"L'Adoration de l'Agneau mystique", peint en 1432 par les frères Jan et Hubert Van Eyck, ne sera pas exposé dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand en 2026 comme prévu initialement, mais au printemps 2027. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi le Musée des Beaux-Arts de Gand où la restauration de l'œuvre est en cours. Le retard s’explique par de nombreuses surpeintures sur le retable, qui nécessitent de nouvelles études pour pouvoir effectuer correctement la restauration. Le gouvernement flamand va d’ailleurs investir 319.000 euros supplémentaires pour que les sept panneaux supérieurs du polyptyque puissent être restaurés dans leur état d'origine du 15e siècle.
La restauration de l'Agneau Mystique se prolonge, le retable ne reviendra à la cathédrale Saint-Bavon qu'en 2027
Caroline Gennez, ministre flamande de la Culture, défend cette subvention : "L'original est d'une beauté à couper le souffle. Couche par couche, des travaux de restauration sont effectués pour lui redonner sa splendeur d'antan. Cela a une valeur inestimable. Cette phase supplémentaire de la restauration en vaut vraiment la peine. L'Adoration de l'Agneau mystique marque le début des primitifs flamands et de notre histoire. Ce projet de restauration garantit que les générations futures puissent elles aussi profiter de ce magnifique patrimoine", souligne la ministre.
La restauration du monumental polyptyque a été entamée en 2012. La phase finale des travaux a débuté en mai 2023 avec la réparation des sept panneaux supérieurs : Adam, les anges chanteurs, Marie, la Divinité, Jean le Baptiste, les anges musiciens et Ève. Lorsque cette dernière phase a été entamée, on a supposé qu'elle serait achevée trois ans plus tard, de telle sorte que le tableau pourrait retourner à la cathédrale Saint-Bavon en 2026. Mais les travaux se prolongent et le retour ne pourra avoir lieu qu’au printemps 2027. En tout, l’opération aura duré 15 ans.
Le surpeint ralentit le travail
La restauration prend plus de temps que prévu en raison de couches supplémentaires découvertes lors des travaux. "Au milieu du 16e siècle, L'Adoration de l'Agneau mystique a été largement repeint pour masquer de petites dégradations", explique Hélène Dubois, responsable de l'équipe de restauration. "Les recherches complémentaires et la suppression de ces couches ont naturellement entraîné des retards".
"Il y a des zones des panneaux qui sont particulièrement compliquées, ce qui nécessite des recherches plus longues. Nous avons besoin de plus de temps pour restaurer ces zones".
Le coût total de la restauration s'élève maintenant à 5 millions d'euros. La ministre de la Culture Caroline Gennez et le ministre du Patrimoine Ben Weyts ont donc annoncé un investissement supplémentaire de 319.000 euros pour pouvoir terminer la restauration à la perfection.
