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Freddy Horion, condamné à la perpétuité en 1980, obtient pour la première fois une permission de sortie

Le tribunal de l'application des peines de Gand a accordé pour la première fois une permission de sortie à Freddy Horion, condamné à la perpétuité en 1980 pour 6 homicides. Cette autorisation est liée à "la recherche d'une prise en charge dans un centre spécialisé" et soumise à de "strictes conditions". Freddy Horion avait également sollicité une mise en libération conditionnelle sous surveillance électronique, mais sa demande sera traitée le 14 août. Une décision qualifiée de "dangereuse" pour les proches des victimes.

Eric Steffens Belga
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Le 23 juin 1979, Freddy Horion, avec son comparse Roland Feneulle, avait tué cinq membres d'une même famille à Mont-Saint-Amand, une section de la ville de Gand. Il avait été condamné en 1980 à la perpétuité pour ce quintuple homicide. Il avait également été reconnu coupable de l'assassinat d'une commerçante polonaise en 1979.

Âgé de 77 ans, l'homme tente en vain depuis des années d'obtenir une libération. Début 2018, un collège d'experts avait établi qu'un séjour prolongé en prison n'était plus adapté au condamné, mais qu'un retour précipité au sein de la société n'était pas recommandé.

Cette décision avait été prise compte tenu de la personnalité de l'individu, de la gravité des faits commis et de sa réclusion à perpétuité, selon le tribunal de l'application des peines. "Le collège a ordonné une solution intermédiaire comme transition vers la société, à savoir un séjour en unité psychiatrique légale. En pratique toutefois, cette proposition ne peut être réalisée car les institutions de ce type sont exclusivement réservées à des personnes à interner."

Une demande d’euthanasie

Récemment, le septuagénaire avait demandé à se faire euthanasier en raison de "souffrances psychologiques insupportables".

L'avocat de Freddy Horion avait lancé une procédure contre l'État belge auprès de la cour d'appel d'Anvers et de la Cour européenne des droits de l'Homme. En mai 2023, cette dernière a estimé que l'État belge violait le droit du détenu en ne lui offrant aucune perspective de libération. La cour d'appel d'Anvers a confirmé ce jugement quelques mois plus tard, obligeant l'État à transférer le détenu dans une institution psychiatrique. La Belgique avait décidé de se pourvoir en cassation contre cette décision de justice. La procédure est encore pendante.

Le 23 décembre 2024, Freddy Horion a introduit une nouvelle requête de libération sous surveillance électronique, qui a été traitée au cours d'audiences à la prison de Beveren les 27 mai et le 10 juin derniers.

Une permission de sortie à des conditions très strictes

Le tribunal de l'application des peines s'est prononcé mais reste d'avis qu'"une prise en charge à résidence est nécessaire comme étape intermédiaire et qu'un plan ambulatoire n'est donc provisoirement pas le mieux adapté. Le condamné doit, en concertation avec le service psycho-social, rechercher une institution à demeure, mais pas de type légal. Cette institution doit se trouver en dehors des provinces de Flandres orientale et occidentale.

L'accompagnement doit être axé sur la problématique de personnalité du condamné et doit lui apprendre à gérer les relations interpersonnelles qui dans le monde extérieur ne sont pas structurées de la même manière qu'en milieu pénitentiaire."

Le tribunal a donc octroyé une permission de sortie, mais uniquement dans l'optique d'une prise en charge dans un centre spécialisé. Parmi les dix conditions associées à cette décision, il est stipulé que les permissions ne peuvent être accordées que pour mettre en place un traitement à résidence et cela doit se faire en compagnie de son avocat.  

Une "décision dangereuse", pour les proches des victimes

Une demande qui est complètement orchestrée, selon Johan Steyaert, le frère de Roland Steyaert qui avait été assassiné par Freddy Horion en 1979 ainsi que sa femme, leurs deux filles et le fiancé de l'une d'elles.

Pour lui, l'octroi de cette permission est une "décision dangereuse". "Horion reste qui il est. Il n'a jamais affiché le moindre remords ni le moindre signe de compassion. Il est inconcevable qu'il puisse sortir de prison, même pour chercher une institution."

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