Aller au contenu principal
Une fresque à l'effigie de Fabian, ce jeune garçon de 11 ans mortellement fauché par une voiture de police à Ganshoren.
nws médiatrice

Pourquoi la VRT mentionne-t-elle la nationalité ou l'origine ethnique des personnes dans ses articles et reportages ?

L’ombudsman de la VRT reçoit ces dernières semaines de nombreuses questions concernant la mention de la nationalité ou de l’origine ethnique des suspects et des victimes dans ses reportages et ses articles. Quand la rédaction de VRT NWS choisit-elle de fournir cette information, et quand décide-t-elle de ne pas le faire ? La réponse de la médiatrice de la radio-télévision publique flamande.

Eric Steffens Judit Verstraete
Publié:

Le principe de base est que, pour la rédaction de VRT NWS, l’origine ethnique est un élément descriptif parmi d’autres, comme l’âge ou le lieu de résidence. L’origine d’une personne ne doit pas être mise en avant, mais elle ne doit pas non plus être occultée à tout prix. Pour la rédaction, mentionner l’origine ethnique ou culturelle d’une personne reflète simplement la diversité de notre société.

La recommandation est donc de nommer les choses aussi concrètement que possible, justement pour éviter les généralisations.

Ainsi, la rédaction peut indiquer que Jidel, le garçon de 9 ans décédé après avoir été percuté par une voiture de police à Anvers, était juif. De la même manière, elle peut préciser que Fabian, le jeune garçon de 11 ans mort écrasé par un véhicule de police lors d’une course poursuite dans un parc de Ganshoren, était d’origine moldave.

Ce n'est pas une information cruciale

Certaines personnes qui nous écrivent estiment que l’origine ethnique ne devrait être mentionnée que si elle est cruciale, par exemple lorsqu’il s’agit de violences racistes ou de discrimination. Dans ce cas, il est en effet essentiel que la rédaction le mentionne.

Mais même lorsqu’il ne s’agit pas d’une information essentielle, elle peut néanmoins être incluse.

Ainsi, dans la description du suspect de la fusillade ayant visé une élue démocrate et son mari dans l’État du Minnesota (États-Unis), il a été question d’un "homme blanc". Cela peut sembler superflu pour certains, mais la rédaction est autorisée à le mentionner.

La rédaction ne peut publier l’information qu’une fois vérifiée

A l’inverse certaines personnes accusent la rédaction de dissimuler des informations lorsque l’origine ethnique d’un suspect n’est pas mentionnée. Ainsi, sur les réseaux sociaux, de nombreuses spéculations ont circulé au sujet de l’origine de l’homme soupçonné d’un meurtre au couteau sur un bus De Lijn à Anvers. La rédaction a indiqué qu’il était d’origine géorgienne, mais n’a pu le faire que lorsque l’information a été vérifiée.

Parfois, l’information n’est pas disponible ou ne peut pas être confirmée. Dans ce cas, la rédaction ne peut pas la communiquer.

Rappelons, à ce propos, qu’en 2006 lors du meurtre de Jo Van Holsbeek à la Gare centrale à Bruxelles, les premiers témoignages recueillis avaient désigné les agresseurs comme des hommes jeunes de type méditerranéen. Ces éléments relayés par certains médias furent interprétés comme désignant la communauté maghrébine. Il est en définitive apparu que les deux suspects étaient des adolescents venus de Pologne, faisant partie d'une communauté tzigane. Mais cette information n'a été divulguée que beaucoup plus tard.

Et les Flamands ?

Et qu’en est-il lorsqu’il s’agit de Flamands de souche victime ou auteur ? En principe, la rédaction peut aussi le mentionner clairement, même si cela n’est pas toujours fait de manière explicite.

Dans ces cas-là, on privilégie souvent d’autres éléments pour décrire la personne, comme son lieu de résidence. Par exemple, la rédaction a récemment écrit qu’un habitant de Flandre-Occidentale avait été condamné à trois ans de prison avec sursis pour avoir harcelé une jeune fille dans un train.

Mais même ce type de description peut ne pas convenir à certains lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs.

Pas de stigmatisation

Selon le Code du Conseil de déontologie journalistique, les journalistes ne peuvent pas inciter à la discrimination ni au racisme. Il est donc strictement interdit de généraliser ou de faire des déclarations à propos d’une communauté entière sur la base des actes d’un individu. La rédaction de VRT NWS veille à ce que la formulation de ses articles ne soit pas stigmatisante.

Perception du public

Il est pourtant inévitable que certaines personnes tirent leurs propres conclusions à partir des articles. Pour certains, la rédaction viserait certains groupes à travers ses reportages ; pour d’autres, elle ferait preuve de complaisance à leur égard.

La rédaction ne fait ni l’un ni l’autre : sa mission est de relater les faits de manière la plus objective possible et d’informer le public.

Ce dernier a en effet le droit d’être informé de la manière la plus complète possible.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5