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Le parquet de Bruxelles ouvre une enquête pour blanchiment d'argent à l'encontre de la société de paiement Worldline

Moins de trois jours après les premières révélations de l'enquête journalistique "Dirty Payments", le parquet de Bruxelles a annoncé ce vendredi l'ouverture d'une enquête judiciaire pour blanchiment d'argent visant l'entité belge du groupe Worldline. La division belge aurait traité une grande partie des activités à risque dans le monde des rencontres, de la pornographie, des jeux d'argent et de la cryptographie.

Anne François Belga
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L'enquête journalistique, menée par les quotidiens belges Le Soir, De Standaard et 19 autres médias internationaux sous la coordination du réseau European Investigative Collaborations (EIC), affirme que la société française Worldline a permis le traitement de paiements électroniques pour des entreprises aux activités illégales présumées, sans respecter les obligations de vigilance contre le blanchiment d'argent.

Selon les journalistes, ces opérations concernent notamment des sites de streaming illégaux, des plateformes pour adultes et des services de jeux d'argent non agréés. L'enquête souligne que l'entité belge du groupe, basée à Bruxelles, a joué un rôle central dans la gestion, durant une décennie, de milliers de commerçants considérés à haut risque.

Elle aurait mis en place des pratiques visant à masquer les taux de fraude et aurait traité la majorité des transactions douteuses du groupe, dont celles de sites liés à la prostitution ou à des escroqueries en ligne. La Police judiciaire fédérale a été chargée du dossier.

Selon divers média, des informations internes montrent que l'autorité de contrôle, à savoir la Banque nationale de Belgique (photo), était au courant de graves violations de la réglementation anti-blanchiment chez Worldline. Selon les rapports, il a été constaté que Worldline employait moins d'employés que prévu pour assurer le respect des règles de lutte contre le blanchiment d'argent. À Bruxelles, ce nombre n'aurait été que de deux employés à temps plein, alors qu’il aurait dû y en avoir six.

Une partie du travail aurait en outre été externalisée vers la filiale polonaise de Worldline. Par ailleurs, la Banque nationale aurait constaté un retard dans le contrôle annuel, obligatoire pour les entreprises des secteurs à haut risque.

La Banque nationale de Belgique

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