Aller au contenu principal

La grève des médecins de ce 7 juillet a été suivie de façon assez contrastée en Flandre

Les hôpitaux de Belgique tournaient au ralenti ce lundi en raison de la grève des médecins. L'activité était comparable à celle d'un week-end. Les services d'urgences étaient, eux, bien sollicités puisque certains patients dont le généraliste était en grève, ont fait le déplacement aux urgences. Au nord du pays, la grève des médecins était suivie de façon assez aléatoire ce lundi. Si la région anversoise semblait épargnée, les hôpitaux de Flandre occidentale tournaient un peu plus au ralenti. VRT NWS a pu constater que jusqu’à 90% des médecins étaient en grève dans les hôpitaux généraux, contre seulement 5% des médecins dans les hôpitaux universitaires. Parmi les médecins généralistes, seuls 20% suivaient l’appel à la grève.

Anne François Belga
Publié:

A l'hôpital universitaire d'Anvers (UZA), une vingtaine de médecins sur les 600 que compte l'institution se croisaient les bras. Sur les différents sites du ZAS (Ziekenhuis aan de Stroom), 150 médecins ont pris part au mouvement sur un millier au total. Les services d'urgence ne chômaient pas, mais on était loin de toute saturation.

La mobilisation était plus importante en Flandre occidentale. A l'hôpital général Delta (AZ Delta) qui dispose de sites à Roulers, Torhout et Menin, un peu plus de la moitié des médecins participaient à la grève ce lundi, une proportion similaire à celle relevée à l'hôpital Groeninge à Courtrai. L'arrêt de travail était également bien observé à Ostende.

Les responsables des hôpitaux limbourgeois évoquaient une activité assez calme au sein de leurs établissements. Un poste de médecine de garde avait été ouvert à titre exceptionnel de 8h à 18h00 au Jessa Ziekenhuis à Hasselt.

A Hal dans le Brabant flamand, 20 à 25% des 135 médecins de l'hôpital Sainte-Marie ont fait grève. Comme ailleurs, la situation avait cependant été anticipée et de nombreux rendez-vous ont été reportés.

A l'hôpital universitaire de Gand (Flandre orientale), des médecins et des collaborateurs se sont rassemblés dans le hall principal à midi. Une longue banderole a été déroulée sur le parking à l'entrée. Des actions étaient menées, mais pas de grève en tant que telle. A peine 3% des médecins se croisaient les bras, soit 25 dermatologues, chirurgiens et radiologues. La plupart des membres du personnel portait un badge soutenant l'action. La grève était par contre bien suivie à l'hôpital gantois Jan Palfijn.

La première grève des médecins depuis 25 ans

L'Association belge des syndicats médicaux (ABSyM) avait appelé ses membres à cesser le travail de 8h à 18h ce 7 juillet. Il s'agissait de la première action nationale des médecins depuis 2001, un événement rare dans une profession peu habituée aux mouvements collectifs. Le principal syndicat de médecins du pays, représentant 60% des généralistes et spécialistes, dénonce l'avant-projet de loi-cadre du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

Le premier point de crispation concerne la volonté du gouvernement de plafonner les suppléments d'honoraires à 125% dans les hôpitaux et à 25% en ambulatoire. Présentée comme un moyen de rendre les soins plus accessibles à la population, cette mesure est perçue par les médecins comme une atteinte à leur liberté tarifaire. Elle constituerait aussi, selon eux, une menace pour le financement indirect des hôpitaux, qui s'appuient sur ces suppléments pour garantir la qualité des soins et investir dans du matériel de pointe. À ce titre, les médecins ont été largement soutenus par les organisations de défense des droits des indépendants.

La suppression du conventionnement partiel et la possibilité de retirer le numéro Inami d'un médecin ne sont pas non plus vues d'un bon œil. Les représentants des médecins y voient une étatisation progressive du système des soins de santé en Belgique. Les dentistes se sont joints à la grève.

En Flandre, le syndicat de médecins ASGB a aussi mené des actions, sans pour autant paralyser les soins, alors que l'association flamande de médecins généralistes Domus Medica ne soutenait pas l'arrêt de travail. La Fédération des maisons médicales non plus, estimant qu'une réforme du système était bel et bien nécessaire. Les sages-femmes également ont refusé de suivre le mouvement de grève voyant dans la réforme une opportunité d'améliorer leurs conditions de travail précaires. En début d'après-midi, l'Absym estimait que le mouvement avait été très bien suivi partout dans le pays, tant dans les hôpitaux que pour les soins ambulatoires.

Qu'elles soutiennent ou non la grève, toutes les organisations sont d'avis qu'une réforme du système de soins de santé en Belgique est nécessaire, mais doit être menée avec soin. Les acteurs se retrouveront encore autour de la table ces prochaines semaines. Une réunion des médecins, mutuelles et dentistes est prévue vendredi à 16h au cabinet du ministre Frank Vandenbroucke (photo).

Le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5