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La Flandre devient le plus gros actionnaire de Brussels Airport

Le ministre-président flamand Matthias Diependaele a annoncé vendredi soir que la Flandre deviendra le plus gros actionnaire de la Brussels Airport Company, devant l'État fédéral, grâce à un investissement de 2,77 milliards d’euros. Le gouvernement flamand rachètera ainsi les actions d’un fonds de pensions canadien dans l’aéroport national installé à Zaventem, en Brabant flamand.

Anne François Belga
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La Région flamande va investir 2,77 milliards d'euros via sa société de participation PMV ("Participatiemaatschappij Vlaanderen"). Elle sera ainsi "actionnaire à 39%", là où le gouvernement fédéral est actuellement détenteur de 25% des parts via la Société fédérale de Participations et d’Investissement (SFPI). Brussels Airport Company, la société anonyme qui détient et opère l'aéroport national, est actuellement détenue à 75% par BAISA, un holding privé. Les autres 25% des actions sont aux mains du fédéral, via la SFPI, holding public belge.

Derrière ces deux actionnaires directs se cache en réalité une mosaïque bien plus complexe, BAISA regroupant différents consortiums comprenant fonds de pension, fonds d'investissement et autres sociétés dont la PMV (Participatiemaatschappij Vlaanderen), via laquelle la Flandre avait déjà mis un pied dans la porte en 2019. Récemment, il était apparu qu'un des gros acteurs dans BAISA, OTTP - le fonds de pension des enseignants de l'Ontario -, comptait revendre ses parts. Le groupe australien Macquarie était sur les rangs, mais aurait reculé devant la note, salée, de la transaction.

En avril et mai, il apparaissait que le gouvernement fédéral et la Flandre discutaient tous deux d'augmenter leur participation, éventuellement via un rachat "moitié-moitié" des parts d'OTTP, selon la presse spécialisée. La question est hautement stratégique puisque l'aéroport "national" (mais situé sur sol flamand) est un important moteur économique. Par ailleurs, Brussels Airport reste embourbé dans d'éternelles querelles au sujet des normes de bruit et du survol de Bruxelles, sujet de crispation aux accents communautaires.

"Nous voulons être dans le cockpit"

Pour la N-VA, l'intérêt d'une prise de contrôle était clair. La Flandre détenait, via la PMV, entre 1% et 2% de l'aéroport. OTTP, via le consortium Beacon, lui-même l'une des deux jambes de BAISA, détient 29% de l'aéroport mais contrôle 39% des droits de vote.

Selon les explications du ministre-président Diependaele, la Flandre va complètement reprendre la part de Beacon, pour finalement contrôler à 52% BAISA, et à 39% l'aéroport. "Nous voulons être dans le cockpit, quand il s'agit du futur de notre aéroport. Si nous ne décidons pas, quelqu'un d'autre le fera à notre place", a justifié le ministre-président.

Le gouvernement compte sur des dividendes qui devraient selon lui dépasser la charge de l'emprunt "à partir de 2028". "Ce sera un investissement rentable pour la Flandre", concluait Matthias Diependaele.

Les abords de Brussels Airport, en Brabant flamand

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