Le ministère des Affaires étrangères a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour Budapest, capitale de la Hongrie, en raison de la Pride March (photo) prévue samedi. Il est conseillé aux participants de rester vigilants, peut-on lire sur le site web. "La participation à la Budapest Pride est la responsabilité de chaque participant". Le journaliste de VRT NWS, Bram Vandeputte, se trouve à Budapest et constate une atmosphère tendue à la veille de l'événement.
Des recommandations spécifiques des Affaires étrangères pour la Hongrie à l'occasion de la Budapest Pride
En mars dernier, le Premier ministre Viktor Orban a fait adopter au Parlement hongrois une loi interdisant les rassemblements qui feraient prétendument la promotion de "l'homosexualité et du changement de sexe" auprès des mineurs. Cette interdiction s'applique notamment à la Pride March de ce samedi. On ne sait donc pas dans quelles circonstances elle aura lieu. L’organisation compte sur plus de 35.000 participants, ce qui en ferait la plus grande Pride March depuis sa création dans les années 1990.
"Selon la loi hongroise, la participation à une manifestation interdite est en principe passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 200.000 forints hongrois (environ 500 euros). Les organisateurs risquent même une peine de prison. La loi hongroise autorise l'utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les participants", met en garde le site web du ministère des Affaires étrangères.
Ce dernier conseille donc aux participants de rester vigilants et de se tenir au courant de la situation via les médias et les réseaux sociaux de l'ambassade de Budapest. "En particulier, il est conseillé aux participants, dans l'intérêt de leur sécurité, de se tenir à distance d'éventuelles contre-manifestations et, en cas de troubles, de suivre les directives de la police locale."
Alors que le bourgmestre Gergely Karacsony, opposant d’Orban, soutient les manifestants, le Premier ministre a répété ce vendredi à la radio hongroise qu’il y aura "des conséquences juridiques" pour les participants.
Plusieurs députés belges présents à Budapest
Un groupe d'environ 60 eurodéputés ainsi que des parlementaires nationaux, dont plusieurs Belges, se rendent à Budapest pour cette Marche des fiertés dont l’interdiction a suscité une vague d'indignation en Europe.
Du côté belge, les socialistes Elio Di Rupo, Christie Morreale et Martin Casier feront le déplacement, tout comme l'eurodéputé et président des Engagés Yvan Verougstraete. Les écologistes Saskia Bricmont et Staf Aerts ont également confirmé leur participation, de même que Kathleen Van Brempt (Vooruit) et Hilde Vautmans (Open VLD), notamment. "Je ne peux pas accepter qu'au cœur même de l'Europe, la liberté de s'exprimer et le droit d'aimer qui l'on veut puissent être remis en question...", a déclaré Yvan Verougstraete.
"Cette marche n'aura lieu que grâce au courage de la société civile et de la municipalité de Budapest, qui a décidé de l'organiser elle-même", a salué Saskia Bricmont. "Il est de notre devoir d'être à leurs côtés et de continuer à exiger de la Commission européenne et des États membres qu'ils agissent plus sévèrement à l'égard du régime liberticide d'Orban." "Accorder un droit à quelqu'un n'enlève de droit à personne", a rappelé l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo.
La commissaire européenne à l'Égalité, la Belge Hadja Lahbib, doit rencontrer ce vendredi à Budapest le bourgmestre écologiste Gergely Karacsony, ainsi que différentes organisations de la société civile, indique son agenda public. Elle a également demandé à rencontrer le ministre hongrois de la Justice. Quant à sa participation à la Pride, samedi, elle sera évaluée sur le terrain, "compte tenu de la fluidité de la situation", a indiqué jeudi la porte-parole d’Hadja Lahbib.
