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Le sarcophage en bois datant d'il y a 3.000 ans

Le parquet de Bruxelles restitue à l'Egypte un sarcophage vieux de 3.000 ans

Au cours d'une cérémonie organisée dans le cloître des Musées royaux d'Art et d'Histoire, au Cinquantenaire à Bruxelles, deux artefacts égyptiens - un sarcophage entier en bois, vieux de 3.000 ans, et une barbe postiche en bois - ont été officiellement restitués vendredi par le parquet du procureur du Roi de Bruxelles aux autorités égyptiennes. Cette cérémonie clôturait une procédure judiciaire qui aura duré dix ans.

Anne François Belga
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Les deux pièces avaient été saisies en 2015 par la police bruxelloise, à la suite d'un signalement d'Interpol, l’organisation internationale de police criminelle. D’après un article du magazine français Paris Match datant de décembre 2017, les pièces ont été volées sur un site archéologique en Égypte en décembre 2015, avant d’aboutir chez un antiquaire renommé installé au Sablon, au cœur historique de Bruxelles.

La restitution organisée au Musée du Cinquantenaire marque l'aboutissement d'une procédure judiciaire de près de dix ans, initiée à la suite d'une commission rogatoire internationale émise par les autorités judiciaires égyptiennes. Un arrêt de la Cour de cassation, rendu en avril dernier, a permis de finaliser la procédure.

Le parquet de Bruxelles, via sa direction des affaires internationales, s'est chargé de l'exécution de la décision. Durant l'instruction, les deux objets - le sarcophage en bois et une barbe postiche - ont été conservés dans les réserves des Musées royaux d’Art et d’Histoire.

La barbe postiche en bois

"Pour un riche défunt"

Le sarcophage, daté de la période ptolémaïque (du 4e au 3e siècles avant notre ère), est de forme anthropomorphe - d'apparence humaine -, richement décoré et probablement destiné à un membre de l'élite égyptienne. Le visage de couleur dorée et les cheveux bleus sont des attributs divins indiquant que le défunt a pris l’aspect du dieu Osiris, souverain des enfers.

Le choix des matériaux et la minutie de l'exécution pour le sarcophage témoignent d'un savoir-faire exceptionnel. Les pièces de verre coloré pour les yeux et le pectoral, les éléments dorés et la sculpture fine du bois sont particulièrement remarquables.

Le déchiffrement des hiéroglyphes a révélé le nom du défunt : Pa-di-Hor-pa-khered, qui signifie "Celui qui a été donné par Harpokrates".

Le sarcophage était destiné à un membre de l'élite égyptienne

En raison de la nature et du rang du défunt, la présentation aux autorités égyptiennes s'est déroulée avec respect et dignité. Elle a eu lieu dans le cloître des Musées royaux d’Art et d’Histoire, dont les murs sont ornés de pierres tombales médiévales, "ajoutant ainsi une touche particulière à cet événement où deux cultures funéraires se sont rencontrées".

Le parquet évoque un geste de justice et de respect à l'égard du patrimoine culturel égyptien. "C'est véritablement faire œuvre de justice que de rendre à son pays d'origine un élément détourné de son patrimoine", a déclaré le procureur du Roi Julien Moinil. Les pièces seront désormais rapatriées en Égypte par voie diplomatique.

La restitution aux autorités égyptiennes a eu lieu dans le cloître des Musées royaux d’Art et d’Histoire, dont les murs sont ornés de pierres tombales médiévales.

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