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Une enquête dans les maisons de repos et soins de Flandre révèle que les résidents manquent de contacts sociaux et de réelles activités

Si l’on en croit une enquête de grande envergure menée dans plus de la moitié des maisons de repos et de soins de Flandre, 90% des résidents s’y sentent en sécurité et respectés. Mais ils indiquent aussi que peu de temps ou d’attention sont accordés à la création de liens entre les résidents et les membres du personnel. Ils regrettent également le manque d’activités quotidiennes qui ont du sens.

Anne François Laura Verhaeghe
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L’enquête a été réalisée à l’initiative de l’Institut flamand pour la qualité des soins (Vlaams Instituut voor Kwaliteit van Zorg -VIKZ), du Conseil flamand pour les personnes âgées (Vlaamse Ouderenraad) et du Centre flamand d’expertise sur la démence (Expertisecentrum Dementie Vlaanderen). Ces trois instances ont envoyé 600 bénévoles pour parler à 8.000 résidents et 11.000 de leurs proches.

Dix thèmes ont été abordés dans l’enquête : le respect de la vie privée, les repas, la sécurité, le confort, le respect, les liens avec le personnel, les activités de jour organisées, les relations personnelles, la liberté de choix et la réaction du personnel aux questions des résidents. A propos de la plupart de ces thèmes, tant les résidents que leurs proches estiment que les maisons de repos et de soins méritent des bons points.

"Malgré de grosses différences entre les différentes maisons, nous avons pu constater un certain nombre de tendances nettes qui se dégagent", précisait Svin Deneckere, directeur de l’Institut flamand pour la qualité des soins (VIKZ) qui coordonnait cette première grande enquête de qualité sur les maisons de repos et soins de Flandre. "Nous voyons en moyenne des résultats positifs dans les réponses des résidents et des membres de leur famille. Trois thèmes obtiennent même de très bons scores, tandis que pour trois autres thèmes une amélioration s’impose".

90% des résidents se sentent en sécurité

Le meilleur score attribué concerne le respect de la vie privée: 92% des résidents interrogés affirment être la plupart du temps jusqu’à toujours satisfaits du respect de leur intimité dans leur maison de repos et soins. Cela comprend notamment le droit d’être seuls quand ils le souhaitent.

Pour ce qui est de la sécurité, 90% des résidents affirment avoir le sentiment que leurs affaires sont en sécurité dans leur maison de repos. Le thème du respect complète le top 3 des meilleurs scores : 88% des résidents se sentent la plupart du temps ou toujours respectés par le personnel.

Pour les thèmes tels que les repas, la possibilité de faire ses propres choix, le confort et la qualité des soins dispensés, les résultats vont de moyens à très bons, avec de grosses différences entre les maisons.

La relation avec le personnel pourrait être meilleure

Pour trois thèmes abordés dans le questionnaire, les scores sont nettement moins bons. Il s’agit de questions concernant la sphère sociale et relationnelle. Pas moins de 49% des résidents indiquent ainsi n’avoir que rarement ou jamais de relation plus personnelle avec d’autres habitants, comme par exemple une amitié. Il en va de même pour la relation envers les membres du personnel : 40% des résidents affirment ne pas avoir de lien plus personnel envers l’un ou l’autre d’entre eux.

Pour ce qui est des activités qui ont du sens dans les centres de repos et de soins, 39% des résidents répondent "rarement" ou "jamais" par rapport à leur participation à des activités qu’ils jugent intéressantes. L’avis des proches n’est pas plus positif à ce sujet.

Magda De Meyer, présidente du Conseil flamand pour les personnes âgées, en conclut que les maisons de repos et soins doivent modifier leur approche. "Il faut s’écarter d’une approche purement médicale et de soins. Nous devons attacher davantage d’importance à l’aspect du logement et de la vie quotidienne. Il faut partir du point de vue que ces centres sont la maison des résidents".

Luc Van Gorp, président de l’association des mutualités (VICO), s’inquiète du "manque de connexion et de sens. Cela ne s’acquiert pas du jour au lendemain. Il faut y travailler quotidiennement. Le personnel soignant s’y applique, mais est confronté à la pression de travail et le manque de temps. Pour répondre aux besoins des résidents, il faut prendre des mesures pour résoudre le problème de la pression de travail".

Beaucoup de choses sont possibles, malgré le manque de personnel

Selon VICO, le manque d’attention pour les activités de jour et les relations interpersonnelles provient avant tout du manque de personnel dans les maisons de repos et soins : en moyenne 60 employés à temps plein pour 100 résidents. Pour Magda De Meyer, il faut améliorer la culture de participation dans les maisons de repos, en impliquant davantage les résidents dans l’organisation quotidienne et les décisions. "Il y a déjà beaucoup de maisons qui le font : une sur 8 applique le modèle danois "Tubbe", qui permet aux résidents de décider comment leur journée sera organisée. Ils décident du moment où ils se lèvent, de ce qu’ils veulent manger, s’ils veulent se laver ou par exemple s’ils veulent regarder une série télévisée pendant toute la nuit….".

D’après Magda De Meyer, la nouvelle génération des résidents en maisons de repos est plus franche et veut encore faire partie active de la société. "Faites appel aux résidents qui le peuvent et le veulent encore. Considérez-les comme des personnes. Ils peuvent davantage que chanter des chansons avec accompagnement d’accordéon. Ces résidents sont créatifs, profitez-en".

Méthode spéciale pour les résidents avec démence

Il est important de noter que les enquêteurs n’ont posé des questions qu’aux résidents qui sont encore suffisamment biens sur le plan cognitif. Ce qui veut dire que plus de la moitié des résidents n’ont pas pu participer à l’enquête. Dans 30 maisons de repos et soins, une méthode d’observation a été appliquée pour vérifier la qualité de vie des habitants qui sont, par exemple, atteints d’une démence avancée.

Jurn Verschraegen, directeur du Centre flamand d’expertise sur la démence, précisait que "270 personnes avec une démence ont été observées. Il s’agit d’un projet pilote dont les résultats ne sont pas communiqués mais qui seront inclus dans le Cadre de référence Démence. De cette façon, nous voulons améliorer la qualité de vie et des soins aux personnes qui ont une démence".

C’est la première fois en Flandre qu’une enquête de qualité de cette envergure a été organisée. Les trois institutions qui en ont pris l’initiative vont maintenant voir avec la ministre flamande pour le Bien-être, Caroline Gennez, s’il est possible de réitérer cette étude tous les 3 ans pour voir comment la situation progresse.

Entretemps, les maisons de repos dont les résidents ont été consultés peuvent améliorer leurs soins et encadrement sur base des résultats de l’enquête. "Elle montre clairement pour chaque maison ce qui va bien et ce qui doit être amélioré", conclut Magda De Meyer.

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