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L'entreprise Steelanol dans le port de Gand (Flandre orientale)

ArcelorMittal menace de fermer Steelanol à Gand, mise à mal par la réglementation européenne

Le géant de l'acier ArcelorMittal envisage de fermer son usine Steelanol à Gand (Flandre orientale), qui convertit le CO2 des gaz de hauts fourneaux en éthanol. L’usine est un exemple important pour les autres entreprises européennes de la manière dont la production d’acier peut être rendue plus respectueuse de l’environnement. "Bien que le projet soit technologiquement prometteur, la réglementation actuelle rend sa rentabilisation difficile", explique le CEO d’ArcelorMittal Belgium Frederik Van de Velde. "Nous nous donnons encore un an environ pour décider de la fermeture".

Anne François Belga
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"Même si nous résolvons les problèmes techniques et atteignons les 60.000 tonnes annuelles d'éthanol comme prévu, il sera difficile de rendre le projet économiquement viable sans changements réglementaires." L'usine Steelanol capte les gaz résiduels du processus de production de l'acier - gaz qui seraient autrement convertis en électricité - et les convertit en éthanol, qui est ensuite vendu au secteur chimique et au marché des carburants.

A pleine capacité, l'installation pourrait ainsi empêcher l'émission de quelque 120.000 tonnes de CO2 par an. "Pour que l'éthanol soit reconnu comme un combustible recyclé, il faut démontrer que l'empreinte CO2 de l'éthanol produit est inférieure d'au moins 70% à une référence fossile externe. Ce calcul doit prendre en compte l'électricité qui n'est plus produite (...) Comme Steelanol est raccordé au réseau électrique belge (dont l'empreinte carbone est actuellement encore assez élevée), nous n'atteignons pas cet objectif", explique l'aciériste.

En outre, "ArcelorMittal Belgium s'attendait à ce que les économies de CO2 réalisées grâce à Steelanol puissent être déduites des émissions totales de CO2 de notre cluster. Or, cela risque de ne pas être le cas, car en vertu de la nouvelle réglementation, cela n'est possible que si le CO2 est capturé pendant une très longue période (des siècles). L'utilisation dans les carburants n'est pas considérée comme suffisante, car ceux-ci sont brûlés et du CO2 est toujours émis. Cependant, Steelanol réduit les émissions globales de CO2 parce que notre éthanol remplace les combustibles fossiles. Nous ne sommes pas non plus autorisés à déduire les émissions de CO2 pour l'éthanol vendu au secteur chimique », précise Frederik Van de Velde. "Les difficultés à faire reconnaître l'éthanol comme biocarburant (...) et le fait que nous ne sommes pas autorisés à prendre en compte les économies de CO2 de Steelanol font qu'il est très difficile de rentabiliser Steelanol".

ArcelorMittal a installé en 2021 quatre énormes réacteurs pour produire du bio-éthanol

Unique et un bon exemple en Europe

L'investissement sur le site de Gand s'élève à 215 millions d'euros. L'Europe, la Flandre et le gouvernement fédéral belge ont contribué à hauteur de 35 millions d'euros, la Banque européenne d'investissement (BEI) a, elle, accordé un prêt de 75 millions d'euros et ArcelorMittal a investi 140 millions d'euros. Si l'usine devait fermer, il s'agirait d'une perte financière conséquente.

Autrefois présenté comme le fleuron vert du port de Gand, l’installation perdrait toute sa valeur si elle devait être fermée. Steelanol emploie actuellement 35 personnes, pour lesquelles un redéploiement en interne est prévu en cas de fermeture.

L’usine gantoise qui convertit le CO2 des gaz de hauts fourneaux en éthanol est un projet unique en son genre en Europe. Il n’y a qu’en Chine qu’un système similaire existe. Gand devait servir de site test pour un déploiement ultérieur dans d’autres usines sidérurgiques. Mais tant que les règles européennes ne seront pas clarifiées, son avenir restera incertain.

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