Les États membres de l'Otan s'engagent à consacrer 5% de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de défense d'ici 2035. C’est ce qui ressort de la déclaration finale publiée à l'issue d'une réunion ce mercredi au sommet de La Haye. Lors de la réunion des chefs d'État de l'Alliance, Bart De Wever s'est adressé directement au président américain Donald Trump. "Je lui ai dit: 'permettez-nous de faire nos investissements à notre rythme, comme un État souverain'", a raconté le Premier ministre belge à la presse, à l'issue du sommet.
Les pays de l'Otan s'engagent à consacrer 5% de leur PIB aux dépenses de défense, "à notre rythme" précise De Wever
La proposition du Secrétaire général de l'Alliance, le Néerlandais Mark Rutte, de scinder ces 5% en deux piliers a été retenue. Concrètement, les 32 États membres s'engagent à consacrer 3,5% de leur PIB en dépenses de défense pures et 1,5% pour leurs infrastructures critiques et la protection de leurs réseaux de communication notamment. Victoire diplomatique pour plusieurs pays, dont la Belgique : les dépenses consacrées au soutien militaire et industriel à l'Ukraine pourront être comptabilisées comme contribution aux 5%.
Une évaluation intermédiaire est prévue pour tous les pays en 2029. Mardi, in extremis avant le départ de Bart De Wever et du ministre de la Défense Theo Francken pour le sommet, un accord avait été conclu sur une vision stratégique pour la Défense belge reposant sur 2% du PIB consacré à la défense jusqu'en 2033 et 2,5% en 2034.
Pour souscrire pleinement à l'engagement pris à La Haye, une augmentation d'investissement importante sera donc nécessaire entre 2034 et 2035.
"Faire les choses à notre rythme, souverainement"
Lors de la réunion des chefs d'État de l'Alliance ce mercredi, Bart De Wever s'est adressé directement au président américain Donald Trump. "Je lui ai dit: 'Permettez-nous de faire nos investissements à notre rythme, comme un État souverain'", a raconté le Premier ministre à la presse, à l'issue du sommet.
Interrogé sur l'accueil reçu par la délégation belge au sommet de l'Otan, le Premier ministre a dit avoir reçu "beaucoup de félicitations" pour la vision stratégique dévoilée mardi. Celle-ci mentionne des investissements d'un montant total de 34,2 milliards d'euros, dont 27 milliards pour de nouveaux investissements, d'ici à 2034. "Cela renforce notre crédibilité et nous permet de commencer notre marathon vers les 3,5%."
Un marathon dont l'issue reste encore totalement incertaine, de l'aveu même de Bart De Wever. En effet, le gouvernement s'est mis d'accord mardi sur un investissement de 2% du PIB pour la Défense jusqu'en 2033 et 2,5% en 2034. Il paraît donc difficile d'atteindre les 3,5% de dépenses pures pour la défense d'ici 2035.
Sans surprise, la position atypique de l'Espagne, qui dit ne pas pouvoir s'engager sur la voie des 3,5%, a été largement abordée. Le Premier ministre précise que l'accord conclu sur les dépenses engage tous les alliés sans exception. Mais la subtilité repose dans le fait que l'Espagne prétend pouvoir remplir les objectifs fixés par l'Otan (capability targets) sans aller jusqu'aux fameux 3,5%. "C'est une interprétation que tout le monde peut suivre et si c'est possible pour la Belgique, naturellement nous allons essayer. Mais quand l'Otan fait ce genre d'estimation, ce ne sont pas des imbéciles, et ils ont probablement raison."
