Le Premier ministre Bart De Wever a fait le tour des dirigeants des instances européennes (Commission et Conseil, notamment) pour leur demander de ne pas tenir compte de la lettre que leur a adressée le gouvernement bruxellois à propos du réaménagement du rond-point Schuman (photo), installé au cœur des institutions européennes dans la capitale. Les coûts engendrés par ce projet ont nettement augmenté, mais le gouvernement bruxellois en affaires courantes depuis un an ne peut y faire face. Il a donc envoyé une demande d’aide financière à plusieurs instances européennes. De Wever estime que Bruxelles a ainsi montré au monde entier que la capitale de l’Europe n’est pas capable de gérer ses finances.
De Wever juge "honteux" le courrier bruxellois aux instances européennes pour financer les travaux au rond-point Schuman
"C'est une véritable honte, une humiliation totale: la Région bruxelloise qui va quémander de l'argent pour aménager une place. J'ai dû m'excuser", a expliqué le Premier ministre au micro de la VR, en soulignant l'importance diplomatique de Bruxelles. Le chef du gouvernement fédéral n'a pas mâché ses mots sur la situation politique actuelle à Bruxelles, toujours sans gouvernement de plein exercice depuis les élections du 9 juin 2024.
La loi ne permet pas à l'échelon fédéral d'intervenir dans les affaires de la Région mais si celle-ci devait s'adresser à l'échelon fédéral pour demander un soutien financier, le Premier ministre s'est montré clair: il se comportera comme le Fonds monétaire international à l'égard des "failed states" et imposera "des conditions très claires".
Cette lettre cosignée par le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, la secrétaire d'État bruxelloise à l'Urbanisme Ans Persoons et la ministre régionale de la Mobilité et des Travaux publics Elke Van den Brandt porte sur le réaménagement du rond-point Schuman, voisin du bâtiment de la Commission européenne "Berlaymont" et du Conseil de l’Union européenne. Ce projet vise à le transformer en un endroit agréable pour les piétons, à créer des pistes cyclables et planter de la végétation.
"Ces ambitions pourraient tomber à l'eau en raison de circonstances inattendues", avertit le courrier, alors que des surcoûts importants de l'ordre de trois millions d’euros environ seront à la charge de la Région. "Actuellement, le gouvernement bruxellois se trouve dans l'incapacité de prendre les engagements nécessaires pour financer les coûts supplémentaires".
Le montant espéré n'est toutefois pas mentionné dans la missive. Le gouvernement Vervoort s'est tourné vers les représentants des cinq institutions européennes basées à Bruxelles (la Commission européenne, le Parlement européen, le Conseil de l'UE, le Service européen pour l'action extérieure et le Comité des Régions) pour leur demander s'ils pourraient envisager une contribution financière conjointe.
Dans une interview accordée à l’émission "De Afspraak"' (VRT), la ministre régionale de la Mobilité et des Travaux publics Elke Van den Brandt a expliqué que la lettre était à situer dans le contexte de bonnes relations entre la Région bruxelloise et les institutions européennes qui y sont établies. Elle soulignait que ces institutions ont participé au projet de réaménagement du rond-point Schuman et posé certaines conditions, de sécurité notamment, à l’aspect final du projet.

