Quatre individus ont été interpellés pour des incidents provoqués dimanche après-midi en marge de la marche d'hommage à Fabian, le jeune garçon de 11 ans fauché mortellement la semaine dernière en plein parc Elisabeth à Ganshoren par une voiture de police. Une personne a été arrêtée administrativement et trois autres judiciairement, a indiqué la police de la zone Bruxelles-Ouest ce lundi.
Quatre personnes interpellées pour les troubles survenus en marge de la marche d'hommage au jeune Fabian
Le 2 juin, l'enfant circulait en trottinette électrique lorsqu'il a été pris en chasse puis percuté par un véhicule de police dans le parc Elisabeth de Ganshoren. L’enfant aurait fui alors que la police voulait le contrôler (la conduite d’une trottinette électrique n’a autorisée qu’à partir de 16 ans). Les faits ont bouleversé de nombreux citoyens, ceux-ci se demandant notamment pourquoi une voiture de police circulait à vive allure dans un parc.
Plusieurs moments de recueillement ont été organisés depuis son décès, à Bruxelles mais aussi à Liège et Namur notamment. Dimanche, un millier de personnes se sont rassemblées dans le parc Elisabeth de Ganshoren pour une marche d'hommage vers le commissariat de Molenbeek-Saint-Jean (qui appartient à la même zone de police). Elles portaient des vêtements blancs et ont déposé des bougies et fleurs à l’endroit où Fabian a été renversé.
Plusieurs personnes ont pris la parole pour exprimer leur colère face à l’absence d’une réaction officielle de la police et des représentants politiques. L'événement s'est néanmoins déroulé dans le calme.
Canon à eau
Au terme de la marche d’hommage, des troubles ont cependant éclaté à proximité du commissariat de Molenbeek. Un petit groupe d'individus resté sur place a ainsi insulté les forces de l'ordre et jeté des projectiles dans leur direction. La police a alors fait usage d'un canon à eau sur la place Comte de Flandre à Molenbeek, tandis qu’un hélicoptère survolait les lieux.
Quatre personnes ont finalement été interpellées. L’une d’elles a été arrêtée administrativement et les trois autres judiciairement, précisait la police ce lundi.
Enquête après la publication du PV sur la mort de Fabian
D’autre part, une enquête pénale a été ouverte afin de déterminer l'auteur de la fuite qui a permis à la RTBF de publier un article exposant le contenu du procès-verbal relatif au décès de Fabian lundi dernier. Le parquet de Bruxelles a dénoncé "une course effrénée au scoop", alors que la parution dans la presse d'éléments de l'enquête tandis que des auditions sont en cours quotidiennement est de nature à influencer ou perturber certains témoignages.
"Il est fondamental que les auditions se déroulent sans pression extérieure, sans pollution et en toute objectivité pour garantir une justice équitable", estime le parquet. Les suspects n'ont pas accès au dossier avant leur audition et ré-audition afin d'éviter qu'ils ne puissent orienter leurs déclarations en fonction d'éléments lus au dossier, et afin de prévenir un risque de collusion ou de déperdition de preuves. En outre, "la circonstance, pour les victimes singulièrement, de lire dans la presse le contenu du dossier sans assistance, de façon brutale, peut s'avérer traumatisante (...)", selon le ministère public.
Les éléments figurant au dossier de la procédure sont protégés par la loi, qui sanctionne d'une peine pouvant aller jusque trois ans d'emprisonnement et 8.000 euros d'amende tout comportement consistant à violer le secret professionnel, poursuit le parquet. Une enquête pénale a donc été ouverte et confiée au comité P - le Comité permanent de contrôle des services de police - afin de déterminer l'auteur de cette violation. Pour le parquet de Bruxelles, un équilibre entre l'information des citoyens et le respect des règles de droit doit être trouvé.

