A l'occasion de la Journée mondiale de la transplantation, l'association de patients Transplantoux et la Belgian Transplantation Society (BTS) rapportent que trois transplantations d'organes sont réalisées chaque jour dans notre pays. Le nombre d'opérations a augmenté de 8,5 % en 2024, avec près de 1.100 interventions effectuées. Les deux associations attirent l'attention sur les améliorations possibles en matière de soins post-transplantation. L’hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven) précise qu’il a réalisé l’an dernier nettement plus de greffes de reins avec un organe d’un donneur vivant, ce qui accroit beaucoup les chances de succès de pareille opération.
Trois transplantations d'organes sont réalisées chaque jour en Belgique et les donneurs vivants se multiplient
Si les transplantations d'organes sauvent des vies, elles ne constituent souvent que le début d'un processus de guérison long et incertain, préviennent les associations Transplantoux et Belgian Transplantation Society. Alors que certains patients attendent parfois plusieurs années un organe compatible, le risque d'échec reste réel sans suivi médical adéquat. Selon les deux associations, un meilleur encadrement, soutenu par les autorités compétentes, ainsi qu'une attention accrue aux soins après transplantation peuvent faire la différence.
Une approche ciblée est nécessaire pour améliorer la qualité de vie des personnes transplantées, souligne d’autre part un nouveau rapport d'experts, réalisé par le groupe pharmaceutique Takeda, avec le soutien de la BTS et de Transplantoux. Les auteurs y appellent notamment les décideurs politiques à introduire une "carte de transplantation", qui permettrait aux professionnels de la santé d'accéder rapidement aux antécédents médicaux d'un patient en situation d'urgence.
Le rapport insiste également sur l'importance d'une approche multidisciplinaire, de la reconnaissance et de la formation d'infirmiers spécialisés dans les transplantations, ainsi que sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des prestataires de soins d'urgence aux infections post-transplantation.
Le sport et l'activité physique jouent également un rôle central dans cette dynamique. L'année dernière, Transplantoux a organisé pour la première fois les Belgian Transplantoux Games, un événement sportif dédié aux personnes transplantées. L'association est aussi active à l'international, notamment par sa participation aux World Transplant Games, dont l'édition 2027 se tiendra à Louvain en Brabant flamand.
Les greffes de donneurs vivants accroissent les chances de réussite
La Belgique est parmi les leaders mondiaux dans le domaine du don d’organes après décès. Par contre les greffes réalisées à partir de donneurs vivants sont plutôt rares. Seulement 10% des transplantations de reins sont réalisées en Belgique à partir de reins provenant de donneurs vivants, alors qu’aux Pays-Bas la moitié des greffes de reins sont faites grâce à des donneurs en vie.
Les études scientifiques démontrent cependant que les chances de réussite d’une greffe de reins est nettement supérieure dans le cas d’un organe provenant d’un donneur vivant. Ce dernier étant examiné en profondeur avant l’intervention, la qualité du rein est souvent supérieure. L’UZ Leuven indique ce vendredi qu’un nombre record de 21 patients ont obtenu de cette façon un nouveau rein en 2024.
Le moment de l’opération peut être décidé à l’avance, souvent avant même que le patient ne doive recevoir une dialyse des reins. Ce qui améliore ses chances de survie et sa qualité de vie. Avec un donneur vivant, les risques de rejet de la greffe sont moins importants puisque l’organe est placé immédiatement après avoir été prélevé chez le donneur. Il ne doit pas être refroidi ni transporté.
"Le donneur de reins doit évidemment être en bonne santé", précise le docteur Maarten Naesens qui est néphrologue spécialisé dans les greffes. "Les candidats sont donc examinés en profondeur, par une équipe multidisciplinaire indépendante". C’est important pour le patient qui recevra le rein comme pour celui qui le donne. "Nous ne voulons pas causer des problèmes médicaux à une personne en bonne santé. Tous les patients qui cèdent un rein à l’UZ Leuven pour transplantation y reçoivent un suivi médical à vie par les chirurgiens et les néphrologues".
Grâce aux nouvelles techniques chirurgicales (comme des opérations non-invasives), les donneurs se rétablissent rapidement. Ils peuvent souvent quitter l’hôpital après 3 jours. Une compatibilité génétique parfaite ou des groupes sanguins est devenue moins cruciale parce que les anticorps peuvent être enlevés par filtration avant l’opération. L’UZ Leuven pratique depuis 2024 de nouvelles techniques chirurgicales et un filtrage du sang.
Toujours plus de candidats donneurs
"Nous constatons une augmentation nette des candidats donneurs d’organes", indique le docteur professeur Diethard Monbaliu, spécialiste des transplantations. "Il y a aussi une prise de conscience accrue. Les gens réalisent qu’ils peuvent être très importants pour un partenaire, un enfant, un ami. On donne un rein par amour ou amitié. Parce qu’on peut vivre avec un seul rein. C’est le seul organe que nous pouvons greffer dans son entièreté depuis un donneur vivant".
L’UZ Leuven s’attend à ce que le nombre de donneurs vivants de reins augmente à nouveau cette année.
