D’un pont cyclable au-dessus de l’Escaut à Anvers, à la liaison nord-sud du Limbourg : le gouvernement flamand a trouvé un accord sur les investissements en infrastructures pour les années à venir. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), dispose de 2,2 milliards d’euros par an pour les infrastructures durant le reste de la législature. Où précisément ces fonds seront-ils alloués ? La ministre a déjà levé un coin du voile ce matin dans l’émision "De ochtend".
"Je suis particulièrement fière", a déclaré la ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA) ce mardi dans l’émission De Ochtend sur Radio 1 (VRT). "Pour la première fois, grâce à notre Programme d’investissements intégrés (GIP), nous offrons une vision d’ensemble des dépenses en infrastructures pour les années à venir."
Les premiers tableaux de planification couvrent désormais la période jusqu’en 2027, précise-t-elle. Les prévisions pour 2028 et 2029 devraient suivre d’ici l’été 2026. "Cela apporte une vraie clarté aux autorités locales, aux entrepreneurs et aux citoyens sur les grands chantiers prévus."
Ces choix étaient d’ailleurs délicats à faire : la ministre disposait d’un budget annuel de plus de 2 milliards d’euros, mais les demandes des communes dépassaient les 7 milliards. "Je suis donc restée très proche de l’accord de gouvernement, où ces choix étaient en partie déjà fixés. Cela les rendait plus gérables."
Certains projets sont par contre recalés, comme la liaison autoroutière "Recht naar zee" ("Direct à la mer"), vers la commune balnéaire de Middelkerke, dirigée par Jean-Marie Dedecker. Le canal Bossuit-Courtrai entre l'Escaut et la Lys ne sera pas non plus modernisé. Et il était déjà connu que le tram rapide le long de l'A12 (Willebroek-Bruxelles) était supprimé. Une étude pour une solution alternative est commandée.
Trams, cyclistes, entretien de l'infrastructure
La liste complète sera d’abord transmise au Parlement flamand, mais la ministre a d’ores et déjà levé un coin du voile :
Entretien : "Nous lançons un rattrapage important dans l’entretien de nos infrastructures, car nous avons accumulé un retard considérable. Nous allons donc investir structurellement pour remettre nos routes, tunnels et ponts en bon état."
Grands projets d’infrastructure : "Nous visons vraiment les projets à effet de levier, ayant un impact au-delà de l’échelle locale. Par exemple, la liaison nord-sud dans le Limbourg (tunnels sous Houthalen-Helchteren et trambus entre Hasselt et le nord du Limbourg) ou le projet Gentspoort (nouvelles lignes de tram à Gand et dans sa périphérie)."
Province par province :
Flandre-Occidentale : l’écluse maritime de Zeebruges, ainsi que la rénovation de l’écluse existante. Une étude est aussi menée pour l’élargissement de l’E403.
Flandre-Orientale : le contournement est de Saint-Nicolas et le désenclavement ouest du port du Waasland.
Brabant flamand : le tram de l’aéroport, le ring de Bruxelles et l’autoroute A8 à Halle.
Province d’Anvers : les travaux bien connus de la liaison Oosterweel et l’extension de la capacité portuaire en conteneurs. "Même si je ne considère pas cela comme des projets purement anversois, car ils ont une valeur ajoutée pour toute la Flandre."
Mobilité douce, sécurité routière et gestion de l’eau
En ce qui concerne les infrastructures cyclables, le gouvernement flamand maintient son effort annuel d’environ 300 millions d’euros pour toute la Flandre. Le fonds vélo provincial passera quant à lui à 25 millions d’euros par an. La ministre De Ridder annonce aussi un "Masterplan Vélo" d’ici la fin de l’année. Objectif : atteindre 30 % de déplacements à vélo d’ici 2040.
Parmi les projets retenus figure la passerelle cyclable au-dessus de l’Escaut à Anvers, bien que le CD&V ait remis en question les 250 millions d’euros estimés, préférant allouer ces fonds ailleurs en Flandre. La ministre De Ridder défend ce projet emblématique :
"Il s’agit de la pièce finale de l’accord avec les mouvements citoyens et les collectifs à Anvers, qui prévoit des projets d’amélioration de la qualité de vie."
Elle ne souhaite cependant pas encore communiquer le coût final, car l’appel d’offres est en cours : "Les offres définitives sont attendues début septembre."
Enfin, la ministre met aussi l’accent sur la sécurité routière, notamment via la suppression des points noirs accidentogènes, ainsi que sur la gestion de l’eau, avec un renforcement des travaux de dragage d’entretien, jugés jusqu’ici insuffisants.
