Les décisions que le gouvernement fédéral a prises jusqu’ici ne permettront pas d’atteindre les objectifs budgétaires. C’est ce que révèle les prévisions économiques du Bureau fédéral du Plan pour la période allant de 2025 à 2030. Selon ces prévisions, le déficit public belge passera de 4,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5,4% en 2025 et restera stable jusqu'en 2028, avant de repartir à la hausse pour atteindre 6,5% en 2030. La dette publique atteindrait ainsi 120% du PIB en 2030.
Le Bureau du Plan prévoit un déficit public stable jusqu'en 2028, qui grimpera ensuite à 6,5% en 2030
Selon le Bureau, les dépenses sociales et celles liées à la décision de respecter la norme "Otan" vont faire augmenter les dépenses primaires en pour cent du PIB en 2025, mais ces dernières diminueront de manière significative en 2026. Les frais de fonctionnement des administrations publiques reculeront, et les prestations sociales seront pratiquement stabilisées en pour cent du PIB entre 2026 et la fin de la législature.
"La hausse du déficit en 2029 et 2030 est surtout attribuable au recul des recettes à la suite des allégements envisagés de l'impôt des personnes physiques, et à la hausse des charges d'intérêts", explique le Bureau du Plan. "De nouvelles décisions s'imposent en vue d'assainir les finances publiques. Les mesures structurelles et budgétaires prises par le gouvernement fédéral ont une incidence positive sur l'emploi et réduisent les dépenses publiques. D'ici 2030 toutefois, elles ne suffiront pas à compenser le climat économique international moins favorable, les dépenses militaires, la réforme fiscale et la hausse des charges d'intérêts", commente Baudouin Regout, Commissaire au Bureau fédéral du Plan.
Le contexte économique mondial est en effet mis à mal en raison notamment de la politique commerciale "erratique" des États-Unis. La croissance économique devrait néanmoins se maintenir aux alentours de 3% dans les prochaines années. Dans la zone euro, elle resterait stable à 0,9% cette année puis monterait à 1,4% en 2026 avec pour moteurs la consommation et l'investissement. Par la suite, elle ralentirait pour atteindre en moyenne 1,2% au cours de la période 2027-2030.
Baisse des exportations belges
Cette conjoncture entraine une baisse des exportations belges pour la troisième année consécutive en 2025. A contrario, la demande intérieure augmente grâce à la consommation des ménages et aux investissements des entreprises, mais aussi à la consommation et aux investissements publics.
Le Bureau du Plan estime donc la croissance belge à 1,3% pour 2025. Celle-ci chutera ensuite, plombée par une chute de la demande intérieure. Elle devrait s'établir à 1,1% en 2026, puis 0,9% en 2027. À partir de 2028, les baisses d'impôts envisagées (notamment celle sur les personnes physiques) permettront à la croissance de remonter à 1,2%, puis à 1,4% en 2029 et 2030.
L'inflation devrait baisser à 2,1% en 2025 et 1,3% en 2026, mais l'entrée en vigueur complète de l'ETS2 (le système européen d'échange de quotas d'émission) devrait la faire remonter à 2,4% en 2027, avant une stabilisation à 1,7% pour les années suivantes.
Davantage de travailleurs plus âgés
Enfin, le Bureau du Plan prévoit une augmentation de la population active de 198.000 personnes sur l'ensemble de la période 2025-2030 grâce à une participation accrue au marché du travail, en particulier dans les groupes d'âge plus élevés, liée aux réformes du marché du travail et des pensions.
"La limitation dans le temps des allocations de chômage aura un impact négatif sur la population active mesurée administrativement. Néanmoins, cette mesure devrait encourager une partie des personnes concernées à rechercher activement du travail et ainsi stimuler la création d'emplois", affirme le Bureau du Plan.
La création nette d'emplois devrait atteindre 30.000 en 2025, puis s'accélérer grâce aux mesures gouvernementales. Au total, 263.000 personnes supplémentaires devraient être au travail sur la période 2025-2030.
