Le tribunal correctionnel de Gand (Flandre orientale) a condamné ce mercredi les gérants de l'hôtel de rendez-vous gantois Ptitamie à des peines allant jusqu'à deux ans de prison avec sursis. La justice a estimé qu'ils avaient incité de jeunes filles mineures à se prostituer. La plus jeune victime avait 13 ans. Les gérants savaient que les adolescentes étaient mineures mais n’ont jamais posé de questions. Selon le tribunal, les prévenus ont "tiré profit de la vulnérabilité de mineures en pratiquant une politique de l'autruche".
Les gérants d'un hôtel de rendez-vous à Gand condamnés pour avoir facilité la prostitution adolescente
L'hôtel Ptitamie était connu "depuis des années par la police pour la location de chambres à des prostituées", a indiqué le tribunal. Cependant, les enquêteurs de la police judiciaire de Gand ont reçu, au cours de l'année 2021, un nombre croissant de signalements faisant état de la présence de mineures connues pour des disparitions, de la prostitution adolescente et des faits liés à la drogue.
Divers interrogatoires ont confirmé que des filles mineures se prostituaient dans l'établissement. D'autres jeunes ont déclaré pouvoir réserver une chambre sans aucun contrôle de l'âge. Certaines jeunes filles vulnérables travaillaient pour des proxénètes adolescents. Des personnes interrogées ont également rapporté que la consommation de drogues y était fréquente. Le parquet a ouvert une enquête judiciaire le 29 décembre 2021.
Les gérants étaient au courant
Les gérants ont reconnu être "assez laxistes" dans le contrôle de l'identité et de l'âge de leurs clients. "Les exploitants connaissaient ces pratiques et les ont toujours tolérées. Elles ont également été cautionnées par la police, ce qui correspond à la volonté du législateur de dépénaliser le proxénétisme, uniquement s'il est pratiqué correctement."
Les prévenus ont été dispensés de poursuites pour les faits de prostitution impliquant des personnes majeures. L'exploitant a été condamné à une peine de deux ans de prison avec sursis et à une amende de 32.000 euros, dont 16.000 avec sursis. Sa mère, également gérante, a écopé d'une peine de 12 mois de prison avec sursis et d'une amende de 8.000 euros, dont 4.000 avec sursis.
Des condamnations pour possession de drogue ont également été prononcées. Toutes les parties impliquées doivent payer au total près de 300.000 euros d'amende. Le juge a également prononcé la confiscation de plus d'un million d'euros.
Entretemps, l'hôtel a disparu et a été remplacé par des chambres d'étudiants.
