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Une génération hypercritique : les jeunes Flamands identifient mieux les fake news, mais doutent aussi des médias fiables

Les jeunes Flamands sont plus critiques et mieux informés que nous le pensons, c’est ce qui ressort du baromètre de l'information 2025 de la haute école gantoise Arteveldehogeschool publié mercredi. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les jeunes ne s'informent pas exclusivement via les réseaux sociaux. Et lorsqu’ils utilisent effectivement ces canaux, ils parviennent plutôt bien à reconnaître les "fake news". Mais cette attitude critique a aussi son revers : les jeunes remettent également en question des informations journalistiques légitimes, et beaucoup ressentent le besoin d’éviter l’actualité.

Lisa Lefèvre Eric Steffens
Publié:

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses conclusions du Baromètre de l’information 2025 , une enquête bisannuelle menée par la Haute École Arteveldehogeschool. Ce baromètre étudie les habitudes de consommation de l’information et l’éducation aux médias des jeunes Flamands âgés de 12 à 26 ans.

Près de la moitié des jeunes évitent l’actualité

À une époque où l’information s’immisce dans le quotidien des jeunes via une multitude de réseaux, il apparaît que la majorité d’entre eux reçoit l’actualité sans la chercher activement. 

Plus encore, certains des jeunes interrogés disent ressentir le besoin de mettre l’actualité en veilleuse. Le "news avoidance" (ou évitement de l’actualité) est un concept relativement récent. Partout dans le monde, de plus en plus de personnes choisiraient délibérément d’éviter les nouvelles, pour diverses raisons. 

46 % des jeunes Flamands interrogés déclarent éviter parfois l’actualité. Non pas pour se couper complètement du monde, disent-ils, mais pour adopter une attitude plus consciente face à l’information. Une manière saine, donc, de mettre un frein au flux constant d’informations.

Ci-dessous : Évitement des actualités selon la tranche d'âge (en %)

Les raisons pour lesquelles les jeunes se coupent parfois de l’actualité varient fortement selon l’âge. Les adolescents évitent plus souvent les nouvelles parce qu’ils manquent de temps ou les trouvent ennuyeuses.

Les jeunes adultes, en revanche, évoquent plus souvent des raisons émotionnelles : parce qu’ils trouvent l’actualité trop négative, ou parce qu’elle les fait se sentir mal lorsqu’ils y sont confrontés, par exemple.

Pourtant, 55 % des jeunes s’intéressent aussi activement à l’information : ils veulent rester informés, en cherchant volontairement certaines actualités ou en portant une attention soutenue à des sujets plus approfondis.  

L’info via les réseaux : Instagram en tête

Les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus importante comme source d’information pour les jeunes, selon l’étude. Une grande majorité d’entre eux y sont exposés à de l’actualité chaque semaine. Instagram continue de s’imposer comme la principale plateforme d’information chez les jeunes. 

Mais TikTok connaît également une progression constante au fil des années. À l’inverse, Facebook suit une tendance à la baisse.

Ci-dessous : L’information sur les canaux de médias sociaux

YouTube et WhatsApp peinent à s’imposer comme sources d’information

YouTube et WhatsApp ne semblent pas vraiment percer en tant que plateformes d’actualité. Et bien que Snapchat soit un réseau social important pour les jeunes, ils l’utilisent davantage pour rester en contact avec leurs amis que pour s’informer.

Malgré l’importance croissante des réseaux sociaux, la grande majorité des jeunes s’informe toujours via plusieurs canaux. Seuls 1 jeune sur 10 utilise exclusivement les réseaux sociaux pour suivre l’actualité.

La plupart des jeunes s’informent aussi par le biais des médias traditionnels, comme la télévision (ou le streaming) et la radio. Par ailleurs, 43 % consultent régulièrement des applications ou sites d’information.

Fait non négligeable : les jeunes issus de familles où l’actualité occupe une place importante ont une consommation médiatique plus diversifié et ont une meilleure connaissance de l’actualité.  

Une génération hypercritique

À une époque où les fake news circulent abondamment en ligne, la plupart des jeunes Flamands disent avoir du mal à distinguer les informations fiables des fausses sur les réseaux sociaux. C’est sur TikTok que la méfiance est la plus forte : 1 jeune sur 5 affirme avoir beaucoup de difficulté à faire la différence entre le vrai et le faux.

