Le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, a introduit une interdiction du transport routier d'animaux vivants vers plusieurs pays situés en dehors de l'Union européenne. Cette mesure, qui concerne principalement les pays du Maghreb mais aussi la Turquie, vise à éviter au bétail de souffrir de la chaleur pendant le transport. "La température monte inévitablement au-dessus de 30 degrés dans les camions et le bien-être animal ne peut alors plus être garanti", explique Weyts.
Les transports d'animaux de la Flandre vers les pays chauds hors de l'UE sont interdits cet été
Les températures estivales peuvent être très contraignantes, voire pénibles, pour les animaux durant leur trajet, particulièrement vers les pays au sud de l'Europe. Jusqu'ici, la simple déclaration d'un vétérinaire servait à garantir leur confort au départ. Chaque année, plus de 4.000 bovins sont exportés vers l'Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Libye, mais aussi vers la Turquie et le Liban.
Ces pays ne pourront désormais plus être indiqués comme destination pour l'exportation d'animaux pendant les mois de juillet et août. L'interdiction ne concernera toutefois par les pays comme la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni, qui bénéficient d'un climat plus clément. "Je connais peu de gens qui voudraient traverser des pays du sud dans une voiture sans climatisation durant l'été. Pourtant, les animaux devaient endurer cela jusqu'à présent", a constaté le ministre Ben Weyts, qui espère que cette mesure inspirera d'autres pays.
La manière dont cette interdiction sera appliquée et contrôlée n'a cependant pas été clarifiée. En 2024, la Flandre comptait plus de 1,2 millions de bovins. Environ 140.000 sont exportés chaque année à l'étranger, dont 10% en dehors de l'UE.
Concertation suffisante avec le secteur ?
A la question de savoir si l’interdiction du transport d’animaux pendant les mois d’été est réaliste pour les fermiers et les transporteurs flamands, Ben Weyts répond que le sujet a été discuté auparavant avec le secteur. Mais un entrepreneur contredit cette affirmation : "Il n’y a pratiquement eu aucun contact avec le ministre. Je voudrais lui demander de s’entretenir avec les gens du secteur, nous pouvons proposer différentes solutions".
Les transporteurs flamands ont été mis au courant de la mesure à la fin de la semaine dernière. "Il n’est pas facile d’adapter maintenant encore les commandes ou de les annuler", réagit un entrepreneur interrogé.
Le ministre flamand du Bien-être animal est partisan d’un renforcement encore accru des règles dans le domaine des longs transports d’animaux. "Je trouve que nous pouvons supprimer ces longs transports totalement. Les animaux arrivent à destination après un long trajet uniquement dans le but de passer à l’abattoir. Ils pourraient tout aussi bien être abattus chez nous. Les carcasses pourraient ensuite être transportées dans des conditions sûres et hygiéniques, avec réfrigération", estime Ben Weyts.
L’entrepreneur interrogé souligne qu’il existe des raisons de transporter des animaux vivants. "Nous transportons avant tout des bovins laitiers, aussi vers le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et la Turquie. Ces pays s’intéressent à la génétique de notre bétail et ils font également de la reproduction avec nos animaux".
