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La ministre de l'Enseignement Zuhal Demir (centre)

Le gouvernement flamand veut améliorer l'apprentissage du néerlandais à l'école dès la petite enfance

Le gouvernement de Matthias Diependaele a donné son feu vert vendredi dernier à un ensemble de mesures visant à améliorer la connaissance du néerlandais chez les enfants dès le début de leur scolarité, a annoncé ce mardi la ministre flamande de l'Enseignement Zuhal Demir. Des cours d’introduction pour les tout-petits, des heures de cours de langue supplémentaires et des classes de langue séparées en primaire et en secondaire font partie des méthodes envisagées. Pour la ministre Demir, elles doivent être appliquées très rapidement parce que “le problème de langue dans notre enseignement n’a jamais été aussi grand qu’à l’heure actuelle".

Anne François Belga
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D’après Zuhal Demir, le nombre d’enfants qui ne parlent pas le néerlandais à la maison est passé au cours de ces 10 dernières années de 18 à 27%. "Le problème est grand, car les enfants qui ne parlent pas le néerlandais à la maison obtiennent de moins bons résultats, indiquent des études, et courent trois fois plus de risques d’échouer à l’école". Et la ministre de souligner que "le retard linguistique est un fardeau que l’on porte toute la vie. Plus vite nous pourrons l’enlever des épaules des élèves, plus forts ils seront en classe et dans la vie". Demir a donc élaboré un plan d’action, qui englobe les tout-petits jusqu’aux élèves du secondaire.

Les mesures commenceront par un accompagnement linguistique supplémentaire dès l'âge de deux ans et demi, dans les crèches, suivi de cours d'introduction pour les tout-petits, de cours de langue en petits groupes à l'école maternelle et de "classes de héros de la langue" obligatoires en primaire. Les élèves de l'enseignement primaire présentant des lacunes linguistiques bénéficient de trois heures supplémentaires de néerlandais par semaine. Dans les écoles secondaires, l'enseignement d'accueil est transformé en cours de langue.

D’après la ministre Zuhal Demir, les enfants souffrant d'un déficit linguistique obtiennent de moins bons résultats dans d'autres matières. Pour stimuler l'acquisition précoce de la langue, des "sauts d'entrée" en langue néerlandaise seront organisés pour les tout-petits. Il s'agira d'une "manière amusante, ludique et efficace de leur faire découvrir la langue et de prononcer leurs premiers mots de néerlandais".

Zuhal Demir en visite dans une école

Responsabilisation des parents

Les parents peuvent également participer, s'informer sur le système d'enseignement et obtenir des conseils sur le développement de la langue. Cette partie destinée aux parents ne sera pas obligatoire. À partir de septembre, la ministre présentera au gouvernement ses projets en matière de responsabilité parentale.

En résumé, les parents de langue étrangère devront apprendre le néerlandais, faute de quoi la ministre touchera aux allocations scolaires. Plus tard dans les années scolaires, les "sauts d'embarquement" sont réalisés sous la forme de véritables cours d'été durant lesquels les enfants peuvent rattraper leur retard afin de donner plus de chances à la réussite scolaire.

À partir du 1er septembre, le conseil de classe peut imposer trois heures supplémentaires de néerlandais par semaine aux élèves ayant des lacunes linguistiques dans l'enseignement secondaire. Le gouvernement flamand a prévu de fournir des conseils et un soutien aux écoles et aux enseignants tout au long du processus. Il organisera ainsi une formation large et gratuite pour les experts en langues, également ouverte aux autres enseignants.

Mais ce n'est pas tout. Les plans visent un âge plus jeune encore, dès la première année de vie. La ministre du bien-être Caroline Gennez investit donc12 millions d'euros dans des ressources éducatives dans les structures extrascolaires et de garde d'enfants.

Il faut du personnel supplémentaire

Le plan de stimulation de l’apprentissage du néerlandais est ambitieux - avec un investissement de 400 millions d’euros - et nécessitera des efforts importants de la part des écoles, qui souffrent déjà actuellement d’une pénurie d’enseignants. La ministre s’en rend compte et veut éviter que des enseignants du circuit habituel soient obligés de donner aussi des cours de langue supplémentaires.

Il faudra pourtant, selon les estimations, entre 1.000 et 2.000 professeurs supplémentaires pour que le plan soit un vrai succès. Zuhal Demir compte donc aussi sur les logopèdes et orthophonistes, les linguistes, des enseignants retraités, traducteurs, interprètes et des organisations externes comme la Taalunie pour donner cours de néerlandais aux élèves. Des cours de remise à niveau gratuits seront donc proposés aux experts en langue et aux enseignants.

Des logopèdes seront aussi sollicités pour enseigner le néerlandais aux élèves

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