Pourtant, la majorité des jeunes interrogés semble plutôt bien s’en sortir. Une épreuve leur a été proposée, avec des publications d’actualité vraies et fausses : 86 % des jeunes de 12 à 26 ans ont réussi à identifier les fake news. Les jeunes sont de plus en plus conscients des manipulations possibles sur les réseaux sociaux, selon l’étude.

"Mais cette vigilance a aussi son revers", explique le chercheur Jan Boesman. Elle les rend hypercritiques : "Même lorsque des médias traditionnels ou d'autres sources fiables publient des informations via leurs canaux officiels, celles-ci sont accueillies avec suspicion." 4 jeunes sur 10 doutent également de contenus fiables.

"Même si une attitude critique est toujours souhaitable, il ne faudrait pas que les jeunes en viennent à douter autant des médias reconnus que des influenceurs ou des sources malveillantes."

REGARDER
"Je ne fais plus confiance à tout ce que je vois" : témoignages de jeunes sur leur consommation d’information

Confiance dans les médias d'information de la VRT

L’image des médias d'information flamandes reste globalement positive en matière de fiabilité. "70 % des jeunes font confiance aux canaux d'information qu’ils suivent eux-mêmes. Certains médias atteignent même des taux de confiance supérieurs à 80 %."

"Ce sont les quatre marques d’information de la VRT qui suscitent le plus de confiance", précisent les chercheurs. Sporza arrive en tête, de façon surprenante, suivie de VRT NWS, nws.nws.nws et Karrewiet (qui dépendent également de la VRT).  

REGARDER
Voici comment le média pour ados nws.nws.nws (VRT) propose chaque jour sur une information fiable

VTM Nieuws, De Standaard et De Tijd bénéficient également de bonnes évaluations en matière de confiance. Les jeunes sont en revanche plus critiques envers HLN : 1 jeune sur 3 déclare avoir peu ou moyennement confiance en leur couverture de l’actualité. "Certains jeunes estiment que HLN diffuse un contenu plus sensationnaliste que, par exemple, nws.nws.nws", expliquent les chercheurs. 

Ci-dessous : La confiance dans les médias d'information

En termes de portée, ce sont VRT NWS et HLN qui obtiennent les meilleurs résultats, atteignant respectivement 60 % et 55 % des jeunes interrogés. Nws.nws.nws (46 %) et VTM Nieuws (45 %) complètent ce top 4.

Les influenceurs comme nouvelle source d’information

Une nouveauté remarquable dans le Baromètre de l’information cette année : l’étude s’intéresse pour la première fois au rôle des influenceurs. Et ce n’est pas sans raison, car 1 jeune Flamand sur 5 considère les personnalités des réseaux sociaux comme une source importante d’information. Pour près de la moitié des jeunes, ce n’est pas le cas.

Les influenceurs les plus cités sont Dylan Page (un influenceur britannique qui se surnomme lui-même "News Daddy"), le YouTubeur flamand Acid, nws.nws.nws (la chaîne jeunesse d’info de la VRT), l’influenceuse flamande Steffi Mercie et le journaliste sportif italien Fabrizio Romano.

Ainsi, une chaîne officielle comme nws.nws.nws est placée dans la même catégorie que des influenceurs belges ou étrangers. L’époque où les créateurs de contenu étaient uniquement considérés comme des divertisseurs est donc bel et bien révolue.

Méthodologie du Baromètre de l’information

L’Arteveldehogeschool a diffusé en ligne le questionnaire du Baromètre de l’information et contacté activement des enseignants, qui pouvaient librement décider de faire participer leurs élèves à l’enquête.

Comme les jeunes de 18 à 26 ans ne sont plus au secondaire, un institut de sondage a également été engagé pour atteindre cette tranche d’âge.

Au total, 3 433 jeunes ont participé à l’étude. L’échantillon a été constitué en tenant compte de la formation, de l’âge et du sexe des participants. Outre la partie quantitative, 28 discussions en classe ont eu lieu dans 7 écoles différentes.  

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