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Aru Cerro Paranal, le couple royal a découvert une série de télescopes belges

Le roi Philippe et la reine Mathilde visitent des télescopes belges au Chili, dont "le plus grand jamais construit"

Au pied du site de construction du Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO), dans le désert chilien d'Atacama à près de 3.000 mètres d'altitude, sont nichés quatre plus petits télescopes au nom évoquant la Belgique: Speculoos. Cet ensemble de télescopes robotiques de l'Université de Liège vise à détecter des planètes rocheuses autour des étoiles les plus froides de notre voisinage. Au-delà de la référence à la spécialité culinaire belge, Speculoos est en réalité l'acronyme pour "Search for Habitable Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars". Le couple royal belge poursuit sa visite d’Etat au Chili. Mercredi, la reine Mathilde a également rencontré le peuple indigène Mapuche, dans la commune de La Pintana, située au sud de Santiago. Accueillie par une danse rituelle, la Reine a également pu s'essayer au "palín", jeu traditionnel qui ressemble au hockey sur gazon.

Anne François Belga
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Les télescopes robotiques installés dans le désert d’Atacama, visités par le roi Philippe et la reine Mathilde mercredi sous un ciel finalement dégagé, sont programmés chaque nuit depuis Liège. Mesurant un mètre de diamètre, ils "observent chacun pendant 15 jours une étoile pour espérer voir une planète passer devant elle", explique l'astrophysicien Emmanuel Jehin, professeur à l'ULiège. Lorsqu'une planète passe devant une étoile, elle diminue sa luminosité, ce qui permet de la détecter. Les étoiles observées par l'équipe de Speculoos, dirigée par l'astronome liégeois Michaël Gillon, sont des naines rouges, 10 fois plus petites que le Soleil et 10 fois moins massives.

"Personne ne les regardait, car tout le monde était focalisé sur des étoiles comme le Soleil", explique Emmanuel Jehin. Or, ces étoiles étaient tellement grandes qu'il était plus ardu de détecter le passage d'une planète. "Quand vous avez une petite étoile, la planète de la même taille va en cacher une plus grande fraction. La baisse de la luminosité va donc être relativement plus forte. En observant de plus petites étoiles, on voit mieux les planètes qui passent devant", explique l'astrophysicien.

"Ce coup de génie de Michaël Gillon, qui a été le chercheur principal du projet, nous a permis en 2017 de découvrir Trappist-1, un système de sept planètes de type terrestre dont trois dans la zone habitable, c'est-à-dire que la température peut être telle que si ces planètes ont des atmosphères, il pourrait y avoir de l'eau liquide à leur surface", poursuit Emmanuel Jehin. "Parce que c'est la première chose qu'on veut trouver: des planètes de type terrestre, c'est-à-dire rocheuses, avec de l'eau liquide. Ça n'a pas encore été trouvé."

Au Cerro Paranal, l’astronome de l'Observatoire européen austral Carlos De Breuck expliquait aussi à VRT NWS : "Nous voulons savoir d’où vent la vie, comment l’univers s’est formé et les étoiles se forment. L’humanité se pose ces questions depuis plus de 2.000 ans, mais nous voulons en trouver les réponses".

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Le projet Speculoos

Le télescope infrarouge James Webb de la Nasa observe notamment intensivement ce système Trappist-1. Deux ne semblent pas avoir d'atmosphères mais "les plus intéressantes sont les trois dans la zone habitable", souligne Emmanuel Jehin. Ce système Trappist a été découvert grâce à des télescopes installés à La Silla, l'autre observatoire de l'ESO situé également dans le désert d'Atacama. Cette découverte a permis d'obtenir des fonds pour construire le système Speculoos, en place depuis cinq ans et qui a découvert deux autres systèmes planétaires.

Le projet de Speculoos, mené par l'ULiège avec les universités de Cambridge, Birmingham, Zurich, Bern et le MIT, comprend au total six télescopes: quatre à Cerro Paranal, un à Tenerife et un au Mexique. Un septième est en cours de construction à Tenerife. "On en veut beaucoup car on a 1.000 étoiles à observer dans l'hémisphère nord et 1.000 dans l'hémisphère sud", explique Emmanuel Jehin. Ce projet devrait prendre 10 ans au total.

TRAPPIST-1 est une naine rouge ultra-froide, un peu plus grande mais beaucoup plus massive que la planète Jupiter, et beaucoup plus froide que le Soleil.

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