnaissance de la Palestine qu'à des sanctions contre Israël.
Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a reconnu le 16 juillet devant le parlement qu'il n'avait pas pu convaincre tous ses partenaires de plaider à l'échelon européen pour une suspension de l'accord d'association UE-Israël. Jeudi, le CD&V suivi de Vooruit et des Engagés ont pourtant donné de la voix sur la question, après un discours royal du 21 juillet marqué par un appel à mettre fin à la crise humanitaire à Gaza et qualifiant la situation de "honte pour l'humanité toute entière".
