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Un cœur de lumière visible chaque solstice d’été sur une sépulture au cimetière de Laeken

Au cimetière de Laeken, un cœur apparaît chaque année vers midi autour du 21 juin sur le mur d’une sépulture. Cela se produit grâce à un subtil jeu d’architecture solaire. Un hommage romantique devenu rendez-vous annuel pour les passionnés d’art, de symbolisme et d’amour éternel.

Eric Steffens
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Le cimetière de Laeken, le plus ancien de la Région bruxelloise, abrite les tombes d’hommes politiques éminents, entrepreneurs, philanthropes et artistes. L’un d’eux y a fait ériger un monument en hommage à l’amour qu’il portait à son épouse.

Chaque année, le jour du solstice d’été le 21 juin, la lumière du soleil pénètre directement par l’ouverture circulaire du toit et dessine, sur l’angle d’un mur intérieur hexagonal, un cœur de lumière. Une statue de femme en deuil tend le bras vers cette apparition fragile et symbolique.  

Un cœur de lumière en hommage à l’amour éternel

Le phénomène magique se produit sur la tombe de Léonce Evrard et de son épouse Louise Flignot, un couple français qui vivait à Laeken. Louise s’est éteinte en 1916, suivie par son mari en 1919. La tombe date de 1920 : Léonce n’a donc jamais vu son propre monument. Le mystère demeure entier : a-t-il eu connaissance des plans de cette sépulture si particulière ?

Un rendez-vous solaire chargé d’émotion

Chaque année, le petit cœur lumineux attire de nombreux visiteurs au cimetière de Laeken. Annemie, une habituée, ne s’en lasse pas : "J’habite tout près et j’adore venir ici admirer ce moment. C’est si beau, cette déclaration d’amour à son épouse. Heureusement, le soleil est de la partie aujourd’hui."

Jan, lui aussi originaire de Laeken, est touché par la symbolique du lieu : "C’est en fait un cadran solaire très particulier, le plus beau que je connaisse. Il faut être là à l’heure exacte, sinon on le rate."

Le cimetière de Laeken, un musée à ciel ouvert de la mémoire bruxelloise

Lieu de recueillement mais aussi de patrimoine funéraire, le cimetière de Laeken est sans doute le plus emblématique de la capitale. Surnommé "le Père-Lachaise bruxellois", il abrite une impressionnante galerie de sculptures funéraires, véritables témoignages d’art et d’histoire.

Parmi les monuments les plus remarquables, on trouve une copie authentique en bronze du célèbre "Penseur" d’Auguste Rodin, qui trône sur le tombeau de l’industriel Josef Dillen. Cette œuvre renforce l’atmosphère méditative du lieu, symbolisant l’introspection face à la mort.

Autre incontournable : la galerie funéraire, unique en Belgique. Ce réseau de galeries couvertes en forme de U longe le mur du cimetière. Ces allées souterraines abritent les tombeaux de nombreuses familles bourgeoises et aristocratiques du XIXe siècle, dans un décor typique de la fin du siècle.

Le cimetière accueille également la sépulture d’Édouard Agneessens, peintre belge du XIXe siècle, surmontée d’un buste réaliste. On peut aussi citer le monument à Maria Malibran, célèbre cantatrice d’origine espagnole morte à 28 ans. Son tombeau est orné d’une statue à son effigie réalisée par le sculpteur Gérome Duquesnoy.

La tombe d’Émile Bockstael, ancien bourgmestre de Laeken et député, se distingue par un médaillon sculpté et une colonne imposante. On y trouve aussi la sépulture de Fernand Khnopff, grand peintre symboliste belge connu pour ses œuvres énigmatiques et raffinées mais aussi les tombes des célèbres architectes Alphonse Balat et Joseph Poelaert.

Avec ses galeries souterraines, ses sculptures Art nouveau et ses sépultures de personnalités politiques, le cimetière de Laeken est bien plus qu’un simple lieu de repos : c’est une promenade à travers le patrimoine et la mémoire collective de Bruxelles.

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