Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a appelé dimanche à la retenue les parties impliquées dans le conflit opposant l'Iran à Israël et les presse de revenir à la table des négociations. Alors que les deux pays du Moyen-Orient sont en guerre depuis plus d’une semaine, les Etats-Unis se sont mêlés au conflit dans la nuit de samedi à dimanche en bombardant des sites nucléaires iraniens.
Maxime Prévot appelle les parties impliquées dans le conflit entre Israël et l'Iran à reprendre des négociations
Le chef de la diplomatie belge n'a pas directement fait allusion à l'immixtion des Américains dans le conflit. "J'appelle une nouvelle fois à un maximum de retenue", écrivait-il sur X dimanche. "L'Union européenne a un rôle à jouer dans la recherche d'une solution", a ajouté Maxime Prévot, précisant qu'il évoquerait la situation ce lundi au cours d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. "Le régime théocratique des mollahs d'Iran ne peut être autorisé à mettre au point une arme nucléaire, ce qui représenterait une menace pour la sécurité internationale."
Maxime Prévot a insisté sur la nécessité de prévenir toute nouvelle escalade du conflit qui nuirait aux efforts menés sur le plan diplomatique, visant à maintenir une paix nucléaire à long terme. La Belgique soutient le travail de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur ce point, a souligné Prévot.
Dans une interview accordée à VRT NWS, le ministre des Affaires étrangères a indiqué qu’il était important d’assurer la stabilité au Moyen-Orient, afin que cette région ne s’enflamme pas totalement. "La Belgique espère donc une désescalade et le retour de la diplomatie".
Diependaele "ne sait pas si c'est la bonne méthode pour se débarrasser du régime"
Interrogé sur le plateau de l’émission "De Zevende Dag" (VRT), le ministre-président flamand Matthias Diependaele a indiqué dimanche "ne pas savoir" si les bombardements israéliens et américains sur l'Iran étaient bien "la bonne méthode pour se débarrasser du régime iranien".
Ce conflit a "un impact sur tout, avec des citoyens innocents qui sont pris dans l'engrenage, ce que personne ne veut, mais aussi des équilibres internationaux qui bougent et des conséquences économiques", estime Matthias Diependaele. Personne ne souhaite que le régime iranien puisse développer des armes nucléaires, mais "est-ce la bonne manière de se débarrasser du régime? Je ne sais pas". Ce qui est certain, en revanche, c'est que l'Europe doit se rendre compte "qu'il est indispensable qu'elle prenne sa propre sécurité en mains".
L’opposition critique les Etats-Unis
De son côté, le président du Parti socialiste, Paul Magnette, a mentionné clairement les frappes américaines, qui selon lui "s'inscrivent dans un engrenage dangereux, celui de l'escalade guerrière dans une région violemment marquée par des conflits meurtriers". "Condamner ces actions, c'est défendre le droit international et la paix, le seul chemin possible pour le monde entier", écrivait-il sur le réseau social. Il appelle également l'Europe à agir.
Le coprésident d'Ecolo, Samuel Cogolati, dénonçait aussi l'intervention des USA dans cette guerre. "En bombardant l'Iran, Trump rejoint Netanyahu dans une escalade d'une folie totale. Des pyromanes. Des cavaliers de l'apocalypseait, publiait-il sur Bluesky.
Le président du PTB Raoul Hedebouw ajoute qu'en bombardant l'Iran, les Etats-Unis "violent le droit international et aggravent encore la guerre". "Qu'attendent les pays européens pour condamner cet acte criminel, et cesser de suivre aveuglément Trump?", s'interrogait-il. "Les Etats-Unis utilisent les mêmes mots qu'en 2003 contre l'Irak", met en garde le président du parti communiste. En attendant, "l'hypocrisie atteint des sommets", accusait-il, rappelant qu'Israël, lui-même puissance nucléaire, n'a jamais au contraire de l'Iran souscrit au Traité de non-prolifération des armes nucléaires.
Les diplomates contactent les Belges en Iran
Une "grosse centaine de Belges" seraient présents en Iran actuellement, indiquait encore dimanche le ministre Maxime Prévot au micro de VRT NWS. "L'écrasante majorité d'entre eux" a la double nationalité, belge et iranienne. Nos diplomates ont commencé à prendre contact avec chacun d'entre eux, et pu joindre un tiers de ces Belges. La moitié des personnes contactées jusqu'à présent sont déjà parties d’Iran, l'autre moitié préfère rester pour des questions familiales ou professionnelles".
Selon le ministre, la Belgique reste "à disposition" avec ses diplomates pour faciliter le départ de ceux qui veulent quitter l'Iran, via les frontières avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. "Nous mettons à jour notre site internet avec tous les conseils de sécurité. J'invite chaque Belge à s'enregistrer (sur Travellers Online) pour faire connaître sa présence dans le pays", concluait le ministre Prévot.

