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Le couple royal effectue une visite d'État au Chili écourtée de 24 heures

Le roi Philippe et la reine Mathilde s'envolent pour le Chili ce lundi pour une visite d'État quelque peu chamboulée. Le couple royal devait normalement rejoindre le pays d'Amérique latine dimanche mais le vol a été reporté de 24 heures en raison d'un problème technique au niveau de l'avion gouvernemental prévu pour effectuer le voyage. Il s’agit d'une première visite d'État belge en Amérique latine depuis 60 ans. Au programme de cette visite : mise en lumière des Chiliens exilés en Belgique après le coup d'État de Pinochet en 1973, collaboration économique et recherche spatiale.

Eric Steffens Belga
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Les liens entre la Belgique et le Chili

Ce report bouleverse quelque peu le programme officiel et écourte d'une journée la visite d'État, la première en Amérique latine depuis 60 ans, le retour restant maintenu à vendredi.

Sujet phare de cette visite, la rencontre avec des Chiliens ayant trouvé refuge auprès de l'ambassade de Belgique à Santiago après le coup d'État du général Augusto Pinochet en 1973. Ce jour-là, 106 personnes poursuivies par la junte militaire avaient trouvé refuge dans la résidence de l'ambassadeur belge au Chili. Au départ improvisé, cet accueil avait été ensuite soutenu par le gouvernement belge. Ces réfugiés ont dès lors pu quitter le pays en sécurité. Au fil des ans, la dictature militaire ayant prévalu jusqu'en 1990, la Belgique a accueilli quelque 5.000 Chiliens fuyant le régime de Pinochet. Cette rencontre entre le Roi et des Chiliens prévue initialement lundi a été reportée à mardi .

Pendant ce temps, la Reine ira visiter l'institution Coaniquem, qui prend en charge gratuitement des enfants brûlés, comme c'était prévu initialement.

L'échange avec la communauté indigène Mapuche, dans la commune de La Pintana, située au sud de Santiago, est, lui, déplacé au mardi après-midi. Seule la Reine sera de la partie tandis que le Roi rencontrera pendant ce temps les présidents de la Chambre et du Sénat chiliens.

Le président chilien Salvador Allende en 1973

La dernière visite d'État de souverains belges en Amérique latine remonte à 1965 lorsque le roi Baudouin et la reine Fabiola avaient parcouru quatre pays du continent - Mexique, Chili, Argentine et Brésil - durant un mois. Le Chili n'est cependant pas une terre inconnue pour le Roi, qui y a mené des missions princières, avant d'accéder au trône, en 2002 et 2011.

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    La visite d'Etat du roi Boudouin et de la reine Fabiola en 1965

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    La visite d'Etat du roi Boudouin et de la reine Fabiola en 1965

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    Le roi Baudouin et la reine Fabiola assiste à un spectacle de danse

La plus grande raffinerie de lithium au monde

Les liens économiques seront également abordés, alors que la Belgique a exporté, en 2024, des marchandises à hauteur de 645 millions d'euros vers le Chili et a importé quelque 380 millions d'euros de marchandises chiliennes. 

Jeudi, le Roi et la Reine visiteront la plus grande raffinerie de lithium au monde, celle de SQM à Antofagasta. La Belgique et particulièrement le port d'Anvers constituent un point d'entrée clé vers l'Europe pour SQM, alors que le lithium, surnommé le "pétrole du 21e siècle", est essentiel pour la fabrication des batteries des voitures électriques, mais aussi des téléphones portables et autres appareils électroniques.

L'entreprise chilienne est également associée avec la société limbourgeoise Veldman, qui lui a construit un entrepôt de stockage.

La raffinerie de lithium à Antofagasta

Observation astronomique

Rien ne change quant au point d'orgue du voyage : mercredi, le couple royal se rendra bien aux sites d'observation astronomique de l'Observatoire Européen Austral (ESO), organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe, cofondée par la Belgique.

À plus de 3.000 mètres d'altitude, dans le désert d'Atacama, les souverains se rendront ainsi à l'observatoire de Paranal, qui accueille le Very Large Telescope (VLT), constitué de quatre télescopes pourvus chacun d'un miroir de 8,2 mètres de diamètre et opérationnel depuis 1999.

Le couple royal visitera également le site où l'E-ELT (European Extremely Large Telescope) est en train d'être construit. Ce télescope, qui devrait être le "plus grand œil sur le ciel" selon l'ESO, disposera d'un miroir atteignant 39 mètres de diamètre.

Le Roi et la Reine passeront également par le site Speculoos de l'Université de Liège. Ce projet utilise un réseau de six télescopes robotiques (dont quatre à Paranal) pour rechercher des planètes rocheuses autour des étoiles les plus froides de notre voisinage.  

Annick De Ridder remplace le ministre président flamand Matthias Diependaele

Outre une vingtaine d'entreprises et une dizaine de représentants académiques, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés), la ministre de la Politique scientifique Vanessa Matz (Les Engagés), le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), le ministre-président wallon Adrien Dolimont (MR), la ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles Elisabeth Degryse (Les Engagés) et la ministre flamande de la Mobilité, des Travaux publics, des Ports et des Sports Annick De Ridder (N-VA) font également partie du voyage.

Annick De Ridder

Annick De Ridder remplace aussi le ministre président flamand Matthias Diependaele. "Dans ma fonction précédente d’échevine du port d’Anvers, j’ai aussi effectué des missions à l’étranger", déclare la ministre De Ridder. "L’importance de ces missions ne doit pas être sous-estimée, notamment en ce qui concerne les investissements réciproques."

"L’an dernier, la Flandre a exporté pour 577 millions d’euros vers le Chili", précise la ministre. "Le port d’Anvers-Bruges a également signé un memorandum d'entente avec le ministère chilien de l’Énergie.

De nombreuses entreprises flamandes voient d’ailleurs le Chili comme une porte d’entrée vers l’Amérique du Sud." 

Annick De Ridder est ministre flamande notamment en charge des Ports, un secteur très présent lors de cette visite d’État. "Cette visite met l’accent sur les technologies climatiques, un domaine dans lequel le Chili veut jouer un rôle de premier plan en tant que producteur d’hydrogène vert bon marché.

La Flandre y joue aussi un rôle croissant, en particulier dans les domaines de l’infrastructure portuaire, de la logistique énergétique internationale et de la transition énergétique." 

Enfin, les ressources du sous-sol chilien sont aussi au cœur de cette relation économique : "Les deux principaux investisseurs chiliens en Flandre sont le producteur de lithium SQM et le producteur de molybdène Molymet-Molynor", explique encore annick De Ridder. "Ces deux entreprises sont également actives dans le port d’Anvers."

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