Le Plan stratégique pour la Défense du ministre fédéral Theo Francken prévoit l’achat de onze avions américains de combat F-35, en plus des 34 avions déjà commandés à Lockheed Martin en 2018. C’est ce qu’a confirmé le ministre de l’Economie David Clarinval à nos collègues de la RTBF, sans donner le montant de ce nouvel achat. Ce dernier doit encore être approuvé de façon formelle par le gouvernement fédéral.
La Belgique va acheter 11 avions de combat américains F-35 supplémentaires
Les quatre premiers F-35 commandés il y a 7 ans ont été livrés et sont utilisés aux Etats-Unis pour l’entrainement de pilotes belges. En octobre, les premiers avions américains arriveront à la base militaire de Florennes. Mais l’Otan souhaite que la Belgique possède une capacité aérienne bien plus grande parce qu’elle contribue au parapluie nucléaire qui doit dissuader la Russie.
Un parapluie nucléaire signifie qu'un pays ou une alliance, comme l'OTAN, utilise des armes nucléaires pour dissuader les autres pays et protéger ses alliés. Au sein de l'Otan, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni possèdent des armes nucléaires. Pour protéger les États membres de l’Alliance, des armes nucléaires américaines sont également stockées sur des bases aériennes en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie et en Turquie.
La dissuasion nucléaire, une priorité absolue
L’Otan détermine en concertation avec les pays membres quelles sont les capacités prioritaires pour chaque Etat. Pour la Belgique, quatre capacités prioritaires ont ainsi été identifiées, mais les détails exacts ne sont pas divulgués.
C’est un secret de polichinelle que le soutien à la force de dissuasion nucléaire par le biais des bombes nucléaires américaines entreposées à Kleine Brogel (Limbourg) est une priorité absolue pour notre pays. Sur la base aérienne, on trouve entre 10 et 15 armes nucléaires américaines susceptibles d'être déployées par des avions de chasse belges. Il s'agit aujourd'hui des F-16 américains, et bientôt des F-35 américains.
Pourquoi faut-il tant de F-35?
La force aérienne belge doit pouvoir faire trois choses en parallèle :
• Surveiller l'espace aérien belge, et parfois du Benelux • Faire des missions occasionnelles à l'étranger, comme la surveillance de l'espace aérien des États baltes ou la lutte contre des groupes terroristes comme l'État islamique • Apporter son soutien à la dissuasion nucléaire, de jour comme de nuit
L’Otan estime que notre pays devrait disposer pour cela de 55 avions F-35, mais étant donné que certains seront utilisés pour la formation de pilotes ou seront à l’entretien notre pays devrait en fait en avoir 69.
21 avions supplémentaires n’est pas finançable
La Belgique a décidé en 2018 d’acheter 34 avions F-35 et devrait donc en commander actuellement 21 de plus pour arriver au total de 55 avions demandé par l’Otan. "Mais 21 avions supplémentaires n’est financièrement pas possible à l’heure actuelle", indiquait à VRT NWS une source proche du dossier.
La semaine dernière le gouvernement belge s’est accordé sur la manière de répartir les fonds supplémentaires qui seront alloués à la Défense pour parvenir à (l’ancienne) norme de l’Otan de dépenses à hauteur de 2% du produit intérieur brut. Il ne s’était pas contre pas encore mis d’accord sur le nombre de F-35 qui pourraient être commandés. Il s’agira donc finalement de 11 avions de combat, et pas 21.
"Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que ce gouvernement prenne déjà cette décision. Les lignes de production chez Lockheed Martin sont débordées pour les prochaines années. Les premiers F-35 supplémentaires ne seront pas livrés à la Belgique avant 2033, après la livraison des 34 premiers avions", précise encore la source proche du dossier. Les prochains gouvernements fédéraux pourraient donc éventuellement décider de commander davantage d’avions de combat au producteur américain.
Pourquoi des avions américains plutôt qu’européens?
La Belgique a décidé en 2018 de s’équiper d’avions de combat F-35 américains, qui seraient encore considérés actuellement comme techniquement plus avancés que les avions européens.
Les appareils européens ne sont en outre pas certifiés pour transporter des armes nucléaires américaines. L’utilisation conjointe de deux types d’avions de combat augmenterait le prix des opérations.
Deux nouveaux avions de combat sont actuellement en développement en Europe mais ne devraient être opérationnels que dans dix ans. Leur prix n’est pas encore connu. Acheter des avions européens ne semble donc pour l’instant pas être une option pour la Belgique.
