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Le ministre de la Défense Theo Francken (à g.) et le Premier ministre Bart De Wever
Belgique
Defensie

Le gouvernement fédéral s'accorde sur une vision stratégique pour la défense, juste à temps pour le sommet de l'Otan

Le Premier ministre Bart De Wever et le ministre de la Défense Theo Francken peuvent se rendre au sommet de l’Otan, qui se tient ces mardi et mercredi à La Haye aux Pays-Bas, avec un plan de défense concret sous le bras. Un accord est en effet intervenu ce mardi au sein du gouvernement fédéral sur la vision stratégique en matière de défense. La coalition Arizona a finalement convenu de maintenir à 2% du PIB la proportion des dépenses militaires, et ce jusqu'en 2033 inclus. Les 5% du PIB en dépenses pour la défense, réclamés par le président américain Trump et dont il doit être question à La Haye, ne pourront donc certainement pas être atteints avant 2035, comme le suggérait déjà Theo Francken dans un message sur X publié ce mardi. Aucun accord n'est cependant encore intervenu au gouvernement sur l'acquisition d'avions F-35 supplémentaires.

Anne François Belga
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"Belgium is back" après avoir été le "vilain petit canard" de l'Otan, déclarait le ministre de la Défense Francken dans un message publié sur X ce mardi matin, alors qu’il prendra part avec le Premier ministre Bart de Wever au sommet de l'Organisation atlantique qui se déroule ces mardi et mercredi à La Haye. Dans son long message, le ministre revenait sur le contexte géopolitique tendu qui justifie, selon lui, une augmentation accrue des dépenses en matière de défense. Les discussions vont bon train depuis des semaines dans les ministères afin de répondre à une question essentielle: où trouver l'argent nécessaire pour atteindre le nouveau seuil des 5% du produit intérieur brut (PIB) pour les dépenses de défense? Réclamé par le président américain Donald Trump, cet objectif ambitieux pose problème à la Belgique qui n'atteindra que cette année les 2% consentis en 2014.

Theo Francken, qui avait déjà réclamé de la flexibilité, reprécisait le deal qui se profile à La Haye. Les alliés vont s'engager à consacrer 3,5% de leur PIB à des dépenses de défense pures et 1,5% pour des défenses liées à l'infrastructure, la sécurité intérieure et la cybersécurité, notamment. Alors qu'aucun délai n'a été officiellement convenu, le ministre de la Défense précisait: "Nous ne devons pas atteindre ce seuil aujourd'hui ou demain mais vers 2035." Une façon de laisser le temps à l'industrie de la Défense de suivre le rythme.

"À cela s'ajoute une contrainte supplémentaire : il faut trouver les recrues nécessaires, ce qui n'est pas chose aisée sur le marché du travail tendu de l'Union européenne." "La Belgique va montrer qu'elle est un partenaire fiable et solidaire. C'est pour moi une question de respect envers notre pays mais aussi de bon sens", écrivait encore Francken.

Que prévoit l’accord fédéral sur la Défense ?

Le gouvernement fédéral a conclu un accord de défense ce mardi midi avec 30 milliards d’euros d’investissements à la clef pour moderniser et renforcer notre armée. C’est ce qu’indiquait à VRT NWS une source proche du dossier. Parmi les décisions importantes figurent aussi l’achat d’une troisième frégate, un système de défense anti-aérienne multicouche (courte, moyenne et longue portée), 1.000 véhicules de combat, 1.000 véhicules logistiques et des munitions supplémentaires. Des ressources accrues seront également disponibles pour l’entrainement et les opérations.

Un accord de principe a aussi été pris pour l’achat éventuel de 10 à 15 avions de combat F-35 supplémentaires - pour un budget de 1,5 milliard d’euros -, dépendant de l’introduction de la taxe sur la plus-value. Cet achat n’a pas encore été repris dans l’accord sur la stratégie de défense. Des investissements supplémentaires iront aussi à la cybersécurité, à des drones et des capacités anti-drones.

Accord sur les matières premières pour l'armement

La Belgique signera en outre ce mardi à La Haye un accord de coopération avec l'Otan sur les matières premières dites "critique", qui sont essentielles pour les systèmes d'armement et les munitions, a annoncé le cabinet du ministre de la Défense. Avec cet accord, les alliés visent à mener des recherches conjointes sur les techniques d'extraction et de recyclage, à atteindre l'autonomie stratégique et à gérer ensemble les risques liés aux stocks stratégiques.

"À la fin de l'année dernière, l'Otan a publié une liste de 12 matières premières rares essentielles à l'économie moderne et à l'industrie de la défense. Il s'agit notamment du lithium, du cobalt, du silicium, du néodyme et d'autres métaux rares, qui sont indispensables à la production de batteries, de systèmes de communication, de radars, de drones et de systèmes d'armement avancés", expliquait Theo Francken. "À l'échelle mondiale, les superpuissances se livrent à une course à l'approvisionnement, la Chine étant actuellement en tête. Une réponse commune de l'Otan à ce problème a été trouvée juste à temps."

Plus précisément, avec cet accord, l'Otan aspire à surveiller et à sécuriser conjointement les chaînes d'approvisionnement et les stocks de matières premières essentielles. Des projets de coopération seront rédigés pour établir des capacités de raffinage et des projets de recyclage, les alliés collaborant avec des banques, des universités et l'industrie. Une gestion commune des risques sera mise en place par le biais de stockages stratégiques. Des plans d'urgence seront élaborés pour faire face aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement en cas de conflit.

Cet accord présente en outre un intérêt économique pour la Belgique, le ministre de la Défense soulignant notamment le rôle de l'entreprise Umicore, active dans le recyclage de métaux critiques comme le cobalt, le nickel et les terres rares.

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