Le gouvernement flamand a décidé de faire appel de la décision de justice ordonnant l'arrêt du transfert de matériel militaire vers Israël. Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) l'a confirmé vendredi matin sur les ondes de la VRT.
Matthias Diependaele (N-VA) promet un "contrôle renforcé" sur les exportations d’armes vers Israël
L'opportunité d'introduire ce recours a généré des divisions au sein de l'exécutif flamand, Vooruit n'appuyant pas le dépôt d'un appel contre la décision de justice. Vendredi matin, le ministre-président flamand a assuré que le recours ne serait pas abandonné. "Nous sommes sur la même ligne au sein du gouvernement: personne n'a l'intention de laisser ces marchandises partir vers Israël", a-t-il cependant assuré.
Selon lui, l'appel n'a que pour objectif d'obtenir la clarté juridique. La Flandre risque en effet d'être poursuivie par "l'autre partie, par la société exportatrice" si elle bloque tous les marchandises pouvant être des fournitures militaires destinées à Israël.
Ces marchandises sont déjà contrôlées aujourd'hui, a poursuivi le ministre-président, et "s'il s'agit de produits qui peuvent aider les forces armées israéliennes, jamais nous ne les laisserons passer", a-t-il dit.
Des contrôles renforcés
Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) affirme que le gouvernement flamand souhaite renforcer les contrôles de différentes manières. "À la fin de l’année dernière, nous avons franchi une première étape", a-t-il déclaré ce matin dans l’émission De Ochtend sur Radio 1. Il fait référence à un protocole visant à renforcer la coopération entre les douanes et le service de contrôle flamand.
Par ailleurs, Diependaele souhaite également renforcer la DCSG (Direction du Contrôle des Services Stratégiques). Cette intention avait déjà été évoquée dans l’accord de gouvernement flamand de 2024, et elle a été confirmée dans le Plan Défense approuvé en avril de cette année. "Deux postes à temps plein ont déjà été ajoutés à ce service en septembre 2024", précise le cabinet Diependaele, "avec des profils spécifiquement habilités à effectuer des contrôles". Lors de l’élaboration du budget 2026, la question d’un éventuel renforcement supplémentaire du personnel sera également examinée.
Un conteneur intercepté en juin
Saisi par plusieurs organisations de défense des droits humains, le tribunal de première instance de Bruxelles a décidé jeudi en référés qu'un chargement de roulements destinés à l'entreprise de défense israélienne Ashot intercepté dans le port d'Anvers ne pouvait quitter le pays.
En juin, un conteneur a été intercepté alors qu’il transitait par Anvers, en provenance de France, à destination d’Israël. La cargaison : trois palettes de roulements coniques. Le destinataire était Ashot Ashkelon Industries, une entreprise israélienne qui fabrique notamment des chars Merkava et des véhicules blindés Namer, utilisés dans la bande de Gaza, selon les ONG.
