Aller au contenu principal

En Écosse, Matthias Diependaele plaide pour l’Euregio Meuse-Rhin comme site du futur télescope Einstein

Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) et plusieurs scientifiques flamands ont fait campagne en Écosse en faveur de l'installation du projet Einstein Telescope dans la région frontalière entre la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas (Euregio Meuse-Rhin). Ils espèrent ainsi glaner le soutien du Royaume-Uni face à l'Italie, qui envisage un projet similaire.

Eric Steffens Belga
Publié:

Le Einstein Telescope est un gigantesque instrument de mesure souterrain destiné à l'étude des ondes gravitationnelles, soit des oscillations dans la courbure de l'espace-temps produites par des événements cosmiques d'envergure, tels que l'explosion d'une étoile ou la fusion de trous noirs. L'étude de ces ondes pourrait permettre de mieux comprendre l'univers.

Les chercheurs sont convaincus que ce projet est scientifiquement réalisable dans la région frontalière entre la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Des mesures de niveau de bruit, qui doit être suffisamment bas pour permettre la mesure des ondes gravitationnelles, ont notamment été effectuées. "Nous caractérisons la région depuis une dizaine d'années", a expliqué Nick van Remortel, professeur de physique à l'université d'Anvers. "Nous avons besoin de calme. Nous ne voulons pas d'une zone à forte activité industrielle. D'un point de vue géologique, la région est adaptée aux exigences imposées par le télescope Einstein."

Le projet est donc réalisable sur le plan scientifique, mais celui-ci revêt aussi des composantes politique, diplomatique et financière. Le coût total de l'installation est estimé à trois milliards d'euros. Les Pays-Bas se sont déjà engagés à investir près d'un milliard d'euros et le reste devra être financé par la Belgique et l'Allemagne. La Flandre a promis 200 millions d'euros et les scientifiques espèrent que la Wallonie et le gouvernement fédéral accepteront de soutenir financièrement le projet. De l'argent européen sera également nécessaire pour le finaliser.

La Sardaigne en concurrence avec le trio belgo-germano-néerlandais

Un intense lobbying s'est créé autour du soutien européen au Einstein Telescope, car l'Italie ambitionne elle aussi d'accueillir ce dispositif en Sardaigne et se trouve donc en concurrence avec le trio belgo-germano-néerlandais.

Les scientifiques estiment que la région frontalière Meuse-Rhin dispose d'atouts décisifs. "L'effet de levier est plus important chez nous qu'en Italie, avec des entreprises comme ASML, Imec et Zeiss à proximité, par exemple", a justifié Tjonnie Li, professeur de physique à la KU Leuven. "Chaque euro investi générera plusieurs euros d'activité économique. Il ne fait donc aucun doute qu'il s'agit d'un bon investissement."

Matthias Diependaele a également souligné l'importance économique du projet, notamment pour des entreprises flamandes, qui travaillent déjà à la mise au point de composants.

Rencontre avec des scientifiques de l'Université de Glasgow et de l'Université de Strathclyde

La délégation flamande a rencontré mercredi matin des scientifiques de l'Université de Glasgow et de l'Université de Strathclyde. Les universités écossaises ont joué un rôle fondamental dans la recherche sur les ondes gravitationnelles et seraient donc des partenaires d'envergure. Des plans pour une coopération renforcée sont déjà en préparation.

Le lieu d'implantation du Einstein Telescope n'a que peu d'importance pour les scientifiques des pays qui n'ont pas participé à la campagne en faveur du projet, explique Nick van Remortel. "Mais je pense que nous pouvons encore les convaincre qu'avec nous, il y a le plus de chances que le projet soit mené à bien dans les délais et le budget impartis."

Le ministre-président Matthias Diependaele et un groupe de dirigeants d'entreprises technologiques sont en mission économique en Écosse cette semaine. Mercredi soir, la délégation flamande organise une réception pour marquer le 25e anniversaire de la présence de l'agence d'exportation Flanders Investment & Trade (FIT) à Édimbourg.

Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA)

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5