Le nombre de Congolais qui ont introduit une demande d'asile en Belgique s'élevait à 954 pour la période entre janvier et mai, un chiffre qui a presque doublé par rapport à la même période l'année passée, a constaté VRT NWS. Cela place les ressortissants congolais en deuxième position dans les statistiques des demandeurs d'asiles cette année, derrière les Palestiniens. Pourtant la plupart des demandeurs d’asile congolais viennent de la région avoisinant la capitale Kinshasa et pas de l’est de la RDC. Siméon (photo) est l'un d'eux. "Une situation de guerre génère toujours de l’anxiété", explique Koen Vlassenroot de l’Université de Gand.
Le nombre de demandeurs d'asile congolais a doublé mais presqu'aucun ne vient de la zone de conflit à l'est de la RDC
Le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) s'est à nouveau embrasé depuis le mois de janvier. Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, s'est emparé des villes de Goma et de Bukavu, provoquant la fuite de milliers de personnes. Fuir l'est de la RDC (le Kivu) est extrêmement périlleux.
"Les rebelles du M23 contrôlent la région et des millions de personnes y sont donc bloquées", explique Koen Vlassenroot, politologue et spécialiste de l'Afrique à l'Université de Gand. Selon lui, une vaste majorité des habitants de l'est de la RDC ont fui au sein même de la région.
"Près de 70 % des demandeurs d'asile déclarent être nés dans la région de Kinshasa", précise toutefois l'Office des étrangers. "Il n'y a pratiquement aucun demandeur d'asile en provenance de l'est de la RDC".
Peu de chances de reconnaissance
Selon le service, les Congolais demandant l'asile en Belgique sont principalement des personnes rencontrant des problèmes sociaux ou économiques dans leur pays. Le lien de la Belgique avec la RDC en raison de son passé colonial joue également un rôle.
Or, seuls 10 % environ des demandeurs d'asile issus de la région de Kinshasa obtiennent l’asile en Belgique. La plupart des autres devront donc retourner au Congo. Jusqu'à récemment, leurs demandes d'asile étaient traitées en quelques semaines grâce à la procédure dite "Fast Track".
Cependant, en raison de l'évolution de la situation dans l'est de la RDC, les services belges ont décidé, par mesure de précaution, de ne plus traiter leurs demandes d'asile plus rapidement. Les Congolais devront donc attendre plus longtemps avant de recevoir une réponse des autorités belges.

