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Le Premier ministre Bart De Wever (à g.) et le ministre-président germanophone Oliver Paasch lors de la conférnce de presse commune, à Eupen ce jeudi

Le Premier ministre De Wever se dit ouvert à un siège garanti pour les Belges germanophones à la Chambre

Bart De Wever a affirmé ce jeudi qu'une solution devait être trouvée à la représentation de la Communauté germanophone au Parlement fédéral après la disparition envisagée du Sénat. "Dans un pays compliqué comme la Belgique, qui est comme une mini-Europe, il est important que chacun ait une voix", estime le Premier ministre. Le Parlement germanophone a adopté le 23 juin dernier, en séance plénière, une résolution visant à assurer à la plus petite des entités fédérées une représentation garantie à la Chambre des représentants alors que le Sénat est voué à disparaître.

Anne François Belga
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Le Premier ministre nationaliste flamand s'exprimait ce jeudi lors d'une conférence de presse à Eupen à l'issue d'une rencontre avec le gouvernement de la Communauté germanophone, dirigé par le ministre-président Oliver Paasch. La disparition du Sénat constitue un enjeu crucial pour la Communauté germanophone, car elle y bénéficie actuellement d'un siège garanti. Le Sénat est en effet composé de 29 sénateurs néerlandophones, 20 francophones et un germanophone.

La suppression de l'institution met en péril cette représentation garantie. "L'expérience nous a montré que cette représentation était extrêmement importante", a souligné Oliver Paasch. Il a notamment évoqué les discussions tendues de 2015, après la 6e réforme de l'Etat, sur le refinancement de la Communauté germanophone, au cours desquelles une erreur dans les textes aurait pu avoir des conséquences graves. Cela n'a pu être corrigé, selon lui, que grâce à l'action conjointe de son gouvernement et des élus germanophones au Parlement fédéral.

La Chambre des représentants compte également un élu germanophone, mais ce siège relève du "hasard" et dépend des résultats électoraux dans les circonscriptions, comme l'a admis Bart De Wever. Il faut "sécuriser" cette présence, selon le Premier ministre. Il a évoqué l'idée de créer une circonscription électorale propre à la Communauté germanophone.

Jusqu'à présent, les 80.000 Germanophones du pays font partie de la circonscription de Liège pour les élections fédérales. "Ce n'est jamais facile dans ce pays, parce que nous aurons besoin d'une majorité des deux tiers, mais nous allons y travailler", a promis Bart De Wever, ajoutant que d'autres solutions seraient peut-être possibles.

Représentation au Comité de concertation

Oliver Paasch a également plaidé pour que son entité obtienne un traitement égal au Comité de concertation. Cet organe compte des représentants des différents gouvernements du pays, sauf de la Communauté germanophone. Le ministre-président peut être invité - comme pendant la pandémie de coronavirus - mais il n'a qu'une voix délibérative. Ce souhait s'inscrit dans la volonté du gouvernement Paasch de faire reconnaître la Communauté germanophone comme un partenaire à part entière, et non comme une sous-autorité de la Région wallonne.

Outre les aspects institutionnels, d'autres thèmes ont été abordés entre Bart De Wever et les représentants de la "DG" (Communauté germanophone), comme la réforme du chômage et ses répercussions sur les centres publics d’aide sociale (CPAS) et les communes de l'est de la Belgique. La veille, ce sujet avait donné lieu à un débat animé au Parlement de la Communauté germanophone.

Activation des demandeurs d’emploi

Bart De Wever a qualifié de "très intéressante" la "philosophie d'activation" des demandeurs d'emplois en Communauté germanophone, qu'il considère comme un exemple à suivre, notamment grâce à la proximité entre les CPAS et l'office de l'emploi dans cette région.

Dans un autre registre, la compétitivité des entreprises a également été abordée, Oliver Paasch évoquant notamment la différence entre le salaire net et brut. "Nous subissons une certaine pression concurrentielle de la part de nos voisins immédiats aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Allemagne. C'est pourquoi nous encourageons vivement le gouvernement fédéral à mettre en œuvre les réformes nécessaires", a-t-il dit. "Wettbewerbsfähigkeit" (compétitivité), "c'est un long mot en allemand que je connais bien", a répondu De Wever sur un ton humoristique.

